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Qu'est-ce que la fonction PEARSON ?

Définition
La fonction PEARSON calcule le coefficient de corrélation de Pearson (r) entre deux plages de données numériques de même taille. Le résultat est toujours compris entre -1 (corrélation négative parfaite) et +1 (corrélation positive parfaite).

Tu t'en sers dès que tu veux vérifier si deux séries de chiffres bougent vraiment ensemble avant de t'appuyer dessus pour décider quoi que ce soit : couper un budget, justifier un prix, ou choisir entre deux pistes d'explication.

Concrètement, c'est elle qui te permet de savoir si les dépenses publicitaires influencent vraiment les ventes, si l'ancienneté est liée au salaire dans ton entreprise, si deux actions boursières évoluent ensemble, ou si le prix d'un produit impacte le volume vendu. En quelques secondes, tu passes d'une intuition à un chiffre objectif.

Syntaxe

=PEARSON(matrice1; matrice2)

Clique sur un argument pour aller à son explication.

Lucas, la mascotte du Dojo, inspecte les arguments de la fonction à la loupe

Comprendre chaque paramètre de la fonction PEARSON

PEARSON attend deux plages, et l'ordre raconte ton hypothèse : matrice1 porte le X (la cause supposée, le budget pub, le prix, l'ancienneté), matrice2 porte le Y (l'effet, les ventes, le salaire). Aucun des deux n'est facultatif.

Le vrai piège n'est pas l'ordre mais l'alignement : les deux plages doivent avoir le même nombre de valeurs et être appariées ligne par ligne. Un décalage d'une seule ligne fausse tout le coefficient.

1

matrice1

: la première plage de données numériques

C'est typiquement la variable indépendante (X) : la cause supposée, celle que tu contrôles ou que tu observes en premier. Par exemple les dépenses publicitaires, la température, l'ancienneté, le prix.

Les deux matrices doivent avoir exactement le même nombre d'éléments. Si matrice1 a 12 valeurs (un an de données mensuelles), matrice2 doit aussi en avoir 12.

2

matrice2

: la deuxième plage de données numériques

C'est typiquement la variable dépendante (Y) : l'effet supposé, ce que tu cherches à expliquer. Par exemple les ventes, les clics, le chiffre d'affaires, le salaire.

matrice2 doit avoir la même taille que matrice1 et être parfaitement alignée : la première valeur de matrice1 correspond à la première valeur de matrice2, la deuxième à la deuxième, etc. Un décalage d'une seule ligne fausse entièrement le résultat.

Attention : PEARSON ne mesure que les relations linéaires. Une corrélation proche de 0 ne signifie pas forcément que les deux variables sont indépendantes : elles peuvent avoir une relation courbe (en U par exemple) que PEARSON ne détectera pas.

Vrai ou faux ?
« Un coefficient PEARSON élevé prouve que X cause Y. » Faux. PEARSON ne mesure qu'un lien linéaire, jamais une causalité : le lien peut venir d'un troisième facteur ou être fortuit. Sers-t'en pour repérer des pistes, pas pour conclure.
Lucas, la mascotte du Dojo, fait une démonstration pas à pas de la fonction dans Excel

Exemples pratiques pas à pas

Exemple 1

Comment chiffrer le lien entre deux séries avec la fonction PEARSON

La direction veut trancher avant le vote du budget : est-ce que l'argent mis en publicité se retrouve vraiment dans les ventes ? Tu as dix-huit mois d'historique avec, pour chaque mois, le budget engagé, les ventes réalisées et le canal utilisé, et tu veux répondre par un chiffre plutôt que par une conviction. La fonction PEARSON résume les dix-huit couples en un seul nombre compris entre -1 et 1.

