Qu'est-ce que la fonction NB. JOURS. COUPON. SUIV ?
NB.JOURS.COUPON.SUIV (COUPDAYSNC en anglais) te sert dès que tu dois annoncer une date d'encaissement plutôt qu'un délai abstrait : combiné à la date de règlement, le résultat se transforme directement en jour calendaire, ce dont un trésorier ou un comité a besoin pour planifier.
C'est une fonction indispensable pour les trésoriers qui anticipent leurs encaissements, les analystes financiers qui construisent des modèles de flux actualisés, et les gestionnaires de portefeuille obligataire qui planifient le réinvestissement des coupons. Elle s'utilise rarement seule : on la combine avec NB.JOURS.COUPON, NB.COUPONS et INTERET.ACC pour dresser l'image complète du calendrier obligataire.
Syntaxe
Clique sur un argument pour aller à son explication.
Cette fonction ne tient pas compte des jours fériés ni des jours ouvrés. Si le prochain coupon tombe un weekend ou un jour férié, le paiement effectif peut être décalé selon les conventions du marché (généralement au jour ouvré suivant), mais NB.JOURS.COUPON.SUIV ne reflète pas ce décalage.

Comprendre chaque paramètre de la fonction NB.JOURS.COUPON.SUIV
Les quatre arguments s'enchaînent dans un ordre figé : d'abord la date de règlement (le jour où tu achètes), puis l'échéance, ensuite la fréquence des coupons, et enfin la base de calcul. Seule la base est facultative, mais c'est rarement une bonne idée de l'omettre : une OAT française réclame 1 quand une corporate américaine attend 0, et le résultat change selon ce choix.
règlement
: la date d'acquisition ou de transaction de l'obligationC'est à partir de cette date que tu souhaites calculer le nombre de jours jusqu'au prochain paiement de coupon.
Dans la pratique, si tu achètes une obligation le 15 mars 2025, cette date sera ton règlement. La fonction calculera alors combien de jours il reste avant que l'émetteur ne verse le prochain coupon d'intérêts.
échéance
: la date de maturité de l'obligation, c'est-à-dire le moment où l'émetteur remboursera le capital prêtéCette date doit obligatoirement être postérieure à la date de règlement.
Par exemple, une obligation émise en 2020 avec une maturité de 10 ans aura une échéance en 2030. Excel utilise cette information pour déterminer la structure des paiements de coupons sur toute la durée de vie de l'obligation.
Attention : Si la date d'échéance est antérieure ou égale à la date de règlement, Excel retournera une erreur #NOMBRE!.
fréquence
: le nombre de paiements de coupons par anCe paramètre accepte uniquement trois valeurs spécifiques : 1 pour un paiement annuel (un coupon par an), 2 pour un paiement semestriel (deux coupons par an, le plus courant), 4 pour un paiement trimestriel (quatre coupons par an).
La majorité des obligations d'État et d'entreprises utilisent une fréquence semestrielle (2), ce qui signifie que tu recevras des intérêts deux fois par an.
base
: la convention de calcul des jours utilisée(facultatif)Bien qu'optionnel, il est crucial de choisir la bonne base selon le type d'obligation : 0 ou omis = 30/360 américain (NASD), convention standard des obligations corporates US ; 1 = Réel/réel (ACT/ACT), pour les obligations d'État et emprunts d'État français (OAT, BTAN) ; 2 = Réel/360 (ACT/360), pour les instruments du marché monétaire ; 3 = Réel/365 (ACT/365), pour les obligations britanniques ; 4 = 30/360 européen (30E/360), pour les obligations corporates européennes.

Exemples pratiques pas à pas
Comment compter le nombre de jours restants avant le prochain coupon avec la fonction NB.JOURS.COUPON.SUIV
Tu dois dire au comité de trésorerie quand rentrera l'argent des obligations en portefeuille. Chaque ligne a été réglée à une date différente, les titres arrivent à terme le 31 décembre 2030 et versent un coupon tous les six mois, et la question porte sur le délai avant le prochain encaissement.
