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Qu'est-ce que la fonction VALEUR.ENCAISSEMENT ?

Définition
La fonction VALEUR.ENCAISSEMENT retourne le prix d'achat, pour une valeur nominale de 100, d'un titre escompté qui ne verse pas d'intérêts périodiques mais est remboursé à sa valeur nominale à l'échéance. Elle applique la formule : valeur_échéance × (1 - taux_escompte × jours / base_annuelle).

VALEUR.ENCAISSEMENT (PRICEDISC en anglais) te sert quand tu dois comparer plusieurs titres escomptés entre eux, ou vérifier le prix annoncé par une salle de marché, sans reconstruire à la main la formule d'actualisation sur la décote. Une formule suffit alors à passer du taux affiché au prix réellement à décaisser.

Malgré son nom, elle ne te donne pas le montant encaissé à l'arrivée mais bien le prix payé au départ. Que tu gères une trésorerie d'entreprise, que tu sois trader de marché monétaire ou analyste financier, elle te permet de valoriser tes placements court terme en une formule, avec la convention de comptage des jours qui correspond à ton marché.

Syntaxe

Clique sur un argument pour aller à son explication.

Attention au nom : en français, VALEUR.ENCAISSEMENT calcule un PRIX (PRICEDISC), pas un encaissement. C'est VALEUR.NOMINALE (RECEIVED) qui calcule le montant reçu à l'échéance. Les deux noms français sont contre-intuitifs, mais ils sont bien ceux qu'Excel attend.

Vrai ou faux ?
« VALEUR.ENCAISSEMENT donne le montant que je vais encaisser. » Faux, et le nom français y est pour beaucoup : elle renvoie le prix d'achat pour 100 de nominal, donc une valeur inférieure à 100. Le montant reçu à l'échéance, lui, se calcule avec VALEUR.NOMINALE.
Lucas, la mascotte du Dojo, inspecte les arguments de la fonction à la loupe

Comprendre chaque paramètre de la fonction VALEUR.ENCAISSEMENT

Les cinq arguments arrivent dans un ordre précis : d'abord la date de règlement, puis l'échéance, ensuite le taux d'escompte, puis la valeur de remboursement (presque toujours 100), et enfin la base. Seule cette dernière est facultative, et c'est elle qui change discrètement ton prix selon que tu comptes les jours en 365, en 360 ou en mois de 30.

Garde une chose en tête : l'échéance doit tomber après le règlement, sinon tu récoltes un #NOMBRE! au lieu d'un prix.

1

règlement

: la date de règlement correspond à la date d'achat effective du titre, c'est-à-dire le jour où tu paies et où le titre entre dans ton portefeuille

En finance, c'est généralement J+1 ou J+2 après la transaction.

Utilise une référence vers une cellule contenant une date, ou la fonction DATE(année;mois;jour). Évite les dates saisies en texte entre guillemets, qui dépendent des paramètres régionaux.

2

échéance

: l'échéance représente la date de remboursement du titre, c'est-à-dire le moment où tu recevras la valeur nominale (généralement 100)

C'est à cette date que ton titre arrive à maturité et que tu encaisses ton rendement.

Pour les bons du Trésor, les échéances typiques sont 13 semaines, 26 semaines ou 52 semaines. Pour le papier commercial, la durée varie généralement de 1 à 270 jours selon les émetteurs.

Attention : La date d'échéance doit être postérieure à la date de règlement, sinon Excel retourne l'erreur #NOMBRE!.

3

taux_escompte

: le taux d'escompte annuel du titre, exprimé en décimal (`0,032` pour 3,2 %) ou en pourcentage (`3,2 %`)

Ce taux détermine la décote appliquée au titre : plus il est élevé, plus le prix d'achat est bas et plus ton gain est important.

Ce taux doit être strictement positif : un taux négatif ou nul renvoie #NOMBRE!. Retiens qu'il n'est pas strictement équivalent au rendement réel, car il se calcule sur la valeur nominale et non sur le prix payé.

4

valeur_échéance

: la valeur remboursée à l'échéance

Par convention, les prix des titres sont toujours cotés pour une valeur nominale de 100, même si tu achètes pour 10 000 € ou 1 000 000 €.

Dans la quasi-totalité des cas, tu utiliseras donc 100. Pour obtenir le montant réel à décaisser sur un nominal différent, multiplie le résultat par (Montant / 100). Par exemple, pour 200 000 € nominaux à un prix de 99,20 : 99,20 × 2 000 = 198 400 €.

