Qu'est-ce que la fonction SI. MULTIPLE ?
Tu passes à SI.MULTIPLE (SWITCH en anglais) dès qu'une cascade de SI imbriqués devient illisible, parce qu'elle répète la même cellule testée à chaque niveau. Tu lui donnes une seule fois l'expression à comparer, puis tu enchaînes les cas prévus et ce que chacun doit afficher : la formule reste lisible même avec une dizaine de cas.
C'est la fonction idéale pour traduire des codes en libellés lisibles, convertir un numéro de mois en nom de mois, ou remplacer un identifiant technique par un intitulé présentable. Un dernier argument laissé seul, sans résultat derrière lui, sert de valeur par défaut et t'évite l'erreur #N/A quand aucun cas ne correspond.
Syntaxe
=SI.MULTIPLE(expression; valeur1; résultat1; [défaut_ou_valeur2; résultat2]; ...)Clique sur un argument pour aller à son explication.
Après l'expression, Excel lit les arguments deux par deux : un cas, puis son résultat. Si le dernier argument reste seul, sans résultat derrière lui, il change de rôle et devient la valeur par défaut. C'est ce détail de lecture qui explique le nom défaut_ou_valeur2 dans la syntaxe officielle.

Comprendre chaque paramètre de la fonction SI.MULTIPLE
SI.MULTIPLE raisonne toujours de la même façon : tu poses une expression, puis tu listes les cas auxquels la comparer et le résultat de chacun. La fonction s'arrête au premier cas identique à l'expression et ignore tout ce qui suit, sans jamais faire d'approximation.
Seuls les trois premiers arguments sont obligatoires (expression, valeur1 et résultat1), et tu peux ensuite ajouter jusqu'à 126 paires valeur/résultat. Garde le réflexe de terminer par un argument isolé : sans cette valeur par défaut, une expression qui ne correspond à aucun cas te renvoie #N/A.
expression
: la valeur que la fonction va chercher à retrouver parmi les cas suivantsCe peut être une référence de cellule (B2), un nombre, du texte, ou le résultat d'une autre fonction comme JOURSEM(B2; 2). Elle n'est évaluée qu'une seule fois, et c'est elle que chaque cas doit égaler pour être retenu.
La comparaison est une égalité stricte : tu ne peux pas écrire un seuil comme >=100 dans un cas. La casse, en revanche, est ignorée, donc un code saisi exp correspond bien au cas "EXP".
valeur1
: le premier cas comparé à l'expressionS'il lui est identique, la fonction renvoie résultat1 et n'examine aucun autre cas.
L'ordre de tes cas n'a pas d'importance, puisqu'une expression ne peut être égale qu'à un seul d'entre eux. Il n'en prend que si tu écris deux fois la même valeur, auquel cas seul le premier résultat sort.
résultat1
: ce que la fonction renvoie quand `valeur1` correspond à l'expressionCe peut être un texte entre guillemets ("Livrée"), un nombre (100), une référence de cellule (B5) ou une formule complète. Tu as toute liberté.
[défaut_ou_valeur2; résultat2]
: à partir du quatrième argument, Excel lit les arguments deux par deux : un cas, puis son résultat(facultatif)Tu peux en ajouter jusqu'à 126 paires.
Si le dernier argument reste seul, sans résultat derrière lui, il ne joue plus le rôle de cas et devient la valeur par défaut, renvoyée quand aucune correspondance n'a été trouvée. C'est ce qui te protège de l'erreur #N/A.

Exemples pratiques pas à pas
Comment classer des clients par seuil de chiffre d'affaires avec la fonction SI.MULTIPLE
Le comité de la semaine prochaine veut savoir quels clients méritent un traitement prioritaire, et ta liste en compte dix-huit. Chaque ligne porte le nom du client, son chiffre d'affaires annuel, son secteur et sa région, et tu veux une colonne Catégorie qui range chacun en Premium, Gold ou Standard selon ce qu'il pèse. La fonction SI.MULTIPLE enchaîne les seuils dans l'ordre et s'arrête au premier qui correspond, ce qui te donne la colonne entière à partir d'une seule formule recopiée.
