Qu'est-ce que la fonction INTERET. ACC ?
INTERET.ACC (ACCRINT en anglais) te sert au moment où tu négocies l'achat d'une obligation entre deux coupons et que tu dois indemniser le vendeur pour les intérêts qu'il a laissés courir, sans deviner ce montant à la louche. Traders obligataires, comptables et gérants de portefeuille s'en servent pour chiffrer ce coupon couru au centime près.
Concrètement, quand tu achètes une obligation entre deux dates de coupon, tu dois indemniser le vendeur pour les intérêts qu'il a laissé filer. INTERET.ACC calcule précisément ce montant, qui vient s'ajouter au prix affiché pour donner le prix réel que tu débourses. C'est la distinction entre prix propre et prix sale que tout praticien de la finance obligataire doit maîtriser.
Syntaxe
=INTERET.ACC(émission; premier_intérêt; règlement; taux; valeur_nominale; fréquence; [base]; [calc_method])Clique sur un argument pour aller à son explication.
INTERET.ACC est pour les obligations à coupons périodiques (annuels, semestriels, trimestriels). Pour les titres qui ne paient les intérêts qu'à l'échéance, utilise INTERET.ACC.MAT.

Comprendre chaque paramètre de la fonction INTERET.ACC
INTERET.ACC enchaîne huit arguments dans un ordre que tu ne peux pas bousculer : d'abord les trois dates (émission, premier coupon, règlement), puis le taux, la valeur_nominale et la fréquence. Les deux derniers, base et calc_method, sont entre crochets : tu peux les laisser tomber, et c'est presque toujours ce que tu fais avec calc_method.
Fais surtout attention à l'enchaînement des dates : le premier coupon et le règlement doivent tous deux tomber après l'émission, sinon le calcul refuse de partir.
émission
: la date à laquelle le titre a été émis initialementCette date marque le point de départ du calcul des intérêts : c'est à partir d'elle qu'Excel commence à comptabiliser le coupon couru.
Pour une obligation émise le 1er janvier 2024, cette date est ton point d'ancrage. Excel accepte les dates au format DATE(), les références de cellules contenant des dates ou les numéros de série internes.
premier_intérêt
: la date du premier paiement de couponElle détermine la périodicité des versements : si l'émission est au 1er janvier 2024 et le premier coupon au 1er juillet 2024, l'obligation est semestrielle. Tous les coupons suivants s'aligneront sur ce rythme.
Cette date est cruciale car elle structure le calendrier entier de l'obligation.
Attention : La date de premier intérêt doit être postérieure à la date d'émission. Si ce n'est pas le cas, Excel retourne une erreur #NOMBRE!. Vérifie l'ordre chronologique de tes paramètres.
règlement
: la date à laquelle tu achètes l'obligationC'est la date jusqu'à laquelle les intérêts courus sont calculés. En finance, la date de règlement est généralement deux jours ouvrés après la date de transaction (T+2 sur les marchés européens).
Cette date doit être postérieure à la date d'émission et antérieure à la date d'échéance.
taux
: le taux d'intérêt annuel nominal du coupon, exprimé en décimalUn taux de 4 % se saisit 0,04 ou directement 4%. Ce taux reste fixe pendant toute la vie de l'obligation.
Pour une obligation à 4 % de 10 000 €, le coupon annuel total est de 400 € (10 000 × 0,04), réparti selon la fréquence. INTERET.ACC pro-ratise ce montant au nombre de jours écoulés.
valeur_nominale
: la valeur faciale de l'obligation, c'est-à-dire le montant remboursé à l'échéance et sur lequel les intérêts sont calculésLa plupart des obligations standards ont une valeur nominale de 1 000 € ou 10 000 €.
Si tu détiens 50 obligations de 1 000 € chacune, applique INTERET.ACC avec valeur_nominale = 1000 puis multiplie le résultat par 50 pour obtenir ton coupon couru total.
fréquence
: le nombre de paiements de coupons par anLes seules valeurs acceptées sont 1 (annuel), 2 (semestriel) et 4 (trimestriel). La fréquence divise le taux annuel : à 4 % semestriel, chaque coupon verse 2 %.
