Qu'est-ce que la fonction VALEUR. ENCAISSEMENT ?
VALEUR.ENCAISSEMENT (PRICEDISC en anglais) te sert quand tu dois comparer plusieurs titres escomptés entre eux, ou vérifier le prix annoncé par une salle de marché, sans reconstruire à la main la formule d'actualisation sur la décote. Une formule suffit alors à passer du taux affiché au prix réellement à décaisser.
Malgré son nom, elle ne te donne pas le montant encaissé à l'arrivée mais bien le prix payé au départ. Que tu gères une trésorerie d'entreprise, que tu sois trader de marché monétaire ou analyste financier, elle te permet de valoriser tes placements court terme en une formule, avec la convention de comptage des jours qui correspond à ton marché.
Syntaxe
=VALEUR.ENCAISSEMENT(règlement; échéance; taux_escompte; valeur_échéance; [base])Clique sur un argument pour aller à son explication.
Attention au nom : en français, VALEUR.ENCAISSEMENT calcule un PRIX (PRICEDISC), pas un encaissement. C'est VALEUR.NOMINALE (RECEIVED) qui calcule le montant reçu à l'échéance. Les deux noms français sont contre-intuitifs, mais ils sont bien ceux qu'Excel attend.

Comprendre chaque paramètre de la fonction VALEUR.ENCAISSEMENT
Les cinq arguments arrivent dans un ordre précis : d'abord la date de règlement, puis l'échéance, ensuite le taux d'escompte, puis la valeur de remboursement (presque toujours 100), et enfin la base. Seule cette dernière est facultative, et c'est elle qui change discrètement ton prix selon que tu comptes les jours en 365, en 360 ou en mois de 30.
Garde une chose en tête : l'échéance doit tomber après le règlement, sinon tu récoltes un #NOMBRE! au lieu d'un prix.
règlement
: la date de règlement correspond à la date d'achat effective du titre, c'est-à-dire le jour où tu paies et où le titre entre dans ton portefeuilleEn finance, c'est généralement J+1 ou J+2 après la transaction.
Utilise une référence vers une cellule contenant une date, ou la fonction DATE(année;mois;jour). Évite les dates saisies en texte entre guillemets, qui dépendent des paramètres régionaux.
échéance
: l'échéance représente la date de remboursement du titre, c'est-à-dire le moment où tu recevras la valeur nominale (généralement 100)C'est à cette date que ton titre arrive à maturité et que tu encaisses ton rendement.
Pour les bons du Trésor, les échéances typiques sont 13 semaines, 26 semaines ou 52 semaines. Pour le papier commercial, la durée varie généralement de 1 à 270 jours selon les émetteurs.
Attention : La date d'échéance doit être postérieure à la date de règlement, sinon Excel retourne l'erreur #NOMBRE!.
taux_escompte
: le taux d'escompte annuel du titre, exprimé en décimal (`0,032` pour 3,2 %) ou en pourcentage (`3,2 %`)Ce taux détermine la décote appliquée au titre : plus il est élevé, plus le prix d'achat est bas et plus ton gain est important.
Ce taux doit être strictement positif : un taux négatif ou nul renvoie #NOMBRE!. Retiens qu'il n'est pas strictement équivalent au rendement réel, car il se calcule sur la valeur nominale et non sur le prix payé.
valeur_échéance
: la valeur remboursée à l'échéancePar convention, les prix des titres sont toujours cotés pour une valeur nominale de 100, même si tu achètes pour 10 000 € ou 1 000 000 €.
Dans la quasi-totalité des cas, tu utiliseras donc 100. Pour obtenir le montant réel à décaisser sur un nominal différent, multiplie le résultat par (Montant / 100). Par exemple, pour 200 000 € nominaux à un prix de 99,20 : 99,20 × 2 000 = 198 400 €.
[base]
: le paramètre base définit la convention de calcul des jours utilisée pour déterminer la fraction d'année entre le règlement et l'échéance(facultatif)Ce choix a un impact réel sur le prix, surtout sur les durées courtes.
Les valeurs possibles sont : 0 ou omis (US NASD 30/360), 1 (Réel/Réel), 2 (Réel/360), 3 (Réel/365), 4 (Europe 30/360). Pour les bons du Trésor français, utilise généralement 3 (Réel/365). Pour le papier commercial américain, 2 (Réel/360) est la norme. Une base en dehors de l'intervalle 0 à 4 renvoie #NOMBRE!.

