Qu'est-ce que la fonction TAUX. ESCOMPTE ?
TAUX.ESCOMPTE (DISC en anglais) te sert dès que tu compares des titres court terme entre eux ou face à ce que propose ta banque, pour savoir lequel rapporte vraiment le plus une fois ramené à un taux annuel comparable.
Concrètement, c'est elle qui te permet de comparer deux billets de trésorerie de maturités différentes, de vérifier si le taux proposé par ta banque est compétitif, ou de dimensionner le prix d'achat d'un titre pour atteindre un rendement cible. Indispensable pour tout trésorier ou analyste qui gère des actifs monétaires court terme.
Syntaxe
=TAUX.ESCOMPTE(règlement; échéance; valeur_nominale; valeur_liquidative; [base])Clique sur un argument pour aller à son explication.
Le taux d'escompte se calcule sur la valeur nominale future, et non sur le capital investi. Il est donc toujours légèrement inférieur au rendement effectif réel du placement.

Comprendre chaque paramètre de la fonction TAUX.ESCOMPTE
règlement
: la date d'achat du titre, c'est-à-dire le jour où tu décaisses le montant pour acquérir l'instrument financierCette date doit être strictement antérieure à la date d'échéance.
Tu peux saisir la date directement avec DATE(année;mois;jour) ou faire référence à une cellule au format date. Par exemple : DATE(2024;1;15) ou A2.
échéance
: la date de remboursement du titre, c'est-à-dire le jour où tu récupères la valeur nominaleC'est la date de maturité de l'instrument financier.
La différence en jours entre l'échéance et le règlement détermine la durée du placement, qui entre directement dans le calcul du taux d'escompte : plus la durée est longue, plus l'escompte représente une part importante du prix.
Attention : La date d'échéance doit être postérieure à la date de règlement, sinon Excel retourne #NOMBRE!.
valeur_nominale
: le montant que tu recevras à l'échéance du titre, aussi appelé valeur faciale ou valeur au pairC'est le prix de remboursement inscrit sur le titre financier.
Par exemple, un bon du Trésor avec une valeur nominale de 10 000 € te rapportera exactement 10 000 € à l'échéance, quel que soit le prix que tu as payé à l'achat.
valeur_liquidative
: le prix d'achat réel du titre, c'est-à-dire le montant que tu décaisses aujourd'hui pour acquérir ce titre qui sera remboursé à sa valeur nominale à l'échéance. La différence entre la valeur nominale et la valeur liquidative constitue l'escompte, c'est-à-dire ton gain brutPlus cette différence est grande par rapport à la durée du placement, plus le taux d'escompte sera élevé.
base
: la méthode de décompte des jours utilisée pour le calcul(facultatif)Différents marchés financiers appliquent des conventions différentes :
0 ou omis : Base américaine 30/360 (mois de 30 jours, année de 360 jours). 1 : Base réel/réel (nombre exact de jours et d'années). 2 : Base réel/360 (jours exacts, année de 360 jours). 3 : Base réel/365 (jours exacts, année de 365 jours). 4 : Base européenne 30/360.
Pour les titres français, utilise généralement la base 1 (réel/réel). Pour les bons du Trésor américains, utilise la base 2 (réel/360).

Exemples pratiques pas à pas
Comment calculer le taux d'escompte d'un titre court terme avec la fonction TAUX.ESCOMPTE
Ton portefeuille court terme compte dix-huit titres achetés sous le pair à des dates et à des prix tous différents, et le comité veut savoir lesquels rapportent le plus. Comparer les prix bruts ne mène nulle part, puisqu'une décote de 3 sur six mois ne vaut pas une décote de 3 sur trois mois. La fonction TAUX.ESCOMPTE ramène chaque ligne à un taux annuel, seule grandeur qui se compare d'un titre à l'autre.
- 1Dans une cellule, écris
=TAUX.ESCOMPTE(. - 2En 1er argument : clique sur la date de règlement,
B2. C'est le jour où le titre est payé et entre en portefeuille, une vraie date Excel et non un texte, sans quoi la fonction renverrait#VALEUR!. - 3En 2ᵉ argument : clique sur la date d'échéance,
C2. C'est le jour du remboursement, et l'écart entre ces deux dates sert à ramener la décote sur une année, donc une échéance antérieure au règlement renvoie#NOMBRE!. - 4En 3ᵉ argument : clique sur le prix effectivement payé pour 100 de nominal,
D2, soit97. Contrairement à ce que son nom laisse croire, cet argument attend le prix d'achat et non la valeur nominale. - 5En 4ᵉ argument : saisis la valeur de remboursement à l'échéance,
100. Les prix de la colonneDétant tous cotés pour 100 de nominal, cette valeur ne change jamais d'une ligne à l'autre. - 6Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée, puis recopie la formule sur les dix-huit titres. En laissant le cinquième argument vide, tu retiens la convention américaine 30/360, qui compte exactement 180 jours entre le 15 janvier et le 15 juillet et donne des taux aussi ronds.
