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Qu'est-ce que la fonction TRI.PAIEMENTS ?

Définition
La fonction TRI.PAIEMENTS calcule le taux de rendement interne pour des flux de trésorerie irréguliers associés à des dates exactes. Elle renvoie un taux annualisé.

TRI.PAIEMENTS (XIRR en anglais) te sert dès que TRI donnerait un taux trompeur, parce qu'il suppose des flux régulièrement espacés alors que tes encaissements réels tombent quand ils tombent. Tu t'en sers pour comparer honnêtement un investissement à dates irrégulières à un placement classique, sans lisser artificiellement le calendrier réel de tes flux.

C'est l'outil parfait pour évaluer un investissement immobilier avec des loyers variables, un projet industriel dont les revenus arrivent au fil des livraisons, ou la performance réelle d'un portefeuille alimenté par des versements échelonnés. Elle renvoie un taux annualisé qui tient compte de chaque euro investi et du temps exact pendant lequel il a travaillé.

Syntaxe

=TRI.PAIEMENTS(valeurs; dates; [estimation])

Clique sur un argument pour aller à son explication.

TRI.PAIEMENTS utilise un algorithme itératif (jusqu'à 100 passes). Si les flux sont très complexes ou si l'estimation de départ est trop éloignée, Excel peut ne pas converger et renvoyer #NUM!. Fournir une estimation explicite (ex. 0,1) résout souvent le problème.

Le savais-tu ?
Là où TRI réclame des flux à intervalles réguliers, TRI.PAIEMENTS colle une date exacte à chaque mouvement d'argent. Le taux renvoyé tient donc compte du temps réel pendant lequel chaque euro a travaillé.
Lucas, la mascotte du Dojo, inspecte les arguments de la fonction à la loupe

Comprendre chaque paramètre de la fonction TRI.PAIEMENTS

1

valeurs

: plage ou tableau contenant tous tes flux de trésorerie : les investissements sont des montants négatifs, les revenus des montants positifs

Chaque valeur correspond à un mouvement d'argent à une date précise définie dans le paramètre dates.

Par exemple, si tu achètes un appartement pour 150 000 € (flux négatif), puis perçois des loyers irréguliers et revendes à terme, chacune de ces opérations sera une valeur distincte dans ton tableau.

Attention : Ton tableau doit contenir au moins un flux positif et un flux négatif. Sans ce contraste, Excel ne peut pas calculer de taux de rendement et renvoie #NUM!.

2

dates

: plage de dates correspondant exactement à chaque flux de trésorerie

L'ordre et la précision sont cruciaux : TRI.PAIEMENTS calcule les intervalles réels entre chaque opération pour annualiser le taux correctement.

Les dates doivent être au format Excel standard (numéro de série ou fonction DATE). La première date est généralement celle de ton investissement initial. Je te conseille de les ranger chronologiquement pour éviter les erreurs.

3

[estimation]

: valeur de départ pour l'algorithme itératif(facultatif)

Si tu l'omets, Excel utilise 0,1 (10%). Dans la plupart des cas, tu peux ignorer ce paramètre.

Cependant, si tu obtiens une erreur #NUM! avec des flux complexes, essaie de fournir une estimation plus proche de la réalité : 0,08 pour un rendement modéré de 8%, ou 0,2 pour un projet à fort rendement attendu.

Lucas, la mascotte du Dojo, fait une démonstration pas à pas de la fonction dans Excel

Exemples pratiques pas à pas

Exemple 1

Comment calculer le taux de rentabilité interne de flux datés avec la fonction TRI.PAIEMENTS

Tu as acheté un T2 150 000 € début 2020, encaissé dix-sept loyers à des dates qui n'ont jamais rien eu de régulier, puis revendu le bien 175 000 € le dernier jour de 2023. Ton banquier veut un taux annuel comparable à celui d'un placement financier, et non un total de gains. La fonction TRI.PAIEMENTS le calcule à partir du calendrier réel, en tenant compte du jour exact où chaque euro est entré ou sorti.