Exemples pratiques pas à pas
Comment calculer le prix d'un titre escompté avec la fonction VALEUR.ENCAISSEMENT
Une salle de marché t'envoie chaque matin une liste de titres escomptés avec leur taux, et rien d'autre. Un taux ne suffit pourtant pas à passer un ordre : il te faut le prix à décaisser pour 100 de nominal, et le comité d'investissement le veut avant l'ouverture. La fonction VALEUR.ENCAISSEMENT transforme chaque taux d'escompte en prix d'achat, ligne par ligne, à partir des seules dates du titre.
- 1Dans une cellule, écris
=VALEUR.ENCAISSEMENT(. - 2En 1er argument : clique sur la date de règlement,
B2. Elle vaut05/01/2025, le jour où tu paies le titre et où il entre dans ton portefeuille. - 3En 2ᵉ argument : clique sur la date d'échéance,
C2. Elle vaut05/07/2025, et c'est l'écart avec le règlement qui fixe la durée sur laquelle la décote se calcule. - 4En 3ᵉ argument : clique sur le taux d'escompte annuel,
D2. Il affiche2,80%. Ce taux s'applique à la valeur de remboursement et non au prix réellement décaissé. Il ne représente donc pas le rendement que tu obtiendras. - 5En 4ᵉ argument : saisis la valeur remboursée à l'échéance,
100. C'est la convention de cotation du marché, où les prix s'expriment toujours pour 100 de nominal quel que soit le montant engagé. - 6Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
=VALEUR.ENCAISSEMENT(B2; C2; D2; 100)98,60 se lit donc directement : 2,80 % appliqués sur une demi-année retirent 1,40 point aux 100 remboursés à l'échéance. Le résultat tombe rond parce que la base a été laissée de côté, ce qui fait compter les six mois pour exactement 180 jours sur 360.Comment changer la convention de jours avec l'argument base de la fonction VALEUR.ENCAISSEMENT
Ton modèle de valorisation a été monté sur des bons du Trésor français, puis on t'a demandé d'y ajouter du papier commercial américain, qui ne compte pas ses jours de la même façon. Les prix affichés se ressemblent tous à la deuxième décimale, et la tentation est grande de considérer que le détail est cosmétique. La fonction VALEUR.ENCAISSEMENT permet de le vérifier en une colonne, en ne faisant varier que la convention de comptage.
- 1Dans une cellule, écris
=VALEUR.ENCAISSEMENT(. - 2En 1er argument : écris la date de règlement avec
DATE(2025;1;5), qui correspond au05/01/2025. La fonction DATE construit une vraie date qu'Excel ne confondra pas avec du texte, contrairement à une saisie entre guillemets. - 3En 2ᵉ argument : écris la date d'échéance avec
DATE(2025;7;5), qui correspond au05/07/2025. Elle reste identique sur toutes les lignes, puisque l'objectif est d'isoler le seul effet de la convention de comptage. - 4En 3ᵉ argument : saisis le taux d'escompte annuel,
2,8%. Il est figé lui aussi, pour la même raison. - 5En 4ᵉ argument : saisis la valeur remboursée à l'échéance,
100. La colonne de droite se lit alors directement en points de pourcentage du pair. - 6En 5ᵉ argument : clique sur la convention de comptage des jours,
A2. C'est le seul paramètre qui change d'une ligne à l'autre, donc le seul responsable des écarts de prix constatés à droite. La première ligne sert de témoin, car elle rend le même prix que l'exemple précédent où la base était omise, ce qui confirme que l'omission équivaut à0et non à1. - 7Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
=VALEUR.ENCAISSEMENT(DATE(2025;1;5); DATE(2025;7;5); 2,8%; 100; A2)98,5922 et le réel/365 à 98,6115, soit 0,0193 point : à peine visible sur la fiche, mais 964,23 € de décaissement en plus ou en moins dès que tu traites 5 millions de nominal.Comment gérer l'erreur #NOMBRE! de la fonction VALEUR.ENCAISSEMENT
Les taux de ton classeur ne sont plus tapés à la main mais récupérés d'un fichier fournisseur, et depuis, quelques cellules affichent une erreur au milieu de prix corrects. Avant de livrer le tableau, tu veux savoir ce que la fonction accepte réellement et ce qu'elle refuse, pour distinguer une donnée manquante d'une vraie faute de paramétrage. La fonction VALEUR.ENCAISSEMENT se révèle franche sur ses refus, à condition de leur donner un message lisible.