=TAUX.ESCOMPTE(B2; C2; D2; 100)Comment changer la convention de comptage des jours avec la fonction TAUX.ESCOMPTE
Tu reprends un tableau de titres monté par le desk de Londres et les taux ne collent pas aux tiens, alors que les prix et les dates sont identiques. La différence ne vient pas des données mais de la convention de comptage des jours retenue, un argument que beaucoup laissent vide sans savoir ce qu'Excel choisit à leur place. La fonction TAUX.ESCOMPTE accepte cinq conventions, et l'écart entre elles se lit directement.
- 1Dans une cellule, écris
=TAUX.ESCOMPTE(. - 2En 1er argument : écris la date de règlement du 15 janvier 2024 au format DATE,
DATE(2024;1;15). La passer par la fonction DATE garantit une vraie date qu'Excel sait soustraire, plutôt qu'un texte. - 3En 2ᵉ argument : écris la date d'échéance du 15 juillet 2024,
DATE(2024;7;15). Elle est identique sur toutes les lignes, comme le règlement. - 4En 3ᵉ argument : saisis le prix d'achat pour 100 de nominal,
97. Il reste figé lui aussi, pour que la comparaison ne porte que sur la convention de comptage. - 5En 4ᵉ argument : saisis la valeur de remboursement,
100. C'est le dernier des paramètres gelés en dur. - 6En 5ᵉ argument : clique sur la convention de comptage des jours,
B2, qui balaie les cinq valeurs autorisées de0à4. Toute autre valeur,5ou davantage, renvoie#NOMBRE!. - 7Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée. Renseigner cette convention devient indispensable dès que le titre n'est pas français : l'omettre revient à retenir
0, la convention américaine 30/360, alors que les bons du Trésor américains se calculent en base2, soit près d'un dixième de point plus bas ici.
=TAUX.ESCOMPTE(DATE(2024;1;15); DATE(2024;7;15); 97; 100; B2)2 est la plus basse du lot, car elle compte les 182 jours réels tout en les rapportant à une année de 360 jours seulement.Comment repérer un taux négatif dû à des arguments inversés avec la fonction TAUX.ESCOMPTE
Une colonne entière de ton tableau de titres ressort en négatif et personne ne comprend pourquoi, alors que les prix saisis sont manifestement inférieurs aux montants remboursés. Le tableau ci-dessous rejoue les quatre saisies possibles sur un même titre pour isoler la cause. La fonction TAUX.ESCOMPTE ne proteste que dans un seul de ces cas, et ce n'est pas celui qu'on croit.
- 1Dans une cellule, écris
=TAUX.ESCOMPTE(. - 2En 1er argument : écris la date de règlement du 15 janvier 2024,
DATE(2024;1;15), figée pour que seuls les deux montants varient d'une ligne à l'autre. - 3En 2ᵉ argument : écris la date d'échéance du 15 juillet 2024,
DATE(2024;7;15), tout aussi figée. - 4En 3ᵉ argument : clique sur le prix payé,
B2. C'est là que se joue le piège : son nom évoque la valeur nominale, alors que la fonction attend le prix d'achat. - 5En 4ᵉ argument : clique sur la valeur de remboursement,
C2, soit100dans le cas normal. La deuxième ligne intervertit volontairement les deux montants, ce qui suffit à faire basculer le taux dans le négatif. - 6Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée. Le cinquième argument est omis sur toutes les lignes, donc le signe du résultat ne peut venir que de l'ordre des deux montants et de rien d'autre. Un taux négatif n'est pourtant pas toujours une erreur, puisqu'un titre payé plus cher que son remboursement existe vraiment en période de taux négatifs, d'où le réflexe de vérifier l'ordre des deux arguments avant de conclure.
=TAUX.ESCOMPTE(DATE(2024;1;15); DATE(2024;7;15); B2; C2)
Les erreurs fréquentes avec la fonction TAUX.ESCOMPTE
Dates inversées : l'échéance est antérieure au règlement
Excel retourne #NOMBRE! quand la date d'échéance est antérieure ou égale à la date de règlement. C'est le cas le plus fréquent lors d'une saisie manuelle.
