Qu'est-ce que la fonction AMORLINC ?
Tu sors AMORLINC dès qu'une immobilisation entre en service en cours d'exercice, parce que calculer le prorata temporis à la main est source d'erreurs et fait perdre du temps à chaque clôture. Elle t'évite de reconstituer manuellement la part de l'année réellement écoulée, et garantit que ta liasse fiscale reste juste sans retoucher le calcul d'un exercice à l'autre.
Fini les calculs manuels fastidieux : tu obtiens directement la dotation comptable conforme aux normes françaises, que tu calcules l'amortissement d'un véhicule de société, d'un ordinateur ou d'une machine industrielle. En combinant AMORLINC avec une colonne de numéros de période (0, 1, 2...), tu génères un plan d'amortissement complet en quelques secondes.
Syntaxe
=AMORLINC(coût; date_achat; première_période; valeur_résid; période; taux; [base])Clique sur un argument pour aller à son explication.
Le paramètre taux attend une valeur décimale (1/durée en années), jamais le nombre d'années directement. Pour 5 ans, saisis 0,2 (pas 5). Si tu saisis 5, Excel calcule 500 % d'amortissement par an.

Comprendre chaque paramètre de la fonction AMORLINC
AMORLINC enchaîne sept arguments dans un ordre figé, et trois d'entre eux sont des dates qu'on mélange facilement : la date_achat (mise en service), la première_période (clôture de ton premier exercice), et c'est tout pour les dates. Le compteur période démarre à 0, jamais à 1, sinon tu sautes la dotation d'ouverture.
Seul le dernier, base, est facultatif : si tu l'omets, Excel applique 1 (réel/réel), la convention qui colle à la comptabilité française.
coût
: le prix d'acquisition total de ton actif : le montant payé pour l'acheter, incluant les frais de livraison, d'installation et de mise en service si nécessaireCe montant correspond à la valeur d'origine de l'immobilisation dans ta comptabilité.
date_achat
: la date exacte à laquelle tu as mis l'actif en serviceAttention, ce n'est pas forcément la date de facturation, mais bien la date à partir de laquelle tu commences à utiliser le bien dans ton activité. C'est cette date qui détermine le début de l'amortissement.
Un actif acheté et payé mais pas encore mis en service ne s'amortit pas encore.
première_période
: la date de clôture de ton premier exercice comptable après l'acquisitionSi tu achètes un bien le 15 mars et que ton exercice se termine le 31 décembre, tu indiques ici le 31 décembre. C'est ce paramètre qui permet à AMORLINC de calculer automatiquement le prorata temporis de la première année.
Attention : C'est l'erreur la plus fréquente : ne confonds pas la date d'achat avec la date de fin de première période. Cette dernière correspond toujours à la clôture de ton exercice comptable, pas à la date d'achat.
valeur_résid
: la valeur estimée de ton actif à la fin de sa durée d'utilisation : le prix auquel tu penses pouvoir le revendre ou le céder une fois qu'il sera complètement amortiCette valeur réduit la base amortissable : tu n'amortis que la différence (coût - valeur résiduelle).
Si tu surestimes la valeur résiduelle, ta comptabilité sera sous-amortie ; si tu la sous-estimes (ou la mets à 0 alors qu'il y a une revente prévue), tu crées un produit exceptionnel lors de la cession.
période
: le numéro de la période pour laquelle tu veux calculer l'amortissementCommence à 0 pour la première dotation (première année, même partielle), puis 1 pour la deuxième année, 2 pour la troisième, etc. Ce paramètre te permet de générer facilement un tableau d'amortissement complet.
Si tu commences à 1, tu sautes la première dotation et ta comptabilité sera incomplète.
taux
: le taux d'amortissement annuel, calculé comme `1 / durée de vie` en annéesPour 5 ans, le taux est 0,2 (soit 20 % = 1/5). Pour 10 ans, c'est 0,1 (10 % = 1/10). Ce taux représente la part de valeur que ton actif perd chaque année.
Attention : ce paramètre attend une valeur décimale entre 0 et 1, jamais le nombre d'années ni un pourcentage supérieur à 1.
Attention : Le taux doit être en décimal, pas en nombre d'années ni en pourcentage entier. Pour 5 ans d'amortissement, utilise 0,2 (pas 5 et pas 20).
base
: la convention de calcul du nombre de jours dans l'année(facultatif)Ce paramètre optionnel définit comment Excel compte les jours pour le prorata : 0 = 30/360 US (mois de 30 jours), 1 = réel/réel (recommandé en France), 2 = réel/360, 3 = réel/365, 4 = 30/360 européen.