La fonction NB.JOURS.COUPON.SUIV rend ce délai en jours pour chaque ligne, sans que tu aies à connaître la date du prochain versement.
- 1Dans une cellule, écris
=NB.JOURS.COUPON.SUIV(. - 2En 1er argument : clique sur la date de règlement du titre,
B2. Elle affiche15/03/2024sur la première ligne, et c'est le point de départ du compte à rebours vers le prochain coupon. - 3En 2ᵉ argument : écris la date d'échéance et referme-la,
DATE(2030;12;31). C'est elle qui ancre le calendrier remonté à rebours, ce qui place les coupons aux 31/12 et aux 30/06 et fixe le prochain versement au 30/06/2024. - 4En 3ᵉ argument : saisis le nombre de coupons versés chaque année,
2. Ce chiffre donne au calendrier son pas de six mois, et à4le prochain coupon tomberait bien plus tôt, réduisant d'autant le résultat. - 5En 4ᵉ argument : saisis la convention de comptage des jours,
1. C'est le réel/réel qui compte les vrais jours du calendrier, et la même ligne rend105en base0, le 30/360 qu'Excel applique par défaut. - 6Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
=NB.JOURS.COUPON.SUIV(B2; DATE(2030;12;31); 2; 1)107 jours au 15/03/2024, mais seulement 41 au 20/05/2024.Comment convertir en date le nombre de jours rendu par la fonction NB.JOURS.COUPON.SUIV
Un délai en jours ne se lit pas bien dans un échéancier : ce que le comité veut voir, c'est une date. Tu disposes des règlements et de l'échéance des titres, et tu veux afficher directement le jour du prochain versement.
Combinée à la date de règlement, la fonction NB.JOURS.COUPON.SUIV donne cette date sans que tu aies à saisir le moindre calendrier.
- 1Dans une cellule, écris
=puis clique sur la date de règlement,B2, et complète par+. C'est à cette date qu'on ajoutera un nombre de jours pour obtenir une date de coupon. - 2Écris
NB.JOURS.COUPON.SUIV(pour compter les jours jusqu'au prochain versement, puis :- aEn 1er argument : clique sur la date de règlement,
B2. Le décompte doit partir de la même date que celle qui ouvre la formule, sinon l'addition n'aurait plus de sens. - bEn 2ᵉ argument : clique sur la date d'échéance,
C2. Elle ancre le calendrier des coupons aux 31/12 et aux 30/06. - cEn 3ᵉ argument : saisis le nombre de coupons versés chaque année,
2. - dEn 4ᵉ argument : saisis la convention de comptage des jours,
1. Seule cette base compte de vrais jours, ce qui fait retomber l'addition sur une date de versement réelle, ici le 30/06/2024.
- aEn 1er argument : clique sur la date de règlement,
- 3Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée, puis formate la cellule en date pour lire
30/06/2024au lieu du numéro de série.
=B2 + NB.JOURS.COUPON.SUIV(B2; C2; 2; 1)1, la seule qui compte de vrais jours ; en base 0, elle donnerait le 28/06/2024, qui n'est pas une date de versement.Comment reconstituer la période complète en combinant les fonctions NB.JOURS.COUPON.SUIV, NB.JOURS.COUPON.PREC et NB.JOURS.COUPONS
Trois fonctions voisines mesurent la même période de coupon et tu veux savoir laquelle répond à quoi, sans te fier à une définition apprise par cœur. Tu prends les mêmes titres, la même échéance, la même convention, et tu les compares sur pièces.
La fonction NB.JOURS.COUPON.SUIV compte vers l'avant, la fonction NB.JOURS.COUPON.PREC compte vers l'arrière, et leur somme doit reconstituer ce que rend la fonction NB.JOURS.COUPONS.