5

[base]

: le paramètre base définit la convention de calcul des jours utilisée pour déterminer la fraction d'année entre le règlement et l'échéance(facultatif)

Ce choix a un impact réel sur le prix, surtout sur les durées courtes.

Les valeurs possibles sont : 0 ou omis (US NASD 30/360), 1 (Réel/Réel), 2 (Réel/360), 3 (Réel/365), 4 (Europe 30/360). Pour les bons du Trésor français, utilise généralement 3 (Réel/365). Pour le papier commercial américain, 2 (Réel/360) est la norme. Une base en dehors de l'intervalle 0 à 4 renvoie #NOMBRE!.

Lucas, la mascotte du Dojo, fait une démonstration pas à pas de la fonction dans Excel

Exemples pratiques pas à pas

Exemple 1

Comment calculer le prix d'un titre escompté avec la fonction VALEUR.ENCAISSEMENT

Une salle de marché t'envoie chaque matin une liste de titres escomptés avec leur taux, et rien d'autre. Un taux ne suffit pourtant pas à passer un ordre : il te faut le prix à décaisser pour 100 de nominal, et le comité d'investissement le veut avant l'ouverture. La fonction VALEUR.ENCAISSEMENT transforme chaque taux d'escompte en prix d'achat, ligne par ligne, à partir des seules dates du titre.

Les étapes
  1. 1
    Dans une cellule, écris =VALEUR.ENCAISSEMENT(.
  2. 2
    En 1er argument : clique sur la date de règlement, B2. Elle vaut 05/01/2025, le jour où tu paies le titre et où il entre dans ton portefeuille.
  3. 3
    En 2ᵉ argument : clique sur la date d'échéance, C2. Elle vaut 05/07/2025, et c'est l'écart avec le règlement qui fixe la durée sur laquelle la décote se calcule.
  4. 4
    En 3ᵉ argument : clique sur le taux d'escompte annuel, D2. Il affiche 2,80%. Ce taux s'applique à la valeur de remboursement et non au prix réellement décaissé. Il ne représente donc pas le rendement que tu obtiendras.
  5. 5
    En 4ᵉ argument : saisis la valeur remboursée à l'échéance, 100. C'est la convention de cotation du marché, où les prix s'expriment toujours pour 100 de nominal quel que soit le montant engagé.
  6. 6
    Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
Au final, ta formule devrait ressembler à ça :=VALEUR.ENCAISSEMENT(B2; C2; D2; 100)
Explication
La fonction retranche la décote du pair, sans jamais actualiser le moindre coupon, puisqu'un titre escompté n'en verse aucun. Le prix de 98,60 se lit donc directement : 2,80 % appliqués sur une demi-année retirent 1,40 point aux 100 remboursés à l'échéance. Le résultat tombe rond parce que la base a été laissée de côté, ce qui fait compter les six mois pour exactement 180 jours sur 360.
Exemple 2

Comment changer la convention de jours avec l'argument base de la fonction VALEUR.ENCAISSEMENT

Ton modèle de valorisation a été monté sur des bons du Trésor français, puis on t'a demandé d'y ajouter du papier commercial américain, qui ne compte pas ses jours de la même façon. Les prix affichés se ressemblent tous à la deuxième décimale, et la tentation est grande de considérer que le détail est cosmétique. La fonction VALEUR.ENCAISSEMENT permet de le vérifier en une colonne, en ne faisant varier que la convention de comptage.