En France, utilise 1 (base réelle) pour la conformité comptable. C'est d'ailleurs la valeur par défaut si tu omets ce paramètre.

Exemples pratiques pas à pas
Comment calculer la dotation linéaire d'un exercice avec la fonction AMORLINC
Ton entreprise a équipé ses bureaux au 1er janvier 2024 et chaque poste de travail est inscrit à l'actif avec son coût. Tout s'amortit en linéaire sur dix ans, et la liasse fiscale réclame la dotation 2024 ligne par ligne. La fonction AMORLINC sort cette dotation pour chaque actif en tenant compte des dates réelles de l'exercice.
- 1Dans une cellule, écris
=AMORLINC(. - 2En 1er argument : clique sur la cellule du prix d'acquisition,
B2. Ce sont les 60 000 € du Bureau 1, et c'est ce montant qui sert d'assiette au taux, sans jamais être diminué d'un exercice à l'autre. - 3En 2ᵉ argument : écris la date de mise en service,
DATE(2024; 1; 1). C'est le jour où le bien commence à servir dans l'activité, et il ne coïncide pas forcément avec celui de la facture. - 4En 3ᵉ argument : écris la date de clôture du premier exercice,
DATE(2024; 12; 31). Ne recopie surtout pas la date de mise en service ici, car c'est l'écart entre ces deux dates qui fabrique le prorata de la première dotation. - 5En 4ᵉ argument : saisis la valeur de revente estimée en fin de plan,
0. Ce mobilier n'est pas destiné à être revendu, donc la totalité de son coût finira par passer en charges. - 6En 5ᵉ argument : saisis le numéro de l'exercice dont tu veux la dotation,
0. La numérotation des périodes commence à zéro et non à un, et c'est donc0qui correspond à l'exercice d'acquisition réclamé par la liasse. - 7En 6ᵉ argument : saisis le taux d'amortissement annuel,
0,1. Il se calcule en divisant 1 par la durée d'utilisation, soit 1/10 pour dix ans. Ce taux s'écrit toujours en décimal et jamais en nombre d'années, sans quoi le plan devient faux sans qu'Excel signale la moindre erreur. - 8En 7ᵉ argument : saisis la convention de comptage des jours,
1. Elle retient les jours réellement écoulés dans l'année, comme le demande la comptabilité française. C'est aussi la convention qu'Excel applique tout seul si tu n'écris rien ici. - 9Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée, puis recopie la formule vers le bas. Chaque ligne reprend alors le coût de son propre actif et la colonne des dotations se remplit d'un coup.
=AMORLINC(B2; DATE(2024; 1; 1); DATE(2024; 12; 31); 0; 0; 0,1; 1)0,1 aux 60 000 € du Bureau 1, ce qui donne 6 000 € pour une année pleine. Mais la base 1 compte les jours réels : du 1er janvier au 31 décembre 2024 il s'écoule 365 jours sur les 366 d'une année bissextile, donc la dotation exacte tombe à 5 983,61 € et le format euro de la colonne l'affiche arrondie à 5 984 €. Le reliquat de 16,39 € part sur une onzième période.Comment répartir la dotation au prorata temporis avec la fonction AMORLINC
Un véhicule de 24 000 € est mis en service le 1er avril 2024 et s'amortit en linéaire sur quatre ans. Comme il n'est arrivé qu'au deuxième trimestre, la dotation 2024 ne peut pas être une année pleine, et le plan doit malgré tout se solder exactement sur le coût du véhicule. Tu numérotes les périodes dans une colonne et la fonction AMORLINC calcule chaque dotation en face.
- 1Dans une cellule, écris
=AMORLINC(. - 2En 1er argument : saisis le prix d'acquisition du véhicule,
24000. Écrit en dur plutôt que pointé dans une cellule, ce montant reste identique sur toutes les lignes du plan sans qu'il faille le figer avec des$. - 3En 2ᵉ argument : écris la date de mise en service,
DATE(2024; 4; 1). C'est elle qui porte tout l'intérêt de la fonction ici, puisque le véhicule n'arrive qu'au deuxième trimestre et que la dotation de la première période doit être réduite d'autant. - 4En 3ᵉ argument : écris la date de clôture du premier exercice,
DATE(2024; 12; 31). Elle ne bouge pas d'une ligne à l'autre du plan, et c'est sa distance avec la date de mise en service qui détermine la part de l'année réellement amortie. - 5En 4ᵉ argument : saisis la valeur de revente estimée,
0. Le véhicule est amorti en totalité, donc le plan ne s'arrête pas avant d'avoir passé les 24 000 € en charges. - 6En 5ᵉ argument : clique sur le numéro de période de la ligne,
A2. C'est le seul argument qui change à la recopie, et c'est lui qui déroule le plan de la période0à la période4. - 7En 6ᵉ argument : saisis le taux d'amortissement annuel,
0,25. Il vaut 1 divisé par la durée d'utilisation, soit 1/4 pour quatre ans, et non le nombre d'années lui-même. - 8En 7ᵉ argument : saisis la convention de comptage des jours,
1. Le prorata se calcule alors sur les jours réellement écoulés, et non sur des mois forfaitaires de trente jours comme le voudrait la convention0. - 9Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée, puis recopie la formule vers le bas. Chaque ligne prend son propre numéro de période, et le plan occupe cinq lignes pour un amortissement sur quatre ans.