Les étapes
  1. 1
    Dans une cellule, écris =TRI.PAIEMENTS(.
  2. 2
    En 1er argument : sélectionne la plage des flux de trésorerie, B2:B19. L'achat y figure en négatif et les loyers en positif. Ce contraste de signes n'est pas décoratif, car la fonction résout une équation qui réclame au moins une sortie et une entrée, et une plage entièrement positive renvoie #NOMBRE!.
  3. 3
    En 2ᵉ argument : sélectionne la plage des dates, A2:A19, qui doit contenir de vraies dates Excel et compter autant de cellules que la plage de flux. Sa première ligne, le 1er janvier 2020, sert d'origine à toute l'actualisation et doit rester la plus ancienne, faute de quoi la fonction s'arrête sur #NOMBRE! au lieu de réordonner les lignes toute seule.
  4. 4
    Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
Au final, ta formule devrait ressembler à ça :=TRI.PAIEMENTS(B2:B19; A2:A19)
Explication
La fonction cherche le taux annuel unique qui, appliqué à chaque flux selon le nombre de jours qui le sépare du 1er janvier 2020, ramènerait la somme de tout le tableau à zéro. Ce taux vaut ici 0,3025, soit environ 30 % par an, une fois les loyers et la plus-value de revente pris ensemble. Chaque loyer pèse d'autant plus lourd qu'il est encaissé tôt, ce qu'aucun calcul sur le seul gain final ne saurait refléter.
Exemple 2

Comment un calendrier de dates réelles change le taux rendu par la fonction TRI.PAIEMENTS

Un même projet peut afficher deux taux de rentabilité très différents selon la fonction qui le calcule, et l'écart n'a rien d'une question de réglage. Le tableau ci-dessous prend trois flux volontairement simples, dont le premier retour tombe à six mois, pour rendre la mécanique visible. La fonction TRI.PAIEMENTS lit le calendrier réel, ce qui est exactement ce qui la distingue de sa sœur à périodes égales.

Les étapes
  1. 1
    Dans une cellule, écris =TRI.PAIEMENTS(.
  2. 2
    En 1er argument : sélectionne la plage des trois flux, B2:B4. Ce sont les mêmes montants qu'on donnerait à n'importe quelle fonction de rentabilité, un décaissement de 10 000 € suivi de deux encaissements de 6 000 €.
  3. 3
    En 2ᵉ argument : sélectionne la plage des dates, A2:A4, et c'est elle seule qui fait toute la différence. Sans ces dates, le calcul supposerait deux retours espacés d'un an, alors que le premier tombe six mois après l'investissement. Cette plage impose aussi la base de calcul, le nombre de jours réels rapporté à 365, si bien que le taux rendu est toujours annuel quelle que soit la durée du projet.
  4. 4
    Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
Voici la formule que tu obtiens à la fin :=TRI.PAIEMENTS(B2:B4; A2:A4)
Explication
Sur ces trois montants, la fonction rend 27,82 % par an parce qu'elle voit que le premier retour arrive au bout de six mois seulement, et le second au bout d'un an. La fonction TRI, elle, ignore les dates et suppose trois périodes de longueur égale : elle annonce 13,07 %, un taux par période que rien ne rattache à une durée réelle. Les montants sont pourtant rigoureusement les mêmes, seule la lecture du temps change.
Exemple 3

Comment éviter l'erreur #NOMBRE! sur les dates et les flux avec la fonction TRI.PAIEMENTS

Ta colonne de rentabilité affiche #NOMBRE! sur plusieurs projets et rien ne saute aux yeux dans les données, qui semblent complètes et correctement saisies. Cette fonction est exigeante sur trois points précis, dont un que personne ne devine du premier coup. Le tableau ci-dessous isole le plus fréquent des trois, en mettant côte à côte les mêmes montants avec et sans le signe de l'investissement.

Les étapes
  1. 1
    Dans une cellule, écris =TRI.PAIEMENTS(.
  2. 2
    En 1er argument : sélectionne la plage des flux, B2:B4, qui doit mêler au moins une valeur négative et une valeur positive. Pointée sur C2:C4, où l'investissement a perdu son signe, elle renvoie #NOMBRE!.
  3. 3
    En 2ᵉ argument : sélectionne la plage des dates, A2:A4, qui doit compter autant de cellules que la plage de flux et s'ouvrir sur la date la plus ancienne. Cette première date sert d'origine au calcul, si bien qu'un tri par montant décroissant, qui placerait le 01/07/2024 en tête, casserait la formule sans qu'aucune donnée ne soit fausse. Une plage de dates plus courte que celle des flux renvoie elle aussi #NOMBRE! alors que les deux colonnes paraissent complètes à l'écran.
  4. 4
    Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
Une fois les morceaux assemblés, ta formule donne ça :=TRI.PAIEMENTS(B2:B4; A2:A4)
Explication
La colonne B rend 26,13 % pendant que la colonne C, dont les montants sont identiques au signe près, s'arrête sur #NOMBRE!. Un taux de rentabilité suppose en effet du capital engagé, donc au moins un flux négatif : sans lui, il n'y a aucune équation à résoudre. C'est l'accident classique d'un export qui a perdu le signe de l'investissement en cours de route.
Le conseil du pro
Pour un TRI fidèle, fais entrer tous les flux réels dans ton tableau : frais de notaire, travaux, taxe foncière, charges. Plus ton relevé est complet, plus le taux reflète la vraie performance.
Lucas, la mascotte du Dojo, l'air gêné face à une erreur Excel