- 1Dans une cellule, écris
=SIERREUR(. - 2En 1er argument : écris le calcul à surveiller et referme-le,
VALEUR.ENCAISSEMENT(DATE(2025;1;5); DATE(2025;7;5); B2; 100; C2). Les dates et le nominal100sont écrits en dur, tandis que le taux vient deB2et la base deC2, les deux seules valeurs mises à l'épreuve d'une ligne à l'autre. - 3En 2ᵉ argument : saisis le texte de repli entre guillemets,
"Paramètre hors barème". Il s'affiche à la place de#NOMBRE!dès qu'un taux nul, un taux négatif ou une base hors de0à4fait échouer le calcul. - 4Ferme la parenthèse de SIERREUR et appuie sur Entrée. Celle de VALEUR.ENCAISSEMENT a déjà été refermée dans le premier argument.
=SIERREUR(VALEUR.ENCAISSEMENT(DATE(2025;1;5); DATE(2025;7;5); B2; 100; C2); "Paramètre hors barème")#NOMBRE!, ce qui est plutôt une bonne nouvelle : la fonction ne calcule pas dans le vide quand la donnée n'a pas de sens financier. Un taux d'escompte nul renvoie une erreur au lieu du prix de 100 qu'on pourrait attendre, un taux négatif aussi, et toute base en dehors de 0 à 4 fait de même. Une échéance placée avant le règlement produit exactement la même erreur.
Les erreurs fréquentes avec la fonction VALEUR.ENCAISSEMENT
Ici, les ratés tournent presque tous autour des dates et du taux. Un #NOMBRE! signale une incohérence de valeurs (échéance avant règlement, taux négatif ou nul, base hors de 0 à 4), et un #VALEUR! veut dire qu'Excel n'a pas réussi à lire une date ou un taux faute de vrai format.
Le troisième piège ne déclenche aucune alerte : c'est le nom lui-même. Beaucoup attendent de VALEUR.ENCAISSEMENT le montant encaissé à l'échéance et récupèrent un prix inférieur à 100 sans comprendre pourquoi.
Erreur #NOMBRE! sur les dates ou les valeurs numériques
L'erreur #NOMBRE! survient dans plusieurs situations : la date d'échéance est antérieure ou égale au règlement, le taux d'escompte est négatif ou nul, la valeur d'échéance est négative ou nulle, ou la base est différente de 0, 1, 2, 3 ou 4.
Solution : Vérifie que la date de règlement est bien antérieure à la date d'échéance. Contrôle que ton taux est strictement positif et que la valeur d'échéance dépasse zéro. Assure-toi enfin que la base est un entier compris entre 0 et 4.
Erreur #VALEUR! sur les arguments date ou taux
Cette erreur survient quand Excel ne peut pas interpréter l'un des arguments comme une date ou un nombre valide. Par exemple, une cellule contenant du texte au lieu d'une date, ou une référence vers une cellule vide.
Solution : Vérifie que tes dates sont au format date Excel et non du simple texte, et que tes taux sont bien des nombres. Utilise DATE(année;mois;jour) pour construire des dates fiables et éviter les problèmes de paramètres régionaux.
Le résultat est un prix, pas le montant encaissé
Le nom français induit en erreur : VALEUR.ENCAISSEMENT correspond à PRICEDISC et renvoie le prix d'achat pour 100 de nominal, donc un nombre inférieur à 100. Beaucoup l'utilisent en croyant obtenir la somme créditée à l'échéance.
Solution : Si tu cherches le montant reçu à l'échéance à partir d'une somme investie, c'est VALEUR.NOMINALE (RECEIVED) qu'il te faut : =VALEUR.NOMINALE(règlement; échéance; investissement; taux_escompte; base). Garde VALEUR.ENCAISSEMENT pour valoriser un titre coté en pourcentage du pair.

Astuces avancées avec VALEUR.ENCAISSEMENT
Calcule le rendement réel avec RENDEMENT.SIMPLE
Le taux d'escompte affiché n'est pas le rendement que tu obtiendras réellement. Ton gain se calcule sur le prix payé (inférieur à 100) et non sur la valeur nominale, ce qui donne un rendement toujours un peu supérieur.