Solution : Vérifie l'ordre de tes dates : règlement d'abord, échéance ensuite. Utilise =TAUX.ESCOMPTE(DATE(2024;1;15); DATE(2024;4;15); 10000; 9800; 1) et non l'inverse.
Date saisie en texte au lieu du format date valide
Excel ne peut pas interpréter une chaîne de texte comme "15/01/2024" directement dans la formule. Il retourne #VALEUR!.
Solution : Utilise toujours DATE(année; mois; jour) dans la formule, ou référence une cellule dont le format est bien "Date". Vérifie avec Ctrl+1 que la cellule est reconnue comme date et non comme texte.
Valeur liquidative supérieure à la valeur nominale
Si tu paies le titre plus cher que sa valeur de remboursement, le résultat est un taux négatif. Ce n'est pas une erreur Excel : c'est une situation financière réelle (titres d'État à taux négatifs), mais elle peut signaler une saisie inversée.
Solution : Vérifie que tu n'as pas interverti valeur nominale et valeur liquidative. Dans le cas normal, la valeur liquidative (prix d'achat) est inférieure à la valeur nominale (montant remboursé).
Paramètre base hors plage
Le paramètre base n'accepte que les valeurs 0, 1, 2, 3 ou 4. Toute autre valeur retourne #NOMBRE!.
Solution : Utilise une des cinq valeurs autorisées. Pour les marchés européens, 1 est le plus courant. Consulte les conditions d'émission du titre si tu n'es pas certain de la convention applicable.

TAUX.ESCOMPTE vs TAUX.INTERET vs TAUX vs RENDEMENT.SIMPLE
Utilise TAUX.ESCOMPTE pour les titres à flux unique (tu paies aujourd'hui, tu reçois le nominal à l'échéance). Pour les obligations avec coupons ou les prêts avec versements périodiques, les autres fonctions sont mieux adaptées.
| Critère | TAUX.ESCOMPTE | TAUX.INTERET | TAUX | RENDEMENT.SIMPLE |
|---|---|---|---|---|
| Type de titre | Titres escomptés (T-Bills, billets) | Titres avec intérêts périodiques | Prêts/emprunts avec paiements | Rendement effectif d'un placement |
| Nombre de flux | 1 flux (remboursement final) | Coupons + remboursement | Paiements périodiques | 1 flux (rendement calculé) |
| Base de calcul | Sur la valeur nominale | Sur le capital investi | Sur le capital restant dû | Sur le capital investi |
| Usage typique | Comparer des T-Bills | Analyser une obligation | Calculer le taux d'un prêt | Vérifier le rendement réel |
Questions fréquentes
Le taux d'escompte se calcule sur la valeur nominale future (montant de remboursement), tandis que le taux d'intérêt se calcule sur le capital investi.
Par exemple, un bon du Trésor de 10 000 € acheté 9 800 € a un taux d'escompte de 2% (200/10 000), mais un rendement réel de 2,04% (200/9 800). Le taux d'escompte est donc toujours légèrement inférieur au rendement effectif.
Pour les titres français et plus généralement les marchés européens, utilise la base 1 (réel/réel), qui compte le nombre exact de jours et utilise l'année calendaire réelle.
La base 2 (réel/360) est la convention des bons du Trésor américains. La base 3 (réel/365) est parfois appliquée sur certains marchés britanniques. En cas de doute, consulte le prospectus d'émission du titre.
Le taux d'escompte brut n'est pas comparable entre des titres de maturités très différentes. Pour une comparaison équitable, calcule le rendement effectif annualisé : (Nominal - Prix) / Prix × (365 / Jours).
Ce calcul ramène tous les placements à une base annuelle, quelle que soit leur durée initiale.
Un taux négatif signifie que tu paies le titre plus cher que sa valeur de remboursement (valeur liquidative supérieure à la valeur nominale). Ce cas se produit sur certains titres d'État en période de taux négatifs.
Si tu n'es pas dans ce contexte, vérifie que tu n'as pas interverti les paramètres valeur_nominale et valeur_liquidative dans ta formule.
Non directement : TAUX.ESCOMPTE calcule le taux à partir du prix. Pour l'opération inverse (trouver le prix à payer pour atteindre un taux cible), utilise la formule algébrique.
Prix = Nominal × (1 - Taux × Jours / Base). Par exemple, pour un taux cible de 3% sur 90 jours (base 360) avec un nominal de 10 000 € : 10 000 × (1 - 0,03 × 90/360) = 9 925 €.
Pour aller plus loin
Continue sur ta lancée après la fonction TAUX.ESCOMPTE : la leçon associée, un modèle prêt à l'emploi et le guide pour progresser.
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