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Qu'est-ce que la fonction TAUX.ESCOMPTE.R ?

Définition
La fonction TAUX.ESCOMPTE.R calcule le rendement équivalent obligation d'un bon du Trésor à partir de son taux d'escompte, de sa date de règlement et de sa date d'échéance. Le résultat est un taux annualisé sur une base de 365 jours, directement comparable au rendement d'une obligation.

TAUX.ESCOMPTE.R (TBILLEQ en anglais) te sert quand tu dois arbitrer entre plusieurs placements affichés à des taux qui ne se comparent pas terme à terme : sans cette conversion, un bon du Trésor paraît systématiquement moins rentable qu'une obligation, alors que ce n'est souvent qu'un effet d'affichage.

Elle ne prend que trois arguments et n'accepte aucune base de calcul : la convention est imposée par la fonction. Indispensable dès que tu dois arbitrer entre du monétaire et de l'obligataire sans te laisser tromper par un taux d'escompte qui sous-estime toujours le rendement réel.

Syntaxe

=TAUX.ESCOMPTE.R(règlement; échéance; taux_escompte)

Clique sur un argument pour aller à son explication.

Cette fonction n'accepte que trois arguments : il n'y a pas de paramètre base, car la convention est imposée. La durée entre règlement et échéance ne doit pas dépasser un an, sinon Excel renvoie #NOMBRE! : mesuré sur un règlement au 15 janvier 2024, une échéance à 366 jours passe encore, une échéance à 367 jours échoue.

Ce qu’il faut retenir
Retiens le rôle de chacune : TAUX.ESCOMPTE.R part du taux d'escompte et rend un rendement équivalent obligation, alors que RENDEMENT.BON.TRESOR part du prix payé. Malgré son nom, TAUX.ESCOMPTE.R ne calcule pas un taux d'escompte : elle le consomme.
Lucas, la mascotte du Dojo, inspecte les arguments de la fonction à la loupe

Comprendre chaque paramètre de la fonction TAUX.ESCOMPTE.R

Trois arguments, tous obligatoires, et aucune convention de jours à choisir : c'est la fonction la plus simple de la famille des bons du Trésor. L'ordre suit la logique du placement, la date où tu achètes puis celle où tu es remboursé, et enfin le taux d'escompte annoncé par l'émetteur.

Le seul vrai piège tient au nom : TAUX.ESCOMPTE.R ne calcule pas un taux d'escompte, elle le reçoit en entrée pour te rendre autre chose.

1

règlement

: la date à laquelle tu achètes le bon du Trésor, c'est-à-dire le jour où le paiement est effectué et où le titre entre dans ton portefeuille

Cette date doit être au format date Excel : une référence de cellule contenant une date, ou une fonction comme DATE(2024;1;15).

Elle doit être strictement antérieure à la date d'échéance, faute de quoi le calcul renvoie #NOMBRE!.

2

échéance

: la date de maturité du bon, le jour où il est remboursé à sa valeur nominale

La durée entre le règlement et cette date sert à annualiser le rendement.

Les bons du Trésor étant des instruments à court terme, cette durée ne peut pas dépasser un an. Les maturités standards sont de 4, 13, 26 ou 52 semaines.

Attention : Si l'échéance est antérieure ou égale au règlement, ou si elle s'en écarte de plus d'un an, Excel retourne #NOMBRE!.

3

taux_escompte

: le taux d'escompte annuel du bon, exprimé en décimal (`0,032` pour 3,2 %) ou en pourcentage (`3,2 %`)

C'est le taux affiché par l'émetteur, celui qui sert à calculer la décote appliquée sur la valeur nominale.

Ce taux n'est pas un rendement : il se calcule sur la valeur nominale de 100 alors que tu paies moins de 100. C'est précisément l'écart que TAUX.ESCOMPTE.R corrige.

Attention : Le taux d'escompte doit être strictement positif. Un taux négatif ou nul renvoie #NOMBRE!.

Lucas, la mascotte du Dojo, fait une démonstration pas à pas de la fonction dans Excel

Exemples pratiques pas à pas

Exemple 1

Comment convertir un taux d'escompte en rendement équivalent obligation avec la fonction TAUX.ESCOMPTE.R

Ta banque te propose quatre bons du Trésor de maturités différentes pendant que ton comité compare ces offres à une obligation courte à 3,25 %. Sur la foi des seuls taux affichés, trois des quatre bons semblent perdre, alors qu'un taux d'escompte sous-estime toujours le rendement réel. La fonction TAUX.ESCOMPTE.R ramène chaque bon sur la base des obligations avant que la décision ne se prenne sur un chiffre faussé.

