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Qu'est-ce que la fonction VALEUR.NOMINALE ?

Définition
La fonction VALEUR.NOMINALE calcule le montant encaissé à l'échéance d'un titre à escompte entièrement investi, en appliquant un taux d'escompte annuel sur la durée du placement. Elle retourne : investissement / (1 - taux_escompte × jours / base_annuelle).

Tu sors VALEUR.NOMINALE (RECEIVED en anglais) dès que tu dois anticiper précisément un encaissement sur un placement court terme, comme un bon du Trésor ou un billet de trésorerie, pour construire un prévisionnel de trésorerie fiable au centime près.

Elle est essentielle pour les trésoriers, comptables et investisseurs qui gèrent des placements court terme et doivent anticiper précisément leurs encaissements. Attention au nom, qui prête à confusion : c'est bien elle qui calcule l'encaissement, pas VALEUR.ENCAISSEMENT.

Syntaxe

Clique sur un argument pour aller à son explication.

Ne te fie pas aux noms français, qui sont inversés par rapport à l'intuition : VALEUR.NOMINALE correspond à RECEIVED et donne le montant reçu, tandis que VALEUR.ENCAISSEMENT correspond à PRICEDISC et donne un prix. Les deux fonctions sont réciproques.

Vrai ou faux ?
« Pour connaître mon encaissement, je prends VALEUR.ENCAISSEMENT. » Faux, aussi surprenant que ce soit : c'est VALEUR.NOMINALE qui renvoie le montant reçu à l'échéance. VALEUR.ENCAISSEMENT, elle, calcule un prix d'achat pour 100 de nominal.
Lucas, la mascotte du Dojo, inspecte les arguments de la fonction à la loupe

Comprendre chaque paramètre de la fonction VALEUR.NOMINALE

Les quatre premiers arguments se suivent dans un ordre que tu ne peux pas inverser : la date d'achat, puis la date d'échéance, ensuite la somme placée et enfin le taux d'escompte. Seule la base de calcul des jours, en cinquième position, est facultative ; si tu l'omets, Excel applique d'office la convention 30/360 (base 0), alors qu'en France on préfère presque toujours la base 1 réel/réel.

1

règlement

: le règlement correspond à la date d'achat ou d'acquisition du titre

C'est le jour où tu investis ton argent dans le placement. Cette date doit être au format date Excel reconnaissable : une référence de cellule contenant une date, ou une fonction comme DATE(2024;2;15).

Par exemple, si tu achètes un billet de trésorerie le 15 février 2024, tu saisis DATE(2024;2;15). La date de règlement doit toujours être antérieure à la date d'échéance.

2

échéance

: l'échéance est la date à laquelle le titre arrive à maturité et où tu reçois le remboursement

C'est le jour où ton placement te rapporte son montant final, incluant ton investissement initial plus les intérêts calculés selon le taux d'escompte.

Cette date doit obligatoirement être postérieure à la date de règlement. Le nombre de jours entre les deux dates détermine la durée du placement et influence directement le montant que tu vas recevoir.

Attention : Si la date d'échéance est antérieure ou égale à la date de règlement, Excel retourne l'erreur #NOMBRE! car le calcul devient mathématiquement impossible.

3

investissement

: l'investissement représente le montant que tu paies pour acquérir le titre

C'est la somme que tu places initialement et qui te sera remboursée à l'échéance, augmentée des intérêts. Ce montant doit être strictement positif : une valeur négative ou nulle renvoie #NOMBRE!.

Par exemple, si tu places 95 000 € dans un billet de trésorerie, c'est ce montant que tu saisis ici. La différence entre cet investissement et le résultat de la fonction correspond à ton gain sur l'opération.

4

taux_escompte

: le taux_escompte est le taux d'escompte annuel appliqué au titre

Il doit être exprimé en décimal (0,035 pour 3,5 %) ou en pourcentage (3,5 %). Ce taux détermine le rendement de ton placement et donc le montant final que tu recevras.

Il est généralement fixé au moment de l'émission et reflète les conditions de marché ainsi que le profil de risque de l'émetteur. Plus le taux est élevé, plus le montant encaissé à l'échéance est important.

Attention : Le taux doit être strictement positif. Un taux négatif ou nul génère l'erreur #NOMBRE!, car la formule diviserait alors par un dénominateur sans signification économique.

