La fonction NB.JOURS.COUPONS (COUPDAYS en anglais) retourne le nombre de jours dans la période de coupon qui contient la date de règlement. Cette fonction est essentielle pour calculer les intérêts courus lors de l'achat d'une obligation entre deux dates de paiement de coupon.
Elle fait partie de la famille des fonctions COUP* d'Excel dédiées à l'analyse des obligations et titres à revenu fixe.
Syntaxe de la fonction NB.JOURS.COUPONS
=NB.JOURS.COUPONS(règlement; échéance; fréquence; [base])Comprendre chaque paramètre de la fonction NB.JOURS.COUPONS
Les quatre arguments se suivent toujours dans le même ordre : d'abord la date de règlement (ton achat), puis l'échéance, ensuite la fréquence des coupons, et enfin la base de calcul. Seule cette dernière est facultative — si tu l'omets, Excel applique la base 0 (US 30/360), ce qui n'est pas forcément la convention de ton obligation.
règlement
: la date de règlement, c'est-à-dire la date à laquelle tu achètes l'obligationC'est la date qui détermine dans quelle période de coupon tu te trouves.
Saisis-la sous forme de date Excel (via DATE(année;mois;jour)) plutôt qu'en texte pour éviter les erreurs d'interprétation selon la locale.
échéance
: la date d'échéance de l'obligation, c'est-à-dire la date de remboursement du principalElle doit être postérieure à la date de règlement, sinon tu obtiens une erreur #VALEUR!.
C'est la date finale du contrat obligataire, souvent plusieurs années après l'achat.
fréquence
: le nombre de coupons versés par anLes seules valeurs acceptées sont 1 (annuel), 2 (semestriel) et 4 (trimestriel). Toute autre valeur génère une erreur #NOMBRE!.
Les obligations d'État sont souvent semestrielles (2), les obligations corporate peuvent varier. Vérifie toujours la fiche descriptive du titre.
Attention : La fréquence ne peut être que 1, 2 ou 4. Une valeur comme 12 (mensuel) ou 3 (trimestriel mal saisi) provoque immédiatement une erreur #NOMBRE!.
base
: la convention de calcul des jours(facultatif)0 = US 30/360 (défaut), 1 = réel/réel, 2 = réel/360, 3 = réel/365, 4 = européen 30/360.
Les bases 0 et 4 donnent toujours 180 jours pour une période semestrielle (6 mois × 30 jours). Les bases 1, 2 et 3 comptent les jours calendaires réels, ce qui peut donner 181, 184 ou une autre valeur selon les mois concernés.
Astuce : Les obligations d'État françaises (OAT) utilisent la base réel/réel (1), norme en zone euro. Les obligations américaines utilisent souvent 0 (30/360). Vérifie toujours la documentation de l'obligation.
Exemples pratiques pas à pas
Analyste obligataire : période semestrielle avec base 30/360
Tu analyses une obligation d'État avec des coupons semestriels. Avec la base 30/360, chaque mois est considéré comme ayant exactement 30 jours, ce qui donne 6 × 30 = 180 jours par période semestrielle, quelle que soit la date de règlement.
Ce résultat de 180 jours est donc fixe et prévisible avec cette convention. Il entre dans le calcul des intérêts courus : si tu achètes l'obligation 45 jours après le dernier coupon, tu dois payer 45/180 de l'intérêt annuel au vendeur.
| A | B | |
|---|---|---|
| 1 | Paramètre | Valeur |
| 2 | Règlement | 01/03/2024 |
| 3 | Échéance | 31/12/2030 |
| 4 | Fréquence | 2 (semestriel) |
| 5 | Base | 0 (US 30/360) |
=NB.JOURS.COUPONS(DATE(2024;3;1); DATE(2030;12;31); 2; 0)Trader : comparaison des bases de calcul
Le résultat change selon la base de calcul : les conventions 30/360 (bases 0 et 4) donnent systématiquement 180 jours pour une période semestrielle, tandis que les conventions réelles (bases 1, 2, 3) comptent les jours calendaires effectifs de la période, ici 184.