- 1Dans une cellule, écris
=SI.MULTIPLE(. - 2En 1er argument : écris l'expression que la fonction cherchera à retrouver,
VRAI. Ce choix inhabituel fait raisonner SI.MULTIPLE par seuils, car les cas qui suivent sont des tests qui valent eux-mêmes vrai ou faux. - 3En 2ᵉ argument : saisis le premier cas comparé à cette expression,
B2>=100000. Ce test demande si le chiffre d'affaires atteint 100 000 €, et quand c'est vrai il vautVRAI, donc il correspond à l'expression. - 4En 3ᵉ argument : écris le résultat renvoyé quand ce premier cas correspond,
"Premium". Les guillemets sont obligatoires pour qu'Excel affiche ce texte tel quel. - 5En 4ᵉ argument : saisis le cas suivant, examiné seulement si le précédent a échoué,
B2>=50000. Le client est alors déjà sous les 100 000 €, si bien que ce test isole en réalité la tranche de 50 000 à 100 000 €. - 6En 5ᵉ argument : écris le résultat associé à ce deuxième cas,
"Gold". - 7En 6ᵉ argument : écris un dernier cas laissé à
VRAI, forcément identique à l'expression. Il correspond donc toujours et rattrape tous les clients qui n'ont franchi aucun seuil. - 8En 7ᵉ argument : écris ce que renvoie ce filet de sécurité,
"Standard". Sans cette dernière paire, le client 5 et ses 30 000 € ne correspondraient à aucun cas et la cellule afficherait l'erreur#N/A. - 9Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée, puis recopie la formule vers le bas pour classer toute la colonne Catégorie.
=SI.MULTIPLE(VRAI; B2>=100000; "Premium"; B2>=50000; "Gold"; VRAI; "Standard")VRAI à chaque cas dans l'ordre et s'arrête au premier qui correspond. Le client 1 pèse 150 000 €, donc le test des 100 000 € est déjà vrai et la catégorie affichée est « Premium ». Recopiée vers le bas, la même formule range les dix-huit clients d'un coup.Comment convertir un code en libellé avec la fonction SI.MULTIPLE
Un client t'appelle pour savoir où en est sa commande, et l'export de ton outil de gestion ne te donne que des codes à trois lettres. Tu as la liste des commandes avec leur code, et tu veux une colonne Statut lisible que n'importe qui comprend au téléphone. La fonction SI.MULTIPLE confronte le code à chaque cas que tu as prévu et renvoie le libellé associé, avec un texte de repli pour les codes qu'elle ne connaît pas.
- 1Dans une cellule, écris
=SI.MULTIPLE(. - 2En 1er argument : clique sur la cellule qui contient le code à traduire,
B2. La fonction la confronte à chaque cas de la liste, dans l'ordre où tu les écris. - 3En 2ᵉ argument : écris le premier cas attendu,
"PREP", entre guillemets puisque c'est du texte. La fonction cherche une correspondance exacte et ne fait jamais d'approximation. - 4En 3ᵉ argument : écris le libellé renvoyé quand le code vaut
PREP,"En préparation". Tu pourrais tout aussi bien y mettre un nombre, une référence de cellule ou une autre formule. - 5En 4ᵉ argument : écris le deuxième cas prévu,
"EXP". La comparaison ignore la casse, donc un code saisiexpen minuscules correspondrait quand même. - 6En 5ᵉ argument : écris le libellé associé à ce cas,
"Expédiée". - 7En 6ᵉ argument : écris le troisième cas,
"LIV". L'ordre des cas n'a aucune importance ici, car deux codes différents ne peuvent pas correspondre en même temps. - 8En 7ᵉ argument : écris le libellé associé,
"Livrée". - 9En 8ᵉ argument : écris le dernier argument, laissé seul sans cas devant lui,
"Statut inconnu". C'est justement ce qui en fait la valeur par défaut, et sans lui le codeRETne correspondrait à rien et la cellule afficherait l'erreur#N/A. - 10Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
=SI.MULTIPLE(B2; "PREP"; "En préparation"; "EXP"; "Expédiée"; "LIV"; "Livrée"; "Statut inconnu")B2 à chaque cas de la liste et renvoie le libellé qui suit le premier cas identique. Le dernier argument reste seul, sans cas devant lui : c'est la valeur de repli, et c'est elle qui affiche « Statut inconnu » pour le code RET, qui n'est prévu nulle part.Comment distinguer un week-end d'un jour ouvré avec les fonctions SI.MULTIPLE et JOURSEM
Les interventions du mois sont posées au planning et la facturation dépend du jour, puisque celles du week-end passent au tarif majoré. Tu as la liste des interventions avec leur date, et tu veux une colonne Type de jour qui sépare le week-end des jours ouvrés sans ouvrir un calendrier. La fonction SI.MULTIPLE sait travailler sur le résultat d'une autre fonction : tu lui donnes le numéro du jour de la semaine et elle le traduit en catégorie.