- 1Dans une cellule, écris
=NB.JOURS.COUPON.PREC(. - 2En 1er argument : clique sur la date de règlement du titre,
B2. La fonction NB.JOURS.COUPON.PREC compte les jours déjà écoulés depuis le dernier coupon, soit75au 15/03/2024, la part de la période qui revient au vendeur. - 3En 2ᵉ argument : clique sur la date d'échéance,
C2. Elle fixe le calendrier des coupons dont les deux fonctions mesurent la même période. - 4En 3ᵉ argument : saisis le nombre de coupons versés chaque année,
2. - 5En 4ᵉ argument : saisis la convention de comptage des jours,
1. Elle devra être identique dans le second appel, sinon les deux fonctions découperaient deux calendriers différents dont la somme ne voudrait rien dire. - 6Ferme la parenthèse, complète par
+ NB.JOURS.COUPON.SUIV(B2; C2; 2; 1), puis appuie sur Entrée. Le second appel reprend les quatre mêmes arguments et compte les107jours restants, et la somme reconstitue les182jours de la période.
=NB.JOURS.COUPON.PREC(B2; C2; 2; 1) + NB.JOURS.COUPON.SUIV(B2; C2; 2; 1)75 et 107, puis 93 et 89, puis 141 et 41), mais leur total vaut toujours 182, exactement ce que rend la fonction NB.JOURS.COUPONS sur les mêmes arguments. Le règlement ne fait que déplacer la frontière à l'intérieur d'une période dont la longueur, elle, ne dépend pas de lui.
Les erreurs fréquentes avec la fonction NB.JOURS.COUPON.SUIV
Trois soucis reviennent ici, et le #NOMBRE! arrive en tête : il se déclenche dès que ton échéance tombe avant le règlement, ou que tu glisses une fréquence autre que 1, 2 ou 4. Vient ensuite le #VALEUR!, qui signale presque toujours une date saisie en texte plutôt qu'avec DATE(). Le dernier cas est plus sournois : aucun message d'erreur, mais un nombre de jours décalé parce que la base ne correspond pas à la convention de l'obligation.
Erreur #NOMBRE! due à des paramètres invalides
Cette erreur apparaît quand la date d'échéance est antérieure ou égale au règlement, quand la fréquence n'est pas 1, 2 ou 4, ou quand la base est hors de la plage 0-4. Par exemple : =NB.JOURS.COUPON.SUIV(DATE(2025;12;31); DATE(2025;1;1); 2; 1) avec règlement après échéance renvoie #NOMBRE!.
Solution : Vérifie que l'échéance est bien postérieure au règlement. Utilise uniquement les valeurs 1, 2 ou 4 pour la fréquence. La formule correcte est : =NB.JOURS.COUPON.SUIV(DATE(2025;1;1); DATE(2025;12;31); 2; 1).
Erreur #VALEUR! due à un type de données incorrect
Cette erreur survient quand les dates ne sont pas reconnues comme des dates valides par Excel (par exemple des chaînes de texte incompatibles avec les paramètres régionaux), ou quand les paramètres numériques contiennent du texte.
Solution : Utilise toujours DATE(année; mois; jour) pour les dates et transmets des valeurs numériques pour la fréquence et la base. Par exemple : =NB.JOURS.COUPON.SUIV(DATE(2025;1;1); DATE(2030;12;31); 2; 1) plutôt que des chaînes formatées.
Résultat inattendu : mauvaise convention de base
Si le nombre de jours calculé ne correspond pas à tes attentes, tu utilises probablement une mauvaise convention de base. Chaque type d'obligation a sa propre convention standard, et choisir 0 à la place de 1 peut donner un résultat différent de plusieurs jours.
Solution : Vérifie dans le prospectus de l'obligation quelle convention de calcul des jours est utilisée. Pour les OAT françaises, utilise base = 1. Pour les obligations d'entreprises américaines, utilise base = 0.