Les étapes
  1. 1
    Dans une cellule, écris =TAUX.ESCOMPTE.R(.
  2. 2
    En 1er argument : clique sur la date d'achat du bon, B2. Ce doit être une vraie date Excel, lue dans une cellule au format date ou construite avec DATE(), faute de quoi le calcul renvoie #VALEUR!.
  3. 3
    En 2ᵉ argument : clique sur la date de remboursement, C2. L'écart entre les deux dates sert à annualiser le rendement, et il ne peut pas dépasser un an, ce qui correspond à la nature même d'un bon du Trésor.
  4. 4
    En 3ᵉ argument : clique sur le taux d'escompte annoncé par l'émetteur, D2. C'est le point que le nom de la fonction trahit, car ce taux est une donnée d'entrée et non le résultat. La fonction consomme un taux d'escompte, elle n'en calcule aucun.
  5. 5
    Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée. Il n'existe pas de quatrième argument, contrairement à la plupart des fonctions obligataires, car l'annualisation sur 365 jours fait partie de la définition du rendement équivalent obligation.
Au final, ta formule devrait ressembler à ça :=TAUX.ESCOMPTE.R(B2; C2; D2)
Explication
La fonction corrige un défaut du taux d'escompte : celui-ci se calcule sur les 100 remboursés alors que tu immobilises moins de 100. En rapportant le même gain au capital réellement engagé, puis en annualisant sur une base de 365 jours, elle rend un rendement toujours supérieur au taux affiché. C'est ce chiffre, et lui seul, qui se compare à une obligation.
Exemple 2

Comment mesurer l'effet de la maturité à taux d'escompte constant avec la fonction TAUX.ESCOMPTE.R

Trois bons du Trésor de maturités différentes te sont proposés au même taux d'escompte de 3,5 %, et le réflexe naturel consiste à les tenir pour équivalents puisque le chiffre affiché est identique. C'est précisément ce raccourci que l'émetteur ne corrigera pas à ta place. En passant chaque ligne dans la fonction TAUX.ESCOMPTE.R, tu vérifies si le taux affiché suffit vraiment à les départager.

Les étapes
  1. 1
    Dans une cellule, écris =TAUX.ESCOMPTE.R(.
  2. 2
    En 1er argument : écris directement la date d'achat, DATE(2024;1;15). Elle reste la même sur les trois lignes, et la figer ainsi garantit que la date d'achat n'entre pour rien dans les écarts observés.
  3. 3
    En 2ᵉ argument : clique sur la date de remboursement, B2, qui s'éloigne de trois à douze mois. C'est le seul paramètre en mouvement du tableau, donc le seul responsable de l'écart constaté d'une ligne à l'autre.
  4. 4
    En 3ᵉ argument : saisis le taux d'escompte du prospectus, 3,5%, figé lui aussi. C'est tout l'intérêt de l'exemple, puisque ce taux ne bouge pas d'une ligne à l'autre alors que le rendement réel, lui, change.
  5. 5
    Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
Voici la formule que tu obtiens à la fin :=TAUX.ESCOMPTE.R(DATE(2024;1;15); B2; 3,5%)
Explication
À taux d'escompte rigoureusement identique, le rendement équivalent grimpe avec la maturité : 3,58 %, puis 3,61 %, puis 3,66 %. Plus l'échéance est lointaine, plus la décote initiale est forte, donc plus le capital immobilisé est faible par rapport aux 100 remboursés. Deux bons affichés au même taux ne se valent donc pas, et l'écart de 0,08 point entre le 3 mois et le 12 mois se joue uniquement sur la durée.
Exemple 3

Comment éviter l'erreur #NOMBRE! au-delà d'un an avec la fonction TAUX.ESCOMPTE.R

Ton tableau de placements monétaires accueille désormais des titres à deux ans, et depuis, une partie de la colonne affiche une erreur alors que les dates saisies sont irréprochables. Le refus ne vient pas d'une faute de frappe mais d'une limite inscrite dans la fonction elle-même. Le tableau ci-dessous cherche la frontière exacte, au jour près, à partir d'un règlement au 15 janvier 2024.

Les étapes
  1. 1
    Dans une cellule, écris =TAUX.ESCOMPTE.R(.
  2. 2
    En 1er argument : écris la date de règlement, DATE(2024;1;15), figée et servant de point de départ au décompte. C'est elle qui décide du plafond, puisque celui-ci se mesure à partir de cette date et non dans l'absolu.
  3. 3
    En 2ᵉ argument : clique sur la date d'échéance, A2, qui franchit la limite à la troisième ligne. L'erreur tombe d'un coup, sans valeur approchée ni avertissement préalable, ce qui la rend facile à repérer dans une colonne. Cette échéance doit aussi rester postérieure au règlement, car une date antérieure ou même simplement égale renvoie le même #NOMBRE!.
  4. 4
    En 3ᵉ argument : saisis le taux d'escompte, 3,5%, qui doit rester strictement positif. Un taux nul ou négatif produit lui aussi #NOMBRE!, ce qui interdit de se servir de cette fonction pour modéliser un bon émis à taux négatif.
  5. 5
    Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
Une fois les morceaux assemblés, ta formule donne ça :=TAUX.ESCOMPTE.R(DATE(2024;1;15); A2; 3,5%)
Explication
La limite ne se compte pas en jours mais en année civile : la fonction accepte une échéance jusqu'au même quantième l'année suivante, et refuse le lendemain. Elle tolère donc 366 jours au départ du 15 janvier 2024, parce que la période traverse le 29 février, alors qu'un règlement pris en année ordinaire plafonne à 365 jours. Ce plafond n'est pas un caprice : au-delà d'un an, le titre n'est plus un bon du Trésor.
Le chiffre clé
Sur un bon du Trésor à 91 jours escompté à 3,20 %, les trois taux ne se valent pas : 3,20 % d'escompte affiché, 3,23 % de rendement calculé sur le prix payé, et 3,27 % de rendement équivalent obligation. C'est ce dernier chiffre que tu compares à une obligation.
Lucas, la mascotte du Dojo, l'air gêné face à une erreur Excel

