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Fonction de compatibilité
VAR reste disponible pour les anciens classeurs, mais Excel recommande désormais d'utiliser VAR.S pour les nouveaux fichiers.

Qu'est-ce que la fonction VAR ?

Définition
La fonction VAR calcule la variance d'un échantillon (diviseur N-1). Elle mesure la dispersion des valeurs autour de leur moyenne et sert à estimer la variabilité d'une population depuis un sous-ensemble.

VAR (même nom en anglais) te sert dès que la moyenne seule ne suffit pas à trancher : deux équipes peuvent afficher le même chiffre d'affaires moyen tout en cachant des réalités très différentes, l'une régulière, l'autre pleine de hauts et de bas. C'est l'indicateur de stabilité par excellence en statistique d'échantillon, celui qui révèle ce que la moyenne dissimule.

Concrètement, tu l'utilises pour comparer la volatilité de deux portefeuilles financiers, contrôler la régularité d'un processus de fabrication, analyser la dispersion des salaires dans une équipe ou mesurer la cohérence des temps de réponse d'un service client. VAR utilise la division par N-1 (correction de Bessel), ce qui en fait l'estimateur non biaisé adapté quand tes données sont un échantillon d'une population plus large.

Syntaxe

=VAR(nombre1; [nombre2]; ...)

Clique sur un argument pour aller à son explication.

Dans les versions récentes d'Excel, VAR.S est la version explicite pour la variance d'échantillon. VAR reste disponible pour compatibilité et se comporte de façon identique. Différent de VAR.P qui divise par N (variance de population).

Lucas, la mascotte du Dojo, inspecte les arguments de la fonction à la loupe

Comprendre chaque paramètre de la fonction VAR

VAR n'exige qu'un seul argument pour fonctionner : la plage qui contient ton échantillon, par exemple B2:B20. Tout le reste est facultatif, et tu peux empiler jusqu'à 254 arguments en plus pour additionner des plages discontinues dans un même calcul.

Garde un œil sur ce qui rentre vraiment : les cellules vides et le texte sont écartés sans bruit, donc une plage de 100 lignes peut n'en compter que 80 effectives.

1

nombre1

: le premier nombre, référence de cellule ou plage représentant l'échantillon dont tu veux calculer la variance

C'est souvent une plage de cellules comme B2:B20.

Les cellules vides et les cellules contenant du texte sont ignorées automatiquement. Si tu passes plusieurs plages, assure-toi qu'elles appartiennent toutes au même échantillon logique.

2

nombre2, ...

: jusqu'à 254 arguments supplémentaires : nombres, références de cellules ou plages représentant d'autres valeurs de l'échantillon(facultatif)

Tu peux ainsi passer des plages discontinues en une seule formule.

Les cellules vides et le texte sont ignorés dans chaque argument, ce qui peut réduire silencieusement la taille effective de ton échantillon.

Lucas, la mascotte du Dojo, fait une démonstration pas à pas de la fonction dans Excel

Exemples pratiques pas à pas

Exemple 1

Comment calculer la variance d'un échantillon avec la fonction VAR

Ton comité de direction ne veut pas seulement savoir combien vend l'équipe en moyenne, il veut savoir si tout le monde vend à peu près pareil ou si quelques locomotives portent le chiffre à elles seules. Tu as sous les yeux les ventes du trimestre de 18 commerciaux, un échantillon d'une force de vente bien plus large, et tu veux une seule valeur qui chiffre l'écart entre eux. La fonction VAR mesure cette dispersion autour de la moyenne d'un coup, sans que tu compares les lignes une à une.

Les étapes
  1. 1
    Dans une cellule, écris =VAR(.
  2. 2
    En 1er argument : sélectionne la plage qui contient l'échantillon, B2:B19. Ce sont les 18 ventes de la colonne Ventes (k€), et la fonction y mesure à quel point les valeurs s'écartent de leur propre moyenne, en laissant de côté les colonnes Région, Équipe et Statut que tu ne sélectionnes jamais.
  3. 3
    Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
Au final, ta formule devrait ressembler à ça :=VAR(B2:B19)
Explication
La fonction VAR calcule d'abord la moyenne des 18 ventes (90,11 k€), mesure l'écart de chaque commercial à cette moyenne, élève ces écarts au carré pour que les négatifs ne compensent pas les positifs, puis divise le total par 17 et non par 18. Ce diviseur réduit d'une unité est la signature de la variance d'échantillon : il compense le fait que tes 18 commerciaux ne sont qu'une partie de la force de vente, et il évite de sous-estimer la dispersion réelle. Le résultat de 143,40 s'exprime en k€ au carré, donc il se lit en relatif (plus il monte, plus les performances sont éclatées).
Exemple 2