Les étapes
  1. 1
    Dans une cellule, écris =PEARSON(.
  2. 2
    En 1er argument : sélectionne la colonne du budget publicitaire, B2:B19. L'usage place en premier la cause supposée, mais ce n'est qu'une convention de lecture, car le calcul est symétrique et renverrait le même coefficient dans l'autre sens.
  3. 3
    En 2ᵉ argument : sélectionne la colonne des ventes, C2:C19. Les deux plages doivent couvrir les mêmes dix-huit lignes, sinon la fonction PEARSON ne peut plus rattacher chaque budget aux ventes de son mois et renvoie l'erreur #N/A.
  4. 4
    Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
Au final, ta formule devrait ressembler à ça :=PEARSON(B2:B19; C2:C19)
Explication
La fonction apparie chaque budget avec les ventes de sa ligne, regarde comment les deux séries s'écartent ensemble de leur propre moyenne, et ramène le tout sur une échelle bornée entre -1 et 1 : 0,9993, soit un alignement quasi parfait. Une précision qui évite une erreur de casting : la fonction COEFFICIENT.CORRELATION renvoie exactement le même nombre sur ces plages (leur écart mesuré est nul), ce ne sont pas deux calculs mais deux noms du même. Et ce chiffre dit que les deux séries montent ensemble, jamais que la pub cause les ventes.
Exemple 2

Comment obtenir le R² à partir de la fonction PEARSON

Tu présentes à des parents d'élèves le lien entre le temps passé à réviser et les notes obtenues, et tu sais qu'un coefficient de corrélation brut ne leur parlera pas. Tu as six élèves avec leurs heures de révision et leur note. La fonction PEARSON donne le coefficient, et une simple mise au carré le transforme en une part de variation partagée, qui se dit et s'entend en pourcentage.

Les étapes
  1. 1
    Dans une cellule, écris =PEARSON(.
  2. 2
    En 1er argument : sélectionne la colonne des heures de révision, B2:B7.
  3. 3
    En 2ᵉ argument : sélectionne la colonne des notes, C2:C7. Les deux plages couvrent les mêmes six élèves, chacun gardant son couple heures/note.
  4. 4
    Ferme la parenthèse, complète par ^2 pour élever le coefficient au carré, puis appuie sur Entrée. Le carré fait disparaître le signe au passage : un r de -0,9978 donnerait le même 0,9956, ce qui est logique puisqu'une relation descendante explique tout aussi bien qu'une relation montante.
Voici la formule que tu obtiens à la fin :=PEARSON(B2:B7; C2:C7)^2
Explication
Le coefficient brut vaut 0,9978, et la tentation est de le lire « 99,78 % », ce qui n'a aucun sens : un r ne se lit pas en pourcentage. Son carré, lui, se lit directement : 0,9956, soit 99,56 % de la variation des notes qui va de pair avec la variation des heures de révision. C'est exactement ce que renvoie la fonction COEFFICIENT.DETERMINATION sur ces plages (l'écart mesuré est nul), à ceci près qu'ici tu vois d'où vient le chiffre.
Exemple 3

Comment la fonction PEARSON réagit à une relation courbe

Tu cherches à savoir si la météo explique la facture d'électricité de tes locaux, et tu as relevé sur six périodes l'écart entre la température extérieure et les 18 °C de confort, ainsi que la consommation associée. Le coefficient que la fonction PEARSON va te renvoyer est le plus instructif de cette fiche, parce qu'il t'apprend moins de choses sur tes données que sur la fonction elle-même.

Les étapes
  1. 1
    Dans une cellule, écris =PEARSON(.
  2. 2
    En 1er argument : sélectionne la colonne des écarts à la température de confort, B2:B7. Ces écarts sont négatifs quand il fait froid dehors et positifs quand il fait chaud.
  3. 3
    En 2ᵉ argument : sélectionne la colonne des consommations relevées sur les mêmes périodes, C2:C7. La fonction PEARSON apparie les six couples et cherche la droite qui les résume au mieux, sans jamais envisager une courbe.
  4. 4
    Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée. Garde tes données sous les yeux, ou porte-les sur un nuage de points, car la fonction PEARSON ne signale rien : elle affiche un chiffre parfaitement valide qui ne raconte pas toute l'histoire.
Une fois les morceaux assemblés, ta formule donne ça :=PEARSON(B2:B7; C2:C7)
Explication
Ce zéro ne veut surtout pas dire « aucun lien » : la consommation est ici entièrement déterminée par l'écart de température, mais en forme de U (on chauffe quand il fait froid, on climatise quand il fait chaud). La fonction PEARSON ne cherche jamais qu'une droite, et la meilleure droite à travers un U est plate, d'où un coefficient nul. Un r proche de zéro se lit donc « pas de lien linéaire », ce qui n'exclut aucune autre forme de relation.
Lucas, la mascotte du Dojo, l'air gêné face à une erreur Excel

Les erreurs fréquentes avec la fonction PEARSON

Avec PEARSON, deux soucis bloquent carrément le calcul et un troisième te trompe sans rien afficher. Le #N/A tombe quand tes deux plages n'ont pas le même nombre de valeurs, et le #DIV/0! apparaît dès qu'une plage ne contient qu'une valeur répétée : sans variabilité, la corrélation n'a aucun sens.