Les erreurs fréquentes avec la fonction TAUX.ESCOMPTE.R

Cette fonction est peu tolérante, mais ses refus sont francs. Le #NOMBRE! couvre tous les cas où les données ne décrivent plus un bon du Trésor plausible : dates inversées, taux d'escompte négatif ou nul, ou échéance qui s'éloigne de plus d'un an du règlement.

Le #VALEUR!, lui, ne parle jamais de finance : il signale une date saisie en texte au lieu d'une vraie date Excel. Le dernier piège ne renvoie aucune erreur, seulement un contresens, et vient du nom de la fonction.

Erreur #NOMBRE! sur les dates ou le taux

L'erreur #NOMBRE! apparaît quand la date d'échéance est antérieure ou égale à la date de règlement, quand le taux d'escompte est négatif ou nul, ou quand la durée du placement dépasse un an.

Solution : Vérifie l'ordre chronologique de tes dates et que ton taux est strictement positif. Pour la durée, garde tes deux dates dans la même fenêtre de douze mois : au-delà, la fonction ne s'applique plus, car les bons du Trésor sont par nature des titres à court terme.

Erreur #VALEUR! avec des dates non reconnues

L'erreur #VALEUR! survient quand les arguments de date ne sont pas des dates valides pour Excel, par exemple quand une cellule contient une chaîne de caractères ressemblant à une date au lieu d'une vraie valeur de date.

Solution : Utilise DATE(année; mois; jour) pour construire tes dates, ou vérifie que tes cellules contiennent bien des dates et non du texte. Le test =ESTNUM(cellule) doit répondre VRAI sur une vraie date.

Le résultat ne ressemble pas à un taux d'escompte

Le nom de la fonction laisse croire qu'elle calcule un taux d'escompte, alors qu'elle en consomme un. TAUX.ESCOMPTE.R correspond à TBILLEQ et renvoie un rendement équivalent obligation, toujours supérieur au taux d'escompte fourni en entrée.

Solution : Pour calculer un taux d'escompte à partir d'un prix et d'une valeur de remboursement, c'est TAUX.ESCOMPTE (DISC) qu'il te faut. Pour un rendement à partir du prix payé d'un bon du Trésor, prends RENDEMENT.BON.TRESOR (TBILLYIELD).

Lucas, la mascotte du Dojo, compare deux fonctions Excel

TAUX.ESCOMPTE.R vs RENDEMENT.BON.TRESOR vs TAUX.ESCOMPTE

Ces trois fonctions tournent autour du même titre, mais elles n'entrent pas par la même porte. TAUX.ESCOMPTE.R part du taux d'escompte annoncé et te rend un rendement équivalent obligation, sur une base de 365 jours, comparable à celui d'une obligation.

RENDEMENT.BON.TRESOR part du prix réellement payé et rend un rendement en base 360. TAUX.ESCOMPTE, enfin, fait le chemin inverse des deux autres : à partir d'un prix et d'une valeur de remboursement, elle retrouve le taux d'escompte implicite, et elle accepte une base au choix.

CritèreTAUX.ESCOMPTE.RRENDEMENT.BON.TRESORTAUX.ESCOMPTE
Donnée de départTaux d'escomptePrix payéPrix + valeur de remboursement
Ce que la fonction rendRendement équivalent obligationRendement du bonTaux d'escompte
Nombre d'arguments3 (pas de base)3 (pas de base)4 + base optionnelle
Base annuelle365 (imposée)360 (imposée)Au choix (0 à 4)
Sur un bon 91 j escompté à 3,20 %3,27 %3,23 % (prix 99,19)3,20 % (retrouve le taux)
Nom anglaisTBILLEQTBILLYIELDDISC
FAQ

Questions fréquentes

Non, malgré son nom. Elle correspond à TBILLEQ et attend au contraire un taux d'escompte en entrée, pour te rendre le rendement équivalent obligation du bon du Trésor. Si tu cherches à calculer un taux d'escompte à partir d'un prix, c'est TAUX.ESCOMPTE (DISC) qu'il te faut.

Ressources

Pour aller plus loin

Continue sur ta lancée après la fonction TAUX.ESCOMPTE.R : la leçon associée, un modèle prêt à l'emploi et le guide pour progresser.

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