- 1Dans une cellule, écris
=SI.MULTIPLE(. - 2En 1er argument : écris l'expression et referme-la,
JOURSEM(B2; 2). Rien ne t'oblige à y mettre une cellule brute, car cette fonction convertit d'abord la date en numéro de jour. Son2demande une semaine qui commence le lundi, donc lundi vaut 1 et dimanche vaut 7. - 3En 2ᵉ argument : saisis le premier cas comparé à ce numéro,
6, autrement dit le samedi. Pas de guillemets ici, tu compares des nombres. - 4En 3ᵉ argument : écris le texte renvoyé pour un samedi,
"Week-end". - 5En 4ᵉ argument : saisis le cas suivant,
7, pour le dimanche. - 6En 5ᵉ argument : écris le texte renvoyé pour un dimanche,
"Week-end"là encore. Deux cas peuvent parfaitement renvoyer la même valeur, et c'est ce qui te permet de regrouper les deux jours sous une seule étiquette. - 7En 6ᵉ argument : écris le dernier argument, laissé seul en fin de formule,
"Jour ouvré". Il sert de valeur par défaut et couvre les numéros 1 à 5, que tu n'as donc pas besoin d'énumérer. - 8Ferme la parenthèse de la fonction SI.MULTIPLE et appuie sur Entrée. Celle de la fonction JOURSEM a déjà été refermée à la première étape.
=SI.MULTIPLE(JOURSEM(B2; 2); 6; "Week-end"; 7; "Week-end"; "Jour ouvré")
Les erreurs fréquentes avec la fonction SI.MULTIPLE
La panne la plus fréquente avec SI.MULTIPLE vient d'une confusion de syntaxe : tu écris des seuils comme B2>=100000 dans la liste des cas alors que l'expression est la cellule B2. Excel compare alors un chiffre d'affaires à VRAI ou FAUX, deux choses qui ne seront jamais égales, et toutes tes lignes basculent dans la valeur par défaut sans le moindre message.
L'erreur qui, elle, s'affiche vraiment, c'est #N/A : elle apparaît dès qu'aucun cas ne correspond et que tu n'as pas laissé de dernier argument isolé pour servir de repli.
Erreur #N/A : aucun cas ne correspond à l'expression
Quand l'expression n'est identique à aucun des cas listés et que tu n'as prévu aucune valeur par défaut, SI.MULTIPLE renvoie #N/A. C'est ce qui arrive dès qu'une valeur inattendue apparaît dans tes données, par exemple un code de statut que ta formule ne connaît pas encore.
Solution : Termine par un argument seul, sans résultat derrière lui : =SI.MULTIPLE(B2; "PREP"; "En préparation"; "EXP"; "Expédiée"; "Statut inconnu"). Comme aucun résultat ne le suit, Excel le traite comme la valeur par défaut et l'affiche pour tous les codes non prévus.
Toutes les lignes affichent la valeur par défaut
Tu as écrit des tests de seuil dans la liste des cas (B2>=100000) tout en gardant B2 comme expression. La fonction compare le montant de la cellule à VRAI ou FAUX, ne trouve jamais d'égalité, et se rabat systématiquement sur le repli.
Solution : Mets VRAI en expression pour que ce soient les tests qui lui soient comparés : =SI.MULTIPLE(VRAI; B2>=100000; "Premium"; B2>=50000; "Gold"; "Standard"). Si tu tiens à garder B2 en expression, alors tes cas doivent être des valeurs exactes, pas des seuils.
Mauvais résultat sur les seuils : une catégorie rafle toutes les lignes
Avec l'astuce du VRAI en expression, la fonction s'arrête au premier test qui vaut VRAI. Si tu places B2>=50000 avant B2>=100000, un client à 150 000 € valide déjà le premier test et n'atteint jamais le seuil supérieur.
Solution : Range tes tests du seuil le plus élevé au plus bas, puis vérifie la formule aux valeurs limites (49 999, 50 000, 100 000). Aucun message d'erreur ne t'alertera sur ce point, c'est à toi de contrôler.

SI.MULTIPLE vs SI.CONDITIONS vs SI vs CHOISIR
Ces quatre fonctions répondent à la même question, quel résultat afficher selon la situation, mais elles ne la posent pas de la même manière. SI.MULTIPLE compare une expression à une liste de cas exacts, ce qui la rend imbattable pour traduire un code ou un identifiant en libellé. SI.CONDITIONS teste des conditions indépendantes les unes des autres, donc c'est elle que tu prends naturellement quand tu raisonnes en seuils.