=AMORLINC(24000; DATE(2024; 4; 1); DATE(2024; 12; 31); 0; A2; 0,25; 1)0,25 appliqué aux 24 000 € donne 6 000 € par année pleine. Du 1er avril au 31 décembre il s'écoule 274 jours sur 366, d'où 4 491,80 € sur la première période, affichés 4 492 €. Un amortissement sur quatre ans occupe alors cinq lignes : la période 4 ramasse les 1 508 € que le prorata avait laissés de côté, et le cumul retombe exactement sur 24 000 €.Comment tenir compte de la valeur résiduelle avec la fonction AMORLINC
Un utilitaire acheté 28 000 € entre au parc le 15 septembre 2024 et s'amortit sur cinq ans, avec une revente estimée à 4 000 € en fin de plan. Tu ne dois donc sortir que 24 000 € de charges, mais sans savoir d'avance sur quelle période le plan va s'arrêter. La fonction AMORLINC prend la valeur résiduelle en quatrième argument et coupe le plan toute seule au bon endroit.
- 1Dans une cellule, écris
=AMORLINC(. - 2En 1er argument : saisis le prix payé pour l'utilitaire,
28000. C'est bien ce montant complet qui sert d'assiette au taux, et non le montant diminué de la valeur de revente. - 3En 2ᵉ argument : écris la date d'entrée au parc,
DATE(2024; 9; 15). La mise en service tombe à trois mois et demi de la clôture, d'où une dotation très réduite sur la première période. - 4En 3ᵉ argument : écris la date de clôture de l'exercice d'entrée,
DATE(2024; 12; 31). C'est cette date qui borne la première période et qui déclenche le calcul du prorata. - 5En 4ᵉ argument : saisis la valeur de revente estimée en fin de plan,
4000. Elle ne réduit pas la dotation annuelle, elle fixe le total à amortir et arrête le plan une fois ce total atteint. - 6En 5ᵉ argument : clique sur le numéro de période de la ligne,
A2. À la recopie vers le bas, il fait avancer le plan d'un exercice par ligne jusqu'à la dernière dotation. - 7En 6ᵉ argument : saisis le taux d'amortissement annuel,
0,2. Il vaut 1 divisé par la durée d'utilisation, soit 1/5 pour cinq ans. Écrire5par réflexe ne déclenche aucune alerte et fabrique pourtant un plan entièrement faux. - 8En 7ᵉ argument : saisis la convention de comptage des jours,
1. Le prorata d'entrée se calcule alors sur les jours réellement écoulés, comme le demande la comptabilité française. - 9Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée, puis recopie la formule vers le bas sur toute la colonne des périodes.
=AMORLINC(28000; DATE(2024; 9; 15); DATE(2024; 12; 31); 4000; A2; 0,2; 1)0,2 appliqué aux 28 000 € du coût entier, et non aux 24 000 € nets de la valeur résiduelle (qui donneraient 4 800 €). La valeur résiduelle ne réduit pas la dotation, elle arrête le plan. La période 4 est rabotée à 5 563 € pour que le cumul tombe pile sur 24 000 € et que l'utilitaire garde ses 4 000 € au bilan.
Les erreurs fréquentes avec la fonction AMORLINC
Sur AMORLINC, les ratés viennent presque tous d'un argument mal interprété plutôt que d'une faute de syntaxe. Tu donnes 5 au lieu de 0,2 pour cinq ans, tu recopies la date d'achat dans la première_période, tu mets la valeur résiduelle à 0 sur un bien qui a une vraie cote de revente, ou tu fais partir tes périodes à 1.
Le sournois, c'est que la formule ne plante pas : elle te rend un chiffre faux d'apparence crédible, qui ne se repère qu'en relisant le plan d'amortissement.