Astuces avancées avec NB.JOURS.COUPON.SUIV
Construis un calendrier automatique de coupons
Pour visualiser la date exacte du prochain coupon plutôt que le nombre de jours, ajoute simplement le résultat à la date d'aujourd'hui : =AUJOURDHUI() + NB.JOURS.COUPON.SUIV(règlement; échéance; fréquence; base).
En formatant la cellule résultante en date, tu obtiens directement le jour du prochain versement.
Combine avec NB.JOURS.COUPON pour calculer les intérêts courus
Le ratio NB.JOURS.COUPON.SUIV / NB.JOURS.COUPON donne la fraction de période déjà écoulée, utile pour estimer les intérêts courus. Associe ensuite INTERET.ACC pour obtenir le montant exact.
Cette combinaison reproduit le calcul que font les systèmes de back-office pour les règlements de marché.
Utilise NB.COUPONS pour construire tout l'échéancier
NB.JOURS.COUPON.SUIV te donne le prochain coupon ; NB.COUPONS te donne le nombre total de coupons restants. En itérant sur NB.COUPONS avec un pas de 365 / fréquence, tu reconstitues automatiquement le calendrier complet de flux.
Cela permet de construire un modèle de pricing par actualisation sans avoir à saisir chaque date manuellement.
Questions fréquentes
NB.JOURS.COUPON.SUIV calcule le nombre de jours entre la date de règlement et la prochaine date de coupon. NB.JOURS.COUPON calcule le nombre total de jours dans la période de coupon qui contient la date de règlement. Ces deux fonctions sont complémentaires : la première te dit quand arrive le prochain paiement, la seconde te donne la durée totale de la période en cours.
Le paramètre fréquence définit le nombre de paiements de coupons par an. 1 = annuel (un paiement par an, tous les 12 mois) ; 2 = semestriel (deux paiements par an, tous les 6 mois, le plus courant) ; 4 = trimestriel (quatre paiements par an, tous les 3 mois).
Toute autre valeur déclenche une erreur #NOMBRE!.
Le paramètre base définit la convention de calcul des jours : 0 ou omis = 30/360 américain (NASD) ; 1 = Réel/réel (ACT/ACT), recommandé pour les OAT et obligations d'État ; 2 = Réel/360 (ACT/360) ; 3 = Réel/365 (ACT/365) ; 4 = 30/360 européen (30E/360).
Le choix de la base peut modifier le résultat de plusieurs jours : toujours se référer au prospectus de l'obligation.
La fonction te permet de calculer précisément quand tu recevras le prochain paiement de coupon, ce qui est essentiel pour planifier ta trésorerie. En connaissant le nombre de jours exact jusqu'au prochain coupon, tu peux anticiper tes flux de trésorerie, optimiser tes placements à court terme et éviter les problèmes de liquidité.
Le traitement des années bissextiles dépend du paramètre base que tu utilises. Avec base = 1 (réel/réel), la fonction compte réellement 366 jours pour une année bissextile. Avec base = 0 (30/360), chaque mois est considéré comme ayant 30 jours, indépendamment des années bissextiles.
C'est pourquoi il est crucial d'utiliser la bonne convention de base selon ton obligation.
Non. NB.JOURS.COUPON.SUIV compte les jours calendaires sans tenir compte des jours fériés ni des weekends. Si le prochain coupon tombe un samedi ou un jour férié, le paiement effectif sera généralement reporté au jour ouvré suivant selon les conventions de marché.
Pour intégrer ce décalage, tu devras calculer séparément la date réelle de versement avec les fonctions de jours ouvrés (NB.JOURS.OUVRES, SERIE.JOUR.OUVRE).
Pour aller plus loin
Continue sur ta lancée après la fonction NB.JOURS.COUPON.SUIV : la leçon associée, un modèle prêt à l'emploi et le guide pour progresser.
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