Comment calculer la variance de plusieurs plages séparées avec la fonction VAR

Deux ateliers usinent la même pièce et un client te signale des jeux de montage anormaux au remontage. Tu as relevé le diamètre de cinq pièces par atelier, mais les deux séries sont rangées dans des colonnes séparées par celle du contrôleur, et tu veux la dispersion de l'ensemble des relevés en un seul chiffre plutôt qu'un chiffre par atelier. La fonction VAR accepte plusieurs plages à la suite et les traite comme un seul échantillon, sans que tu aies à recopier les valeurs dans une colonne intermédiaire.

Les étapes
  1. 1
    Dans une cellule, écris =VAR(.
  2. 2
    En 1er argument : sélectionne la première série de relevés, B2:B6, dans la colonne Atelier A (mm). À elle seule, elle ne couvre que la moitié de l'échantillon.
  3. 3
    En 2ᵉ argument : sélectionne la seconde série, D2:D6, dans la colonne Atelier B (mm). C'est le rôle de cet argument facultatif, rattraper les valeurs qu'une sélection continue ne peut pas atteindre, ici parce que la colonne Contrôleur s'intercale entre les deux séries. Tu peux empiler jusqu'à 254 arguments de ce genre, la fonction les fond tous dans le même échantillon.
  4. 4
    Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
Voici la formule que tu obtiens à la fin :=VAR(B2:B6; D2:D6)
Explication
La fonction VAR empile les deux plages comme un seul échantillon de dix relevés, en calcule la moyenne commune (25,16 mm), puis mesure les écarts au carré autour d'elle avant de diviser par neuf. Le résultat de 0,156 s'exprime en mm² et reste très bas : les deux ateliers usinent avec une régularité comparable, et la piste du réglage machine tombe. La colonne Contrôleur n'entre jamais dans le calcul puisqu'elle ne fait partie d'aucune des deux plages sélectionnées.
Exemple 3

Comment convertir la variance en écart-type avec les fonctions VAR et RACINE

Un salarié te demande en entretien si sa rémunération est dans la norme de l'équipe, et la moyenne seule ne répond pas : elle cache complètement si les salaires sont serrés ou très étalés. Tu as les salaires annuels des huit personnes de l'équipe et tu veux chiffrer cet étalement dans une unité que tu puisses annoncer à voix haute. La fonction VAR mesure la dispersion, mais elle la rend en k€ au carré, alors tu l'enveloppes dans la fonction RACINE pour retomber sur des k€.

Les étapes
  1. 1
    Dans une cellule, écris =RACINE(.
  2. 2
    En 1er argument : écris le calcul de variance et referme-le, VAR(B2:B9). La fonction VAR prend la plage des huit salaires et en sort la variance de l'échantillon, 26,86, exprimée en k€ au carré parce qu'elle a élevé les écarts au carré en cours de route. C'est ce nombre que la fonction RACINE va ramener dans l'unité de départ.
  3. 3
    Ferme la parenthèse de la fonction RACINE et appuie sur Entrée. Celle de la fonction VAR a déjà été refermée dans l'étape précédente.
Une fois les morceaux assemblés, ta formule donne ça :=RACINE(VAR(B2:B9))
Explication
La fonction VAR travaille en premier et renvoie 26,86, un nombre exprimé en k€ au carré que tu ne peux annoncer à personne. La fonction RACINE reprend cette valeur et en extrait la racine carrée, soit 5,18, cette fois en vrais k€. Autour d'un salaire moyen de 42 k€, l'équipe s'étale donc d'environ 5,18 k€ de part et d'autre, ce qui reste resserré pour huit personnes dont l'ancienneté va de 1 à 9 ans.
Exemple 4

Comment calculer la variance d'un sous-groupe avec les fonctions VAR et FILTRE

Des clients se plaignent de délais imprévisibles alors que ton tableau de bord affiche une moyenne bien conforme au contrat. Tes livraisons du mois sont listées avec leur transporteur et leur délai réel, et tu veux la dispersion des délais du seul transporteur mis en cause, Vitex, sans extraire ses lignes dans un onglet à part. La fonction FILTRE isole les délais de ce transporteur et la fonction VAR mesure la dispersion directement sur ce sous-groupe.