Confondre taux et durée en années
Le paramètre taux attend un nombre décimal (1 / durée), pas le nombre d'années. Si ton actif s'amortit sur 5 ans, le taux est 0,2 (soit 1/5), pas 5. Saisir 5 revient à calculer 500 % d'amortissement annuel.
Solution : Utilise toujours un taux décimal : =AMORLINC(100000;...;...;0;0;0,2;1) pour 5 ans. Si tu veux éviter les erreurs de calcul, saisie le taux avec la formule 1/durée directement dans la cellule.
Se tromper sur la date de première période
Mettre la date d'achat aussi comme première_période au lieu de la date de clôture de l'exercice. AMORLINC calcule alors un prorata nul (même date de début et de fin de période) et renvoie des résultats incohérents.
Solution : Mets toujours la date de clôture de l'exercice comptable comme première_période : si tu achètes le 15 mars, première_période = 31 décembre, pas le 15 mars.
Oublier la valeur résiduelle
Mettre 0 en valeur_résid alors que l'actif aura une valeur de revente réelle. Tu over-amortis le bien, et lors de la cession tu crées un produit exceptionnel qui aurait pu être évité.
Solution : Estime la valeur de revente réaliste pour les véhicules et matériels industriels. La base amortissable est coût - valeur résiduelle. Pour les biens sans valeur de revente prévue, 0 est correct.
Commencer les périodes à 1 au lieu de 0
Excel numérote les périodes à partir de 0. La période 0 correspond à la première dotation (potentiellement partielle). Commencer à 1 saute la première dotation d'amortissement.
Solution : Commence toujours la numérotation de tes périodes à 0 dans le tableau. La période 0 = première dotation (éventuellement proratisée), la période 1 = deuxième exercice, etc.

AMORLINC vs AMORDEGRC vs AMORLIN
AMORLINC gère le prorata temporis automatiquement pour le linéaire. AMORDEGRC fait la même chose en dégressif. AMORLIN est une version simplifiée sans gestion des dates : à éviter pour des immobilisations en cours d'année.
| Critère | AMORLINC | AMORDEGRC | AMORLIN |
|---|---|---|---|
| Méthode d'amortissement | Linéaire (dotation constante) | Dégressif (plus élevé au début) | Linéaire simple (sans dates) |
| Prorata temporis automatique | Oui | Oui | Non |
| Conformité comptabilité française | Oui | Oui (pour les actifs éligibles) | Partielle (sans prorata) |
| Cas d'usage typique | Plan d'amortissement standard (matériel, mobilier, véhicule) | Matériels à forte obsolescence (informatique, machinerie) | Calcul rapide sans gestion de dates |
Questions fréquentes
AMORLINC prend en compte les dates réelles et calcule automatiquement le prorata temporis pour les périodes partielles, tandis que AMORLIN retourne simplement (coût - résiduel) / durée sans aucune gestion des dates. AMORLINC est plus précis pour la comptabilité française et c'est celui à utiliser pour tes immobilisations en cours d'année.
AMORLINC utilise les paramètres date_achat et première_période pour calculer automatiquement la proratisation. Si tu achètes un bien le 1er avril avec une clôture au 31 décembre, il calcule 9/12 de l'amortissement annuel pour la première année. La dernière année récupère automatiquement les 3 mois restants.
Cela dépend de ta stratégie fiscale et du type d'actif. AMORLINC pour l'amortissement linéaire (dotation constante chaque année), AMORDEGRC pour l'amortissement dégressif (plus élevé au début, ce qui te permet de déduire plus vite). Tous les actifs ne sont pas éligibles au dégressif. En cas de doute, reste sur du linéaire avec AMORLINC.
La base définit la convention de calcul des jours dans l'année : 0 = 30/360 US, 1 = réel/réel (valeur par défaut, recommandée en France), 2 = réel/360, 3 = réel/365, 4 = 30/360 européen. Si tu omets ce paramètre, Excel utilise automatiquement 1.
Oui, la fonction AMORLINC existe aussi sur Google Sheets sous le même nom. La syntaxe est identique, seul le séparateur peut changer : utilise la virgule au lieu du point-virgule si tes paramètres régionaux sont configurés en anglais.
Pour aller plus loin
Continue sur ta lancée après la fonction AMORLINC : la leçon associée, un modèle prêt à l'emploi et le guide pour progresser.
Tout voirLes fonctions financières dans Excel

Le modèle Excel « Amortissement dégressif »

Le guide complet pour bien démarrer sur Excel