5

[base]

: le paramètre base est optionnel et définit la convention de calcul des jours utilisée pour déterminer la durée du placement(facultatif)

Il influence le nombre de jours comptés entre le règlement et l'échéance, et donc le montant des intérêts.

Les valeurs possibles sont : 0 ou omis = US (NASD) 30/360 ; 1 = Réel/réel ; 2 = Réel/360 ; 3 = Réel/365 ; 4 = Européenne 30/360. En France, on utilise généralement la base 1 pour les titres de créances négociables. L'écart n'est pas anecdotique : sur un placement de 95 000 € à 3,5 % sur 90 jours, tu obtiens 95 824,72 € en base 1 contre 95 838,59 € en base par défaut.

Le conseil du pro
Si tu omets le dernier argument, Excel applique d'office la base 30/360 (base 0). Pour un titre français comme un bon du Trésor ou un TCN, précise la base 1 (réel/réel) : sur un placement de 95 000 € à 3,5 %, l'oubli déplace le résultat de 95 824,72 € à 95 838,59 €.
Lucas, la mascotte du Dojo, fait une démonstration pas à pas de la fonction dans Excel

Exemples pratiques pas à pas

Exemple 1

Comment calculer le montant reçu à l'échéance avec la fonction VALEUR.NOMINALE

Trois placements de trésorerie arrivent à échéance ce trimestre, et le prévisionnel qui part au comité de direction demain doit annoncer les montants au centime près. Tu connais les sommes engagées et les taux d'escompte, mais pas ce qui sera réellement crédité, et un écart de quelques centaines d'euros suffit à fausser une décision de financement. La fonction VALEUR.NOMINALE donne le montant exact de chaque encaissement à partir de la somme placée.

Les étapes
  1. 1
    Dans une cellule, écris =VALEUR.NOMINALE(.
  2. 2
    En 1er argument : clique sur la date de règlement, B2. Elle vaut 15/02/2024, le jour où l'argent quitte le compte pour acheter le titre.
  3. 3
    En 2ᵉ argument : clique sur la date d'échéance, C2. Elle vaut 15/05/2024, et les 90 jours qui la séparent du règlement commandent tout le calcul de la décote.
  4. 4
    En 3ᵉ argument : clique sur la somme placée, D2. Elle affiche 95 000 €, la somme réellement décaissée, là où VALEUR.ENCAISSEMENT attendrait à cette place une valeur de remboursement pour 100 de nominal.
  5. 5
    En 4ᵉ argument : clique sur le taux d'escompte annuel, E2. Il vaut 3,50 % et doit être strictement positif. Comme il s'applique à la valeur de remboursement, le rendement réellement obtenu sur la somme engagée ressort un peu au-dessus.
  6. 6
    En 5ᵉ argument : saisis la convention de comptage des jours, 1. C'est le réel/réel, adapté aux titres français comptés en jours calendaires. L'omettre basculerait le calcul en 30/360 américain sans prévenir.
  7. 7
    Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
Au final, ta formule devrait ressembler à ça :=VALEUR.NOMINALE(B2; C2; D2; E2; 1)
Explication
La fonction ne majore pas l'investissement d'un intérêt, elle le divise par ce qui reste du pair une fois la décote retirée, ce qui n'est pas la même opération. Sur la première ligne, les 95 000 € engagés reviennent à 95 824,72 € au bout de 90 jours, soit un gain de 824,72 €. C'est aussi pour ça que le résultat dépasse toujours l'investissement : si tu obtiens un montant inférieur, c'est que tu as pris la fonction voisine.
Exemple 2

Comment choisir la convention de jours avec l'argument base de la fonction VALEUR.NOMINALE

Ton contrôleur externe reprend le calcul d'un placement à sept mois et tombe sur un montant qui s'écarte du tien d'une trentaine d'euros. Personne n'a fait de faute de frappe : vous n'avez simplement pas compté les jours de la même manière, et l'un de vous a laissé Excel choisir à sa place. La fonction VALEUR.NOMINALE rend l'arbitrage visible en une colonne, en ne faisant bouger que la convention.