Cette différence impacte directement le calcul des intérêts courus. Sur une obligation de 1 000 000 € à 5 % annuel, 4 jours d'écart représentent environ 555 € d'intérêts courus en plus ou en moins. Il est crucial d'utiliser la bonne convention selon le marché.
| A | B | C | |
|---|---|---|---|
| 1 | Base | Description | Nb jours |
| 2 | 0 | US 30/360 | 180 |
| 3 | 1 | Réel/Réel | 184 |
| 4 | 2 | Réel/360 | 184 |
| 5 | 3 | Réel/365 | 184 |
| 6 | 4 | Européen 30/360 | 180 |
=NB.JOURS.COUPONS(DATE(2024;3;1); DATE(2030;12;31); 2; 1)Astuce de pro : Les obligations américaines utilisent généralement la base 0 (30/360), les obligations européennes la base 4, et les obligations d'État britanniques la base 1 (réel/réel).
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M'entraînerLes erreurs fréquentes avec la fonction NB.JOURS.COUPONS
Deux pièges reviennent sans cesse avec cette fonction, et tous deux concernent ce que tu lui donnes en entrée. Le plus courant est la fréquence : si tu saisis autre chose que 1, 2 ou 4 (un 12 pour du mensuel, par exemple), Excel renvoie aussitôt #NOMBRE!. L'autre vient des dates inversées, qui déclenchent un #VALEUR! parce qu'aucune période de coupon ne peut alors se définir.
Erreur #NOMBRE! avec une fréquence invalide
La fréquence doit être 1, 2 ou 4. Toute autre valeur (comme 3, 6 ou 12) génère une erreur #NOMBRE! car Excel ne reconnaît pas ces fréquences pour les obligations.
Solution : Utilise uniquement 1 (annuel), 2 (semestriel) ou 4 (trimestriel). Si ton obligation a une fréquence mensuelle, tu devras calculer manuellement ou utiliser une approche différente.
Erreur #VALEUR! avec des dates inversées
La date d'échéance doit être strictement postérieure à la date de règlement. Si tu les inverses, Excel génère une erreur #VALEUR! car aucune période de coupon ne peut être définie.
Solution : Vérifie l'ordre des arguments : le premier est le règlement (date d'achat), le second est l'échéance (date de remboursement). Utilise DATE(année;mois;jour) pour saisir les dates sans ambiguïté.
Questions fréquentes sur la fonction NB.JOURS.COUPONS
Qu'est-ce qu'une période de coupon ?
Une période de coupon est l'intervalle entre deux versements d'intérêts (coupons) d'une obligation. Si une obligation verse des coupons semestriels, chaque période de coupon dure environ 6 mois.
La durée exacte en jours peut varier selon la base de calcul utilisée : 180 jours avec les conventions 30/360, ou le nombre réel de jours calendaires avec les conventions réelles.
Pourquoi le nombre de jours varie-t-il selon la base ?
Différentes conventions de marché utilisent différentes méthodes pour compter les jours. La base 30/360 considère que chaque mois a 30 jours (360 jours/an), tandis que la base réel/réel compte les jours calendaires réels.
Cela affecte le calcul des intérêts courus : avec la convention réelle, les mois longs (31 jours) génèrent plus d'intérêts que les mois courts (28 jours), ce qui reflète fidèlement l'écoulement du temps.
Que signifie la fréquence des coupons ?
La fréquence indique combien de coupons sont versés par an. 1 = annuel (1 coupon/an), 2 = semestriel (2 coupons/an), 4 = trimestriel (4 coupons/an).
Les obligations d'État françaises (OAT) sont généralement annuelles, les obligations américaines semestrielles. La fréquence détermine directement la taille de chaque période de coupon.
À quoi sert NB.JOURS.COUPONS dans la pratique ?
NB.JOURS.COUPONS est utilisé pour calculer les intérêts courus d'une obligation. Quand tu achètes une obligation entre deux dates de coupon, tu dois payer les intérêts accumulés au vendeur.
Le calcul utilise : intérêts courus = taux annuel × valeur nominale × (jours écoulés depuis le dernier coupon / nombre de jours dans la période). NB.JOURS.COUPONS fournit le dénominateur de cette fraction.
Quelle base de calcul dois-je utiliser pour les obligations françaises ?
Les obligations d'État françaises (OAT) utilisent généralement la base réel/réel (base = 1), qui est aussi la norme en zone euro. Les obligations américaines utilisent souvent 30/360 (base = 0).
Vérifie toujours la documentation de l'obligation (prospectus ou fiche Bloomberg) pour connaître la convention applicable, car une erreur de base peut fausser significativement le calcul des intérêts courus.
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