Plutôt que de refaire le calcul à la main, enchaîne les deux fonctions : =RENDEMENT.SIMPLE(règlement; échéance; VALEUR.ENCAISSEMENT(règlement; échéance; taux; 100; base); 100; base). Sur un bon escompté à 3,20 % sur 91 jours, tu passes ainsi de 3,20 % affichés à 3,23 % réels.
Calcule le montant réel pour un nominal donné
La fonction retourne toujours le prix pour 100 de nominal. Pour obtenir le montant réel à décaisser sur un nominal différent, multiplie simplement le résultat par (Montant / 100).
Par exemple, pour 200 000 € nominaux avec un prix de 99,20 : =VALEUR.ENCAISSEMENT(...) * 2000 donne 198 404,38 €, et l'écart avec 200 000 € te donne directement ton gain de 1 595,62 €.
Aligne la base sur le marché du titre
Quand tu compares des titres émis dans différents pays, la convention de calcul des jours change le résultat. Les bons du Trésor français utilisent base = 3 (Réel/365), le papier commercial américain base = 2 (Réel/360), et les obligations internationales souvent base = 1 (Réel/Réel).
L'oubli du dernier argument te fait basculer en 30/360 américain sans prévenir : sur le bon à 3 mois de l'exemple 1, le prix passe de 99,20 en base 3 à 99,19 en base par défaut. L'écart paraît minime, mais il se chiffre en dizaines d'euros dès que le nominal grimpe.
Questions fréquentes
Non, et c'est le principal piège de cette fonction. Malgré son nom, VALEUR.ENCAISSEMENT correspond à PRICEDISC et calcule le prix d'achat d'un titre escompté, pour une valeur nominale de 100. Le résultat est donc toujours inférieur à 100. Si tu cherches la somme créditée à l'échéance à partir d'un montant investi, utilise VALEUR.NOMINALE (RECEIVED), qui fait précisément le chemin inverse.
Tu as besoin de quatre informations : la date d'achat (règlement), la date d'échéance, le taux d'escompte annuel et la valeur nominale (généralement 100). Pour un bon à 91 jours escompté à 3,2 %, la formule donne =VALEUR.ENCAISSEMENT(DATE(2025;1;15); DATE(2025;4;16); 3,2%; 100; 3), soit un prix de 99,20.
Utilise base = 3 (Réel/365) pour les bons du Trésor français.
VALEUR.ENCAISSEMENT est conçue pour les titres à escompte, qui ne versent aucun intérêt périodique et sont vendus en dessous du pair. PRIX.TITRE, en revanche, calcule le prix des obligations classiques qui versent des coupons réguliers. La formule est très différente puisqu'elle actualise l'ensemble des flux futurs, coupon par coupon.
Le paramètre base définit la convention de calcul des jours : 0 ou omis = US NASD 30/360, 1 = Réel/Réel, 2 = Réel/360 (standard du papier commercial américain), 3 = Réel/365 (standard des bons du Trésor français), 4 = Europe 30/360.
Ce choix n'est pas cosmétique : sur un bon à 3 mois escompté à 3,2 %, le prix vaut 99,20 en base 3 contre 99,19 en base 0.
C'est normal : les titres escomptés sont toujours vendus en dessous de leur valeur nominale, ce qu'on appelle la décote. Plus le taux d'escompte est élevé et plus l'échéance est lointaine, plus le prix est faible. La différence entre le prix d'achat et 100 représente ton gain. Si tu achètes à 99,20, tu gagnes 0,80 € pour chaque 100 € nominaux à l'échéance.
Oui, toujours. Le taux d'escompte se calcule sur la valeur nominale (100), alors que ton rendement réel se calcule sur le prix payé, forcément inférieur à 100. Sur le bon à 3 mois de l'exemple 1, escompté à 3,20 %, le rendement réel mesuré avec RENDEMENT.SIMPLE ressort à 3,23 %. L'écart reste modeste sur les durées courtes, mais il se creuse quand le taux monte.
Oui, sous son nom anglais PRICEDISC. La syntaxe est identique : PRICEDISC(règlement; échéance; taux_escompte; valeur_échéance; base).
Seul le séparateur d'arguments change selon la langue de l'interface : point-virgule en français, virgule en anglais. Le calcul et les résultats sont exactement les mêmes.
Pour aller plus loin
Continue sur ta lancée après la fonction VALEUR.ENCAISSEMENT : la leçon associée, un modèle prêt à l'emploi et le guide pour progresser.
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