Les étapes
  1. 1
    Dans une cellule, écris =VALEUR.NOMINALE(.
  2. 2
    En 1er argument : écris la date de règlement avec DATE(2024;1;31), qui correspond au 31/01/2024. Cette date tombe sur un 31, choisi exprès pour que les conventions de comptage se séparent nettement.
  3. 3
    En 2ᵉ argument : écris la date d'échéance avec DATE(2024;8;31), qui correspond au 31/08/2024. Sur un trimestre calé sur des mois pleins, plusieurs bases rendraient le même montant et la comparaison ne prouverait rien.
  4. 4
    En 3ᵉ argument : saisis la somme placée, 95000. Elle reste figée sur toutes les lignes.
  5. 5
    En 4ᵉ argument : saisis le taux d'escompte annuel, 3,5%. Il est figé lui aussi, pour ne faire varier qu'une seule chose à la fois.
  6. 6
    En 5ᵉ argument : clique sur la convention de comptage des jours, A2. La colonne balaie les bases de 0 à 4, et la ligne 0 (ou omis) sert de témoin. Elle rend le même montant qu'en laissant l'argument de côté, ce qui confirme que la valeur par défaut est 0 et non 1.
  7. 7
    Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
Voici la formule que tu obtiens à la fin :=VALEUR.NOMINALE(DATE(2024;1;31); DATE(2024;8;31); 95000; 3,5%; A2)
Explication
Le même placement rend quatre montants différents selon la seule convention retenue, sur une fourchette de 33,61 € entre le réel/360 et le réel/réel. Les deux conventions à mois de 30 jours comptent 210 jours là où le calendrier en compte 213, et le réel/réel divise par 366 puisque 2024 est bissextile. Le piège tient à ce que la base par défaut ne soit pas une absence de convention : omettre l'argument revient à choisir le 30/360 américain.
Exemple 3

Comment gérer l'erreur #NOMBRE! de la fonction VALEUR.NOMINALE

Ton tableau de placements est alimenté par un export bancaire, et certaines lignes remontent incomplètes : un taux à zéro quand le titre n'a pas encore été coté, un montant vide quand l'opération est en cours de dénouement. Ces lignes cassent le total du prévisionnel et personne ne sait dire si le problème vient de la formule ou de la donnée. La fonction VALEUR.NOMINALE refuse assez franchement pour qu'on puisse traiter le cas proprement.

Les étapes
  1. 1
    Dans une cellule, écris =SIERREUR(.
  2. 2
    En 1er argument : écris le calcul à surveiller et referme-le, VALEUR.NOMINALE(B2; C2; D2; E2; 1). Chacun de ses paramètres est cette fois pris dans une colonne du tableau, sauf la base laissée à 1, pour que chaque ligne mette à l'épreuve un cas de saisie différent. La dernière ligne intervertit B2 et C2, et cette seule inversion des dates suffit à faire échouer le calcul.
  3. 3
    En 2ᵉ argument : saisis le texte de repli entre guillemets, "Donnée à vérifier". Comme un taux nul, un investissement nul ou des dates inversées produisent tous le même #NOMBRE!, ce message renvoie vers la ligne de saisie plutôt que de prétendre nommer la faute.
  4. 4
    Ferme la parenthèse de SIERREUR et appuie sur Entrée. Celle de VALEUR.NOMINALE a déjà été refermée dans le premier argument.
Une fois les morceaux assemblés, ta formule donne ça :=SIERREUR(VALEUR.NOMINALE(B2; C2; D2; E2; 1); "Donnée à vérifier")
Explication
Les trois refus partagent le même code #NOMBRE!, ce qui rend le diagnostic un peu aveugle mais garantit au moins qu'aucun chiffre faux ne passe. Un taux d'escompte à zéro échoue au lieu de rendre les 95 000 € de départ, un investissement nul échoue aussi, et une échéance antérieure au règlement produit la même erreur. Une base en dehors de 0 à 4 complète la liste.
Lucas, la mascotte du Dojo, l'air gêné face à une erreur Excel

Les erreurs fréquentes avec la fonction VALEUR.NOMINALE

Trois codes reviennent ici, et le #NOMBRE! arrive en tête : il se déclenche dès qu'une donnée n'a pas de sens financier, le plus souvent une date d'échéance placée avant la date de règlement, ou un taux et un investissement à zéro ou négatifs. Le #VALEUR! te signale plutôt une date ou un taux saisi en texte plutôt qu'en vrai nombre.