La fréquence la plus courante sur les marchés obligataires européens est 1 (paiement annuel), tandis que les obligations américaines utilisent généralement 2 (paiement semestriel).
Attention : Seules les valeurs 1, 2 et 4 sont acceptées. Toute autre valeur (comme 3 pour trimestriel raisonné ou 12 pour mensuel) provoque une erreur #NOMBRE!.
base
: la convention de comptage des jours, paramètre optionnel(facultatif)Elle détermine comment Excel mesure les intervalles entre deux dates : 0 ou omis = 30/360 US (NASD), 1 = réel/réel (nombre exact de jours), 2 = réel/360, 3 = réel/365, 4 = 30/360 Européen.
Pour les obligations d'État françaises et européennes, utilise 1 (réel/réel). Pour les obligations corporates américaines, utilise 0 (30/360). Pour les instruments du marché monétaire, utilise 2 (réel/360).
calc_method
: la méthode de calcul, paramètre rarement utilisé(facultatif)TRUE ou omis : les intérêts sont comptés depuis la date d'émission. FALSE : les intérêts sont comptés depuis le premier paiement de coupon, pour des obligations déjà en circulation depuis un moment.
Dans la quasi-totalité des cas, tu peux omettre ce paramètre ou laisser TRUE.

Exemples pratiques pas à pas
Comment calculer le coupon couru d'une obligation avec la fonction INTERET.ACC
Tu achètes une obligation en cours de vie, entre deux versements de coupon, et le vendeur a laissé courir des intérêts depuis l'émission. Le prix affiché à l'écran ne les contient pas : tu dois les chiffrer pour savoir ce que tu décaisses vraiment.
La fonction INTERET.ACC calcule ce montant à verser au vendeur, ligne par ligne, quelle que soit la date d'achat.
- 1Dans une cellule, écris
=INTERET.ACC(. - 2En 1er argument : écris la date d'émission du titre,
DATE(2024;1;1). C'est de ce jour que courent les intérêts, pas de la date de ton achat. - 3En 2ᵉ argument : écris la date du premier coupon prévu,
DATE(2024;7;1). Elle sert de repère pour caler le calendrier des versements. - 4En 3ᵉ argument : clique sur la cellule qui porte la date d'achat,
B2. Elle affiche15/06/2024sur la première ligne, et c'est la borne où s'arrête le décompte des intérêts. - 5En 4ᵉ argument : saisis le taux annuel du coupon,
0,04. Sur les 10 000 € de nominal, il représente 400 € d'intérêts pour une année entière. - 6En 5ᵉ argument : saisis la valeur nominale du titre,
10000. C'est l'assiette du calcul, la valeur remboursée à l'échéance et non le prix payé. - 7En 6ᵉ argument : saisis le nombre de coupons par an,
1, comme sur la plupart des obligations européennes à paiement annuel. - 8En 7ᵉ argument : saisis la convention de comptage des jours,
1pour le réel/réel des titres d'État. L'omettre n'est pas neutre puisque Excel retomberait sur la base0, qui sort ici 182,22 € au lieu de 181,42 €. - 9Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
=INTERET.ACC(DATE(2024;1;1); DATE(2024;7;1); B2; 0,04; 10000; 1; 1)Comment l'argument base modifie le coupon couru de la fonction INTERET.ACC
Ton coupon couru ne tombe pas sur celui annoncé par la contrepartie, et l'écart se joue à quelques euros. Ni la date ni le taux ne sont en cause : c'est la convention de comptage des jours qui diffère entre vos deux calculs.
En ne faisant varier que la base, la fonction INTERET.ACC montre l'amplitude réelle de ce choix.