Les étapes
  1. 1
    Dans une cellule, écris =VAR(.
  2. 2
    En 1er argument : écris le filtre qui isole le sous-groupe et referme-le, FILTRE(C2:C9; B2:B9="Vitex"). La fonction FILTRE garde la colonne Délai (jours), C2:C9, mais seulement sur les lignes où la colonne Transporteur affiche Vitex, et elle renvoie les quatre délais concernés que la fonction VAR traite ensuite comme une plage ordinaire.
  3. 3
    Ferme la parenthèse de la fonction VAR et appuie sur Entrée. Celle de la fonction FILTRE a déjà été refermée à l'intérieur.
En mettant tout bout à bout, tu écris :=VAR(FILTRE(C2:C9; B2:B9="Vitex"))
Explication
La fonction FILTRE s'exécute en premier et renvoie les quatre délais de Vitex (5, 2, 8 et 3). La fonction VAR reçoit cette série comme n'importe quelle plage, la centre sur sa moyenne de 4,5 jours et divise la somme des écarts au carré par trois. Le résultat de 7 est énorme pour des délais qui tiennent tous dans la semaine : la moyenne contractuelle est respectée, mais une livraison sur quatre part complètement à côté, et c'est cette irrégularité que les clients ressentent. La fonction FILTRE demande Excel 365 ou Excel 2021.
Le savais-tu ?
La variance sort en unité au carré, des k€² sur des ventes, ce qui ne parle à personne. Sa racine carrée, l'écart-type, revient dans l'unité de tes données : ECARTYPE(plage) donne exactement le même nombre que RACINE(VAR(plage)).
Lucas, la mascotte du Dojo, l'air gêné face à une erreur Excel

Les erreurs fréquentes avec la fonction VAR

Le faux pas le plus fréquent avec VAR n'est pas un message rouge, c'est un choix silencieux : prendre VAR.P (diviseur N) sur un échantillon, ce qui sous-estime la variance réelle et fausse tes conclusions. Dans le doute, garde VAR.

L'autre piège vient des données elles-mêmes : VAR écarte sans rien dire les cellules vides et le texte, et elle élève les écarts au carré, si bien qu'une seule valeur aberrante peut multiplier le résultat par dix.

Confusion entre VAR (échantillon) et VAR.P (population)

VAR divise la somme des carrés des écarts par N-1, VAR.P divise par N. Sur un échantillon, utiliser VAR.P sous-estime la variance réelle de la population et invalide les conclusions statistiques.

Solution : Utilise VAR pour les échantillons (cas le plus fréquent) et VAR.P uniquement quand tu as réellement toutes les données d'une population finie. Dans le doute, choisis VAR.

La variance paraît énorme alors que les valeurs semblent proches

La variance s'exprime en unité au carré. Une variance de 100 €² sur des salaires, c'est un écart-type de seulement 10 €. La confusion entre les deux mesures conduit à des interprétations erronées.

Solution : Calcule l'écart-type plutôt que la variance pour l'interprétation : =RACINE(VAR(plage)) ou directement =ECARTYPE(plage). L'écart-type s'exprime dans la même unité que tes données.

VAR ignore des cellules sans signaler d'erreur

VAR ignore silencieusement les cellules vides et les cellules contenant du texte. Une plage de 100 cellules avec 20 textes ou vides ne calcule la variance que sur 80 valeurs, sans avertissement.

Solution : Vérifie avec =NB(plage) combien de valeurs sont effectivement prises en compte, et avec =NBVAL(plage) combien de cellules sont non vides. Si NBVAL > NB, c'est qu'il y a du texte ou des valeurs non numériques.

Échantillon trop petit, résultat peu fiable

VAR fonctionne à partir de 2 valeurs, mais un échantillon si petit donne une estimation très imprécise de la variance de la population. En statistique, 30 observations est le seuil minimal généralement admis.

Solution : Vérifie la taille de ton échantillon avec =NB(plage). Si tu as moins de 10 valeurs, interprète le résultat avec prudence et élargis ton échantillon si possible.