SI reste le bon choix quand il n'y a que deux issues, et CHOISIR quand tu piochais dans une liste par numéro d'index. Note quand même que SI.MULTIPLE sait imiter SI.CONDITIONS grâce à l'astuce du VRAI en expression, ce qui explique que tu croises les deux sur des cas de seuils.
| Critère | SI.MULTIPLE | SI.CONDITIONS | SI | CHOISIR |
|---|---|---|---|---|
| Ce que la fonction compare | Une expression à des cas exacts | Des conditions indépendantes | Une seule condition | Un numéro d'index à une liste |
| Nombre de cas | Jusqu'à 126 paires valeur/résultat | Jusqu'à 127 paires condition/valeur | 2 résultats (vrai/faux) | Jusqu'à 254 valeurs |
| Seuils (>=, <) | Seulement avec VRAI en expression | Directement dans chaque condition | Directement dans la condition | Impossible sans conversion |
| Valeur par défaut | Dernier argument laissé seul | Dernière paire VRAI; valeur | 3e argument (le sinon) | Aucune, #VALEUR! si index invalide |
| Cas d'usage idéal | Traduire un code en libellé | Classer selon des seuils | 1 condition, 2 résultats | Sélection par numéro d'index |
| Compatibilité | Excel 2019 et Microsoft 365 | Excel 2019 et Microsoft 365 | Toutes versions | Toutes versions |
Questions fréquentes
Les deux fonctions ne posent pas la même question. SI.MULTIPLE évalue une expression et la compare à une liste de cas exacts, ce qui la destine à traduire un code en libellé : =SI.MULTIPLE(B2; "EXP"; "Expédiée"; "LIV"; "Livrée"; "Statut inconnu").
SI.CONDITIONS teste des conditions indépendantes les unes des autres, ce qui lui permet d'écrire directement des seuils : =SI.CONDITIONS(A1>100; "Élevé"; A1>50; "Moyen"; VRAI; "Faible"). SI.MULTIPLE sait imiter ce comportement en plaçant VRAI en expression.
Parce qu'un test de comparaison comme B2>=100000 ne renvoie que VRAI ou FAUX. En posant VRAI comme expression, tu demandes à la fonction de retrouver le premier cas qui vaut VRAI, c'est-à-dire le premier test vérifié.
Ce n'est pas une exception à la syntaxe, c'est la règle habituelle appliquée à des valeurs logiques. Attention toutefois : la fonction s'arrête au premier test vrai, donc tes seuils doivent aller du plus élevé au plus bas.
Termine ta formule par un argument isolé, sans résultat derrière lui : Excel le reconnaît comme la valeur par défaut. Dans =SI.MULTIPLE(B2; 1; "Lundi"; 2; "Mardi"; "Autre jour"), c'est "Autre jour" qui s'affiche dès que B2 ne vaut ni 1 ni 2.
Sans ce dernier argument, la fonction renvoie l'erreur #N/A. C'est d'ailleurs une commodité que SI.CONDITIONS n'offre pas, puisqu'elle réclame une paire VRAI; valeur complète pour le même résultat.
Tu peux aller jusqu'à 126 paires valeur/résultat après l'expression. En pratique, au-delà d'une quinzaine de cas, une table de correspondance lue avec RECHERCHEX ou RECHERCHEV devient plus facile à maintenir, puisque tu modifies la table sans jamais rouvrir la formule.
Oui. Google Sheets propose la même fonction avec la même syntaxe, sous son nom anglais SWITCH : une expression, des paires cas/résultat, puis un dernier argument facultatif qui sert de valeur par défaut.
Ne la confonds pas avec IFS, qui est l'équivalent anglais de SI.CONDITIONS et attend, lui, des conditions.
Oui, à condition de passer par l'astuce du VRAI en expression, puisque ET() et OU() renvoient VRAI ou FAUX. Par exemple : =SI.MULTIPLE(VRAI; ET(A1>10; B1<5); "Cas 1"; OU(A1=0; B1=0); "Cas 2"; "Autre").
Chaque combinaison est comparée à VRAI, et la première qui se vérifie donne le résultat. La formule reste lisible même avec des critères croisés.
Pour aller plus loin
Continue sur ta lancée après la fonction SI.MULTIPLE : la leçon associée, un modèle prêt à l'emploi et le guide pour progresser.
Tout voir