Les erreurs fréquentes avec la fonction TRI.PAIEMENTS

Erreur #NUM! : calcul impossible après 100 itérations

Excel ne parvient pas à converger vers un taux de rendement. Causes fréquentes : tous les flux sont du même signe (uniquement positifs ou uniquement négatifs), les dates sont incohérentes, ou la série de flux est trop complexe pour que l'estimation par défaut de 10% serve de point de départ.

Solution : Vérifie d'abord que tu as au moins un flux négatif et un flux positif. Ensuite, fournis une estimation explicite plus proche de la réalité : =TRI.PAIEMENTS(valeurs; dates; 0,1). Si l'erreur persiste, teste avec 0,05 ou 0,3.

Erreur #VALEUR! : données mal formatées

L'une des plages contient des dates stockées en texte, des valeurs non numériques, ou les deux plages valeurs et dates n'ont pas le même nombre de cellules.

Solution : Convertis les dates texte avec DATEVAL et les valeurs texte avec CNUM. Assure-toi que les deux plages couvrent exactement le même nombre de cellules.

Erreur #NOM? : fonction non reconnue

La version d'Excel installée ne reconnaît pas TRI.PAIEMENTS. Cette fonction existe depuis Excel 2013.

Solution : Vérifie que tu utilises Excel 2013 ou une version ultérieure. Sur Google Sheets, la fonction équivalente est XIRR avec la même syntaxe.

Lucas, la mascotte du Dojo, avec une ampoule, partage des astuces avancées

Astuces avancées avec TRI.PAIEMENTS

1Astuce

Toujours vérifier la cohérence des signes avant de lancer le calcul

Les investissements (sorties d'argent) doivent être négatifs, les revenus (entrées) positifs. Une inversion de signe peut complètement fausser le résultat ou générer une #NUM! sans raison apparente.
Prends l'habitude de parcourir visuellement ta colonne de flux avant de saisir =TRI.PAIEMENTS : c'est la cause numéro un des erreurs inexpliquées.

2Astuce

Comparer le TRI au coût du capital, jamais isolément

Un TRI seul ne dit rien sans référence. Compare-le toujours à ton coût du capital (WACC) ou à un taux de référence : si TRI est supérieur au coût du capital, le projet crée de la valeur ; s'il est inférieur, il en détruit.
Utilise =TRI.PAIEMENTS(...) en parallèle avec VAN pour avoir à la fois le taux et la valeur en euros créée.

3Astuce

Documenter les hypothèses du modèle

Dans un fichier professionnel, ajoute une feuille ou une colonne d'explication : d'où vient chaque flux, quelles charges sont incluses, comment la valeur finale a été estimée.
Cela rend ton =TRI.PAIEMENTS auditable et compréhensible par n'importe quel interlocuteur.

Lucas, la mascotte du Dojo, compare deux fonctions Excel

TRI.PAIEMENTS vs TRI vs VAN

Ces trois fonctions financières sont complémentaires. TRI.PAIEMENTS est le plus précis pour les flux réels, TRI convient aux flux réguliers, et VAN donne la valeur absolue en euros.

CritèreTRI.PAIEMENTSTRIVAN
Type de fluxIrréguliers avec dates exactesPériodiques réguliersPériodiques ou irréguliers
RésultatTaux de rendement annualiséTaux de rendementValeur absolue en euros
Paramètre cléDates exactes obligatoiresPériodicité fixe impliciteTaux d'actualisation requis
Cas d'usage typiqueImmobilier, private equityObligations, rentes fixesComparaison de projets à taux connu
CompatibilitéExcel 2013+Toutes versionsToutes versions
FAQ

Questions fréquentes

TRI exige des flux à intervalles réguliers (mensuels, annuels), tandis que TRI.PAIEMENTS gère des flux irréguliers avec des dates spécifiques. TRI.PAIEMENTS est plus adapté aux investissements réels où les encaissements et décaissements ne suivent pas un calendrier fixe, comme un bien immobilier avec des loyers impayés ou des travaux imprévus.

Ressources

Pour aller plus loin

Continue sur ta lancée après la fonction TRI.PAIEMENTS : la leçon associée, un modèle prêt à l'emploi et le guide pour progresser.

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