Le dernier ne déclenche aucune alerte : un coefficient élevé te pousse à conclure que X cause Y, alors qu'il ne mesure qu'un lien linéaire, pas une causalité.

Erreur #N/A : les deux plages n'ont pas la même taille

Les deux matrices passées à PEARSON n'ont pas le même nombre d'éléments. Excel ne peut pas calculer la corrélation si les paires de valeurs sont incomplètes.

Solution : Vérifie que matrice1 et matrice2 couvrent exactement le même nombre de cellules, avec les mêmes lignes de début et de fin. Utilise =NB(matrice1) et =NB(matrice2) pour confirmer qu'elles ont la même longueur.

Erreur #DIV/0! : une plage ne contient qu'une valeur répétée

Une des plages n'a aucune variabilité (toutes les valeurs sont identiques), ce qui rend le calcul de la corrélation mathématiquement impossible (division par zéro dans la formule de Pearson).

Solution : Assure-toi que tes données ont de la variabilité. Des valeurs constantes ne permettent pas de calculer une corrélation. Si le problème persiste, vérifie que les cellules ne contiennent pas du texte déguisé en nombre.

Confondre corrélation et causalité dans les conclusions

Un r élevé ne signifie pas que X cause Y. Il peut exister une variable cachée qui influence les deux, ou la corrélation peut être purement fortuite (corrélation fallacieuse).

Solution : Utilise PEARSON pour identifier des pistes, mais conclus à la causalité uniquement avec des expériences contrôlées ou des analyses de régression. Mentionne toujours cette nuance dans tes rapports.

Lucas, la mascotte du Dojo, compare deux fonctions Excel

PEARSON vs COEFFICIENT.CORRELATION vs DROITEREG vs PREVISION

Prends PEARSON quand tu veux juste un chiffre entre -1 et +1 qui dit si deux variables bougent ensemble. COEFFICIENT.CORRELATION donne exactement le même résultat : tu ne la rencontres que dans d'anciens fichiers.

Dès que tu veux aller plus loin, change d'outil : DROITEREG te sort la pente et l'ordonnée pour modéliser la relation, et PREVISION prédit directement une valeur de Y pour un X que tu lui donnes.

CritèrePEARSONCOEFFICIENT.CORRELATIONDROITEREGPREVISION
Ce que ça calculeCoefficient de corrélation rIdem PEARSON (ancien nom)Pente et ordonnée de la droite de régressionValeur prédite d'un Y pour un X donné
RésultatNombre entre -1 et +1Nombre entre -1 et +1Tableau de valeursValeur numérique
Cas d'usageMesurer la force du lienCompatibilité (ancien fichier)Modéliser la relationPrédire une valeur future
Complexité⭐ Simple⭐ Simple⭐⭐⭐ Avancé⭐⭐ Intermédiaire
Le savais-tu ?
Élève le résultat au carré pour obtenir le R² : =PEARSON(...)^2 te dit quel pourcentage de la variance de Y est expliqué par X. Un r de 0,987 donne un R² de 0,974, soit 97 % de la variation expliquée.
FAQ

Questions fréquentes

PEARSON et COEFFICIENT.CORRELATION sont strictement identiques : elles retournent toutes les deux le coefficient de corrélation de Pearson. COEFFICIENT.CORRELATION est l'ancien nom conservé pour la compatibilité, PEARSON est plus récent et plus court. Utilise PEARSON dans tes nouvelles formules. Si tu travailles sur un fichier ancien qui utilise COEFFICIENT.CORRELATION, les deux fonctionnent sans différence de résultat.

Ressources

Pour aller plus loin

Continue sur ta lancée après la fonction PEARSON : la leçon associée, un modèle prêt à l'emploi et le guide pour progresser.

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