- 1Dans une cellule, écris
=INTERET.ACC(. - 2En 1er argument : écris la date d'émission,
DATE(2024;1;1). Elle reste identique sur les cinq lignes pour que seule la base fasse varier le résultat. - 3En 2ᵉ argument : écris la date du premier coupon,
DATE(2024;7;1), elle aussi figée pour toute la comparaison. - 4En 3ᵉ argument : écris la date de règlement,
DATE(2024;6;15). Elle est saisie en dur plutôt que pointée sur une cellule, pour rester la même d'une ligne à l'autre. - 5En 4ᵉ argument : saisis le taux annuel du coupon,
0,04, soit 400 € d'intérêts par an sur le nominal. - 6En 5ᵉ argument : saisis la valeur nominale,
10000. C'est l'assiette commune à toutes les lignes. - 7En 6ᵉ argument : saisis la fréquence annuelle,
1, constante elle aussi. - 8En 7ᵉ argument : clique sur la cellule qui porte la convention de comptage,
A2. C'est la seule valeur qui change en descendant la colonne, et elle balaie les cinq bases admises, de0à4. Toute autre valeur renverrait#NOMBRE!. - 9Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée, puis recopie la formule vers le bas pour parcourir les cinq bases.
=INTERET.ACC(DATE(2024;1;1); DATE(2024;7;1); DATE(2024;6;15); 0,04; 10000; 1; A2)Comment l'argument calc_method change le coupon couru de la fonction INTERET.ACC
Un titre émis début 2024 se règle en mars 2026, donc plusieurs coupons sont déjà tombés entre-temps. Ton résultat diffère de celui d'un collègue de quelques euros alors que vous avez saisi les mêmes dates, et le dernier argument de la formule est le seul écart entre vos deux fichiers.
En plaçant un règlement récent et un règlement lointain dans le même tableau, la fonction INTERET.ACC montre quand ce huitième argument compte vraiment.
- 1Dans une cellule, écris
=INTERET.ACC(. - 2En 1er argument : écris la date d'émission,
DATE(2024;1;1). Les intérêts courent à partir de ce jour. - 3En 2ᵉ argument : écris la date du premier coupon,
DATE(2024;7;1), qui fixe le rythme des versements. - 4En 3ᵉ argument : clique sur la cellule qui porte la date de règlement,
B2. Elle prend deux valeurs très écartées, le15/12/2024moins d'un an après l'émission, puis le15/03/2026plus de deux ans après. - 5En 4ᵉ argument : saisis le taux annuel du coupon,
0,04, appliqué au nominal. - 6En 5ᵉ argument : saisis la valeur nominale,
10000, sur laquelle porte le calcul. - 7En 6ᵉ argument : saisis la fréquence,
2, pour un titre semestriel. Elle multiplie les coupons déjà tombés entre l'émission et un règlement de 2026, et c'est là que le dernier argument peut peser. - 8En 7ᵉ argument : saisis la convention de comptage,
1, soit le réel/réel des titres d'État. - 9En 8ᵉ argument : clique sur la cellule qui porte la méthode de calcul,
C2, qui vautVRAIouFAUX. Laisser l'argument vide revient à écrireVRAI, ce que confirment les lignes mesurées. Au 15/03/2026, l'omission etVRAIrendent tous deux 880,22 €, contre 883,52 € avecFAUX. - 10Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
=INTERET.ACC(DATE(2024;1;1); DATE(2024;7;1); B2; 0,04; 10000; 2; 1; C2)
Les erreurs fréquentes avec la fonction INTERET.ACC
Avec INTERET.ACC, deux soucis viennent de tes saisies et un troisième n'est même pas un bug. Le #NOMBRE! te tombe dessus dès qu'une valeur sort des clous : des dates dans le désordre, une fréquence autre que 1, 2 ou 4, ou une base en dehors de 0 à 4. Le #VALEUR!, lui, trahit une date écrite en texte plutôt qu'avec DATE().
Le troisième cas est plus sournois : ta formule fonctionne, mais le montant ne colle pas avec Bloomberg ou Reuters. Ce n'est pas une erreur d'Excel, c'est ta base qui ne suit pas la convention du marché de l'obligation.