Le troisième cas ne produit aucune erreur mais un contresens : confondre cette fonction avec VALEUR.ENCAISSEMENT, qui calcule un prix et non un encaissement.

Erreur #NOMBRE! avec des paramètres invalides

L'erreur #NOMBRE! apparaît dans plusieurs cas : la date d'échéance est antérieure ou égale à la date de règlement ; le taux d'escompte est négatif ou nul ; l'investissement est négatif ou nul ; ou le paramètre base n'est pas compris entre 0 et 4.

Solution : Vérifie que tes dates sont dans le bon ordre (règlement avant échéance), que ton taux est strictement positif et que ton investissement l'est aussi. Pour la base, utilise uniquement les valeurs 0, 1, 2, 3 ou 4.

Erreur #VALEUR! avec des dates saisies en texte

Quand Excel ne peut pas interpréter un paramètre comme une valeur valide, il retourne #VALEUR!. Les causes fréquentes sont une date saisie entre guillemets et stockée comme texte, un taux formaté en texte, ou une cellule vide dans un paramètre obligatoire.

Solution : Utilise la fonction DATE() pour créer des dates fiables : DATE(2024;2;15). Assure-toi que tes taux sont au format numérique (0,035 ou le format pourcentage Excel) et vérifie qu'aucune cellule obligatoire n'est vide.

Résultat inférieur à l'investissement, ou proche de zéro

Tu as probablement utilisé VALEUR.ENCAISSEMENT à la place de VALEUR.NOMINALE. Malgré son nom, VALEUR.ENCAISSEMENT attend le taux d'escompte en troisième argument et la valeur de remboursement en quatrième : lui passer un investissement et un taux dans cet ordre produit un résultat absurde, parfois négatif.

Solution : Pour un montant reçu à l'échéance, reste sur =VALEUR.NOMINALE(règlement; échéance; investissement; taux; base). Contrôle la cohérence du résultat : il doit toujours être supérieur à l'investissement de départ.

Lucas, la mascotte du Dojo, avec une ampoule, partage des astuces avancées

Astuces avancées avec VALEUR.NOMINALE

1Astuce

Isole ton gain plutôt que de le lire à l'œil

VALEUR.NOMINALE te renvoie le montant total crédité à l'échéance, investissement compris, pas seulement les intérêts. Pour obtenir le gain seul, soustrais l'investissement du résultat.
Par exemple, =VALEUR.NOMINALE(DATE(2024;2;15); DATE(2024;5;15); 95000; 3,5%; 1) - 95000 renvoie directement 824,72 €, ce qui est le chiffre qui t'intéresse pour ton compte de résultat.

2Astuce

Automatise ton prévisionnel de trésorerie

Crée un tableau listant tous tes placements avec leurs caractéristiques, puis copie la formule vers le bas pour calculer automatiquement tous les montants encaissés. Ajoute ensuite une formule SOMME.SI pour regrouper les encaissements par mois ou par trimestre.
Par exemple, =SOMME.SI(PlageEchéances;">="&DATE(2024;3;1);PlageEncaissements) totalise les encaissements à partir du 1er mars 2024.

3Astuce

Fais l'aller-retour avec VALEUR.ENCAISSEMENT

Les deux fonctions sont réciproques : l'une part de l'investissement pour trouver l'encaissement, l'autre part du taux pour trouver un prix pour 100 de nominal.
Si tu connais le prix coté d'un titre, multiplie-le par le nominal pour obtenir ton investissement, puis passe-le à VALEUR.NOMINALE. Tu retombes sur le nominal attendu, ce qui est une bonne vérification croisée quand tu montes un modèle de trésorerie.

FAQ

Questions fréquentes

Les deux noms sont contre-intuitifs, alors retiens le sens plutôt que le mot. VALEUR.NOMINALE (RECEIVED) part du montant investi et calcule la somme reçue à l'échéance, donc un montant supérieur à ton investissement. VALEUR.ENCAISSEMENT (PRICEDISC) part du taux d'escompte et calcule un prix d'achat pour 100 de nominal, donc un nombre inférieur à 100. Les deux fonctions sont réciproques.

Ressources

Pour aller plus loin

Continue sur ta lancée après la fonction VALEUR.NOMINALE : la leçon associée, un modèle prêt à l'emploi et le guide pour progresser.

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