Les étapes
  1. 1
    Dans une cellule, écris =VALEUR.ENCAISSEMENT(.
  2. 2
    En 1er argument : écris la date de règlement avec DATE(2025;1;5), qui correspond au 05/01/2025. La fonction DATE construit une vraie date qu'Excel ne confondra pas avec du texte, contrairement à une saisie entre guillemets.
  3. 3
    En 2ᵉ argument : écris la date d'échéance avec DATE(2025;7;5), qui correspond au 05/07/2025. Elle reste identique sur toutes les lignes, puisque l'objectif est d'isoler le seul effet de la convention de comptage.
  4. 4
    En 3ᵉ argument : saisis le taux d'escompte annuel, 2,8%. Il est figé lui aussi, pour la même raison.
  5. 5
    En 4ᵉ argument : saisis la valeur remboursée à l'échéance, 100. La colonne de droite se lit alors directement en points de pourcentage du pair.
  6. 6
    En 5ᵉ argument : clique sur la convention de comptage des jours, A2. C'est le seul paramètre qui change d'une ligne à l'autre, donc le seul responsable des écarts de prix constatés à droite. La première ligne sert de témoin, car elle rend le même prix que l'exemple précédent où la base était omise, ce qui confirme que l'omission équivaut à 0 et non à 1.
  7. 7
    Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
Voici la formule que tu obtiens à la fin :=VALEUR.ENCAISSEMENT(DATE(2025;1;5); DATE(2025;7;5); 2,8%; 100; A2)
Explication
Cinq bases, mais seulement trois prix distincts, et c'est instructif. Les deux conventions à mois de 30 jours tombent au même endroit, tout comme le réel/réel et le réel/365, puisque 2025 n'est pas bissextile. Le vrai écart se joue entre le réel/360 à 98,5922 et le réel/365 à 98,6115, soit 0,0193 point : à peine visible sur la fiche, mais 964,23 € de décaissement en plus ou en moins dès que tu traites 5 millions de nominal.
Exemple 3

Comment gérer l'erreur #NOMBRE! de la fonction VALEUR.ENCAISSEMENT

Les taux de ton classeur ne sont plus tapés à la main mais récupérés d'un fichier fournisseur, et depuis, quelques cellules affichent une erreur au milieu de prix corrects. Avant de livrer le tableau, tu veux savoir ce que la fonction accepte réellement et ce qu'elle refuse, pour distinguer une donnée manquante d'une vraie faute de paramétrage. La fonction VALEUR.ENCAISSEMENT se révèle franche sur ses refus, à condition de leur donner un message lisible.

Les étapes
  1. 1
    Dans une cellule, écris =SIERREUR(.
  2. 2
    En 1er argument : écris le calcul à surveiller et referme-le, VALEUR.ENCAISSEMENT(DATE(2025;1;5); DATE(2025;7;5); B2; 100; C2). Les dates et le nominal 100 sont écrits en dur, tandis que le taux vient de B2 et la base de C2, les deux seules valeurs mises à l'épreuve d'une ligne à l'autre.
  3. 3
    En 2ᵉ argument : saisis le texte de repli entre guillemets, "Paramètre hors barème". Il s'affiche à la place de #NOMBRE! dès qu'un taux nul, un taux négatif ou une base hors de 0 à 4 fait échouer le calcul.
  4. 4
    Ferme la parenthèse de SIERREUR et appuie sur Entrée. Celle de VALEUR.ENCAISSEMENT a déjà été refermée dans le premier argument.
Une fois les morceaux assemblés, ta formule donne ça :=SIERREUR(VALEUR.ENCAISSEMENT(DATE(2025;1;5); DATE(2025;7;5); B2; 100; C2); "Paramètre hors barème")
Explication
Les trois refus tombent tous sous le même code #NOMBRE!, ce qui est plutôt une bonne nouvelle : la fonction ne calcule pas dans le vide quand la donnée n'a pas de sens financier. Un taux d'escompte nul renvoie une erreur au lieu du prix de 100 qu'on pourrait attendre, un taux négatif aussi, et toute base en dehors de 0 à 4 fait de même. Une échéance placée avant le règlement produit exactement la même erreur.
Le savais-tu ?
Le taux d'escompte n'est pas ton vrai rendement : il se calcule sur la valeur nominale de 100, alors que tu paies moins de 100. Sur un bon à 3 mois escompté à 3,20 %, le rendement réellement obtenu ressort à 3,23 %.
Lucas, la mascotte du Dojo, l'air gêné face à une erreur Excel

Les erreurs fréquentes avec la fonction VALEUR.ENCAISSEMENT

Ici, les ratés tournent presque tous autour des dates et du taux. Un #NOMBRE! signale une incohérence de valeurs (échéance avant règlement, taux négatif ou nul, base hors de 0 à 4), et un #VALEUR! veut dire qu'Excel n'a pas réussi à lire une date ou un taux faute de vrai format.

Le troisième piège ne déclenche aucune alerte : c'est le nom lui-même. Beaucoup attendent de VALEUR.ENCAISSEMENT le montant encaissé à l'échéance et récupèrent un prix inférieur à 100 sans comprendre pourquoi.