Erreur #NOMBRE! : paramètres hors contraintes
L'erreur #NOMBRE! apparaît quand les valeurs ne respectent pas les contraintes de la fonction : date de règlement antérieure à la date d'émission, premier intérêt antérieur à l'émission, fréquence différente de 1, 2 ou 4, base hors de la plage 0-4, ou taux et valeur nominale négatifs.
Solution : Vérifie l'ordre chronologique de tes dates : émission < premier intérêt, et émission < règlement. Assure-toi que la fréquence est 1, 2 ou 4, et que le taux et la valeur nominale sont positifs. Une formule utile pour sécuriser : =SI(A2>B2;INTERET.ACC(B2;C2;A2;D2;E2;F2;1);"Erreur : règlement avant émission").
Erreur #VALEUR! : type de données incorrect
Cette erreur survient quand un paramètre n'est pas du bon type : du texte en lieu et place d'une date, ou une valeur de cellule non reconnue comme nombre.
Solution : Utilise toujours DATE(année;mois;jour) pour les dates au lieu de chaînes de texte. Convertis tes pourcentages en décimaux (4% ou 0,04) et vérifie que chaque cellule référencée contient bien une valeur numérique.
Résultat différent du calcul Bloomberg ou Reuters
Chaque marché a ses conventions de comptage des jours. Si ta base ne correspond pas à celle du marché de l'obligation, ton résultat divergera des systèmes de place.
Solution : Adapte la base au marché : 1 (réel/réel) pour les obligations d'État européennes, 0 (30/360) pour les corporates américaines, 2 (réel/360) pour les instruments monétaires. Confirme la convention avec la documentation de l'émission.
Questions fréquentes
INTERET.ACC s'utilise pour les obligations qui versent des coupons périodiques (annuels, semestriels, trimestriels), les obligations classiques. INTERET.ACC.MAT s'applique aux titres qui paient tous les intérêts uniquement à l'échéance, comme certains bons du Trésor à court terme ou les zero-coupon. La plupart des obligations cotées sur les marchés européens utilisent INTERET.ACC. INTERET.ACC.MAT est l'exception, réservée aux instruments « à coupon unique à maturité ».
Le coupon couru garantit l'équité entre acheteur et vendeur lors d'une transaction entre deux dates de paiement. Sans ce mécanisme, le vendeur perdrait tous les intérêts accumulés et l'acheteur recevrait un coupon complet pour une période où il n'a détenu le titre que partiellement. En pratique : prix total décaissé = prix propre (clean price) + coupon couru. Les cotations affichent toujours le prix propre, mais tu paies le prix sale (dirty price). INTERET.ACC calcule précisément la différence entre les deux.
Excel propose cinq bases correspondant aux conventions de marché : 0 (30/360 US, obligations corporates américaines), 1 (réel/réel, obligations d'État européennes, la plus précise), 2 (réel/360, marché monétaire et instruments court terme), 3 (réel/365, certains marchés britanniques), 4 (30/360 Européen, obligations corporates européennes).
Le choix de la base peut modifier le résultat de quelques centimes à plusieurs centaines d'euros selon le notionnel et la durée. Confirme toujours la convention dans la documentation d'émission.
INTERET.ACC retourne directement un montant basé sur la valeur nominale que tu fournis. Si tu saisis 10000 comme valeur nominale, le résultat est directement en euros pour une obligation.
Pour un portefeuille de plusieurs obligations identiques, multiplie le résultat par le nombre d'obligations : si INTERET.ACC retourne 196,72 € et que tu en détiens 100, ton coupon couru total est de 19 672 €.
La fréquence détermine combien de fois par an les coupons sont versés et conditionne le pro-rata du taux annuel sur la période écoulée. Fréquence 1 (annuel) : 1 coupon de 4 % par an. Fréquence 2 (semestriel) : 2 coupons de 2 % chacun. Fréquence 4 (trimestriel) : 4 coupons de 1 % chacun.
La plupart des OAT et obligations d'État françaises et européennes ont une fréquence 1. Les Treasury bonds américains utilisent généralement 2.
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Continue sur ta lancée après la fonction INTERET.ACC : la leçon associée, un modèle prêt à l'emploi et le guide pour progresser.
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