Valeurs aberrantes gonflent la variance de façon artificielle

La variance élève les écarts au carré, ce qui amplifie énormément l'effet des outliers. Une seule valeur extrême peut multiplier la variance par 10 et fausser toute l'analyse.

Solution : Identifie les outliers avant de calculer (graphique en boîte à moustaches ou test de Grubbs). Si les valeurs extrêmes sont des erreurs de saisie, corrige-les. Si elles sont légitimes, mentionne leur impact dans ton analyse.

Lucas, la mascotte du Dojo, avec une ampoule, partage des astuces avancées

Astuces avancées avec VAR

1Astuce

Analyse de variance : comparer plusieurs groupes

Pour tester si les performances de plusieurs équipes diffèrent significativement, calcule =VAR(groupe_A), =VAR(groupe_B), etc. puis compare les ratios (test de Fisher). Un ratio VAR_A/VAR_B proche de 1 indique des dispersions similaires. Un ratio élevé suggère que les deux groupes ne se comportent pas de la même façon.
Cette approche est la base de l'ANOVA (analyse de variance), utile pour comparer des campagnes marketing, des méthodes de production ou des équipes commerciales.

2Astuce

Coefficient de variation : comparer des données d'échelles différentes

La variance brute ne permet pas de comparer des données d'unités différentes (salaires en euros vs temps en minutes). Le coefficient de variation =RACINE(VAR(A1:A10))/MOYENNE(A1:A10) exprime la dispersion en proportion de la moyenne : il est sans unité et universellement comparable.
Un CV inférieur à 15% signale des données homogènes, entre 15% et 30% une variabilité modérée, au-delà de 30% une forte hétérogénéité.

3Astuce

Variance conditionnelle avec FILTRE (Excel 365)

Pour calculer la variance d'un sous-groupe sans créer une colonne auxiliaire, combine VAR et FILTRE : =VAR(FILTRE(A2:A100; B2:B100="Paris")) calcule la variance des valeurs de la colonne A uniquement pour les lignes où la colonne B contient Paris.
Cette syntaxe, disponible dans Excel 365, remplace les anciennes formules matricielles {=VAR(SI(B2:B100="Paris"; A2:A100))} validées avec Ctrl+Maj+Entrée.

Lucas, la mascotte du Dojo, compare deux fonctions Excel

VAR vs VAR.P vs ECARTYPE vs ECARTYPEP

Choisis VAR quand tes données sont un échantillon, ce qui couvre la quasi-totalité des cas ; ne réserve VAR.P qu'aux populations finies où tu détiens vraiment chaque valeur. Le diviseur change (N-1 contre N), et c'est ce qui distingue une estimation honnête d'un biais.

Pour communiquer un résultat, bascule sur ECARTYPE : il rend la dispersion dans l'unité d'origine au lieu d'une unité au carré peu parlante. Réserve VAR aux calculs statistiques avancés comme l'ANOVA, où ses propriétés algébriques sont plus commodes.

CritèreVARVAR.PECARTYPEECARTYPEP
DiviseurN-1 (Bessel)NN-1 (Bessel)N
UsageÉchantillonPopulation complèteÉchantillonPopulation complète
Unité du résultatUnité²Unité²Unité originaleUnité originale
Lisibilité du résultatFaible (carré)Faible (carré)BonneBonne
Cas d'usageCalculs statistiques avancés, ANOVAPopulation finie (rare)Communication, rapportsPopulation finie (rare)
Vrai ou faux ?
« VAR et VAR.P, c'est la même chose. » Faux : VAR divise par n-1 (un échantillon), VAR.P divise par n (toute la population). Sur un échantillon, VAR.P sous-estime la variance réelle. Dans le doute, garde VAR.
FAQ

Questions fréquentes

VAR calcule la variance d'un échantillon en divisant par N-1 (correction de Bessel). VAR.P calcule la variance d'une population complète en divisant par N. Utilise VAR quand tes données représentent un sous-ensemble (100 clients sondés sur 10 000 au total). Utilise VAR.P uniquement quand tu as accès à toutes les données sans exception. Dans la pratique, VAR est presque toujours le bon choix.

Ressources

Pour aller plus loin

Continue sur ta lancée après la fonction VAR : la leçon associée, un modèle prêt à l'emploi et le guide pour progresser.

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