Erreur #NOMBRE! sur les dates ou les valeurs numériques

L'erreur #NOMBRE! survient dans plusieurs situations : la date d'échéance est antérieure ou égale au règlement, le taux d'escompte est négatif ou nul, la valeur d'échéance est négative ou nulle, ou la base est différente de 0, 1, 2, 3 ou 4.

Solution : Vérifie que la date de règlement est bien antérieure à la date d'échéance. Contrôle que ton taux est strictement positif et que la valeur d'échéance dépasse zéro. Assure-toi enfin que la base est un entier compris entre 0 et 4.

Erreur #VALEUR! sur les arguments date ou taux

Cette erreur survient quand Excel ne peut pas interpréter l'un des arguments comme une date ou un nombre valide. Par exemple, une cellule contenant du texte au lieu d'une date, ou une référence vers une cellule vide.

Solution : Vérifie que tes dates sont au format date Excel et non du simple texte, et que tes taux sont bien des nombres. Utilise DATE(année;mois;jour) pour construire des dates fiables et éviter les problèmes de paramètres régionaux.

Le résultat est un prix, pas le montant encaissé

Le nom français induit en erreur : VALEUR.ENCAISSEMENT correspond à PRICEDISC et renvoie le prix d'achat pour 100 de nominal, donc un nombre inférieur à 100. Beaucoup l'utilisent en croyant obtenir la somme créditée à l'échéance.

Solution : Si tu cherches le montant reçu à l'échéance à partir d'une somme investie, c'est VALEUR.NOMINALE (RECEIVED) qu'il te faut : =VALEUR.NOMINALE(règlement; échéance; investissement; taux_escompte; base). Garde VALEUR.ENCAISSEMENT pour valoriser un titre coté en pourcentage du pair.

Lucas, la mascotte du Dojo, avec une ampoule, partage des astuces avancées

Astuces avancées avec VALEUR.ENCAISSEMENT

1Astuce

Calcule le rendement réel avec RENDEMENT.SIMPLE

Le taux d'escompte affiché n'est pas le rendement que tu obtiendras réellement. Ton gain se calcule sur le prix payé (inférieur à 100) et non sur la valeur nominale, ce qui donne un rendement toujours un peu supérieur.
Plutôt que de refaire le calcul à la main, enchaîne les deux fonctions : =RENDEMENT.SIMPLE(règlement; échéance; VALEUR.ENCAISSEMENT(règlement; échéance; taux; 100; base); 100; base). Sur un bon escompté à 3,20 % sur 91 jours, tu passes ainsi de 3,20 % affichés à 3,23 % réels.

2Astuce

Calcule le montant réel pour un nominal donné

La fonction retourne toujours le prix pour 100 de nominal. Pour obtenir le montant réel à décaisser sur un nominal différent, multiplie simplement le résultat par (Montant / 100).
Par exemple, pour 200 000 € nominaux avec un prix de 99,20 : =VALEUR.ENCAISSEMENT(...) * 2000 donne 198 404,38 €, et l'écart avec 200 000 € te donne directement ton gain de 1 595,62 €.

3Astuce

Aligne la base sur le marché du titre

Quand tu compares des titres émis dans différents pays, la convention de calcul des jours change le résultat. Les bons du Trésor français utilisent base = 3 (Réel/365), le papier commercial américain base = 2 (Réel/360), et les obligations internationales souvent base = 1 (Réel/Réel).
L'oubli du dernier argument te fait basculer en 30/360 américain sans prévenir : sur le bon à 3 mois de l'exemple 1, le prix passe de 99,20 en base 3 à 99,19 en base par défaut. L'écart paraît minime, mais il se chiffre en dizaines d'euros dès que le nominal grimpe.

FAQ

Questions fréquentes

Non, et c'est le principal piège de cette fonction. Malgré son nom, VALEUR.ENCAISSEMENT correspond à PRICEDISC et calcule le prix d'achat d'un titre escompté, pour une valeur nominale de 100. Le résultat est donc toujours inférieur à 100. Si tu cherches la somme créditée à l'échéance à partir d'un montant investi, utilise VALEUR.NOMINALE (RECEIVED), qui fait précisément le chemin inverse.

Ressources

Pour aller plus loin

Continue sur ta lancée après la fonction VALEUR.ENCAISSEMENT : la leçon associée, un modèle prêt à l'emploi et le guide pour progresser.

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