Chapitre 2 · Intermédiaire · Leçon 9 / 26
Logique & conditions
Jusqu'ici tes formules calculaient toujours la même chose. Avec les conditions, elles prennent des décisions : afficher « Reçu » au-dessus de 10 et « Recalé » en dessous, signaler un stock bas, classer des résultats. C'est le moment où un tableau cesse d'être une calculatrice pour devenir un assistant qui réagit à tes données.
Une condition teste quelque chose, puis renvoie un résultat différent selon que le test est vrai ou faux. Le modèle mental tient en une phrase : « si telle chose est vraie, alors ceci, sinon cela ». Tout le reste, ce sont des variantes de cette idée. Une fois que tu la tiens, SI, ET, OU, NB.SI deviennent des outils interchangeables qui répondent au même besoin.
Le réflexe à prendre
Avant d'écrire une formule conditionnelle, formule-la en français : « si la note est supérieure ou égale à 10, alors Reçu, sinon Recalé ». La traduction en =SI(A1>=10;"Reçu";"Recalé") suit ensuite toute seule.
Les opérateurs de comparaison
Toute condition repose sur une comparaison qui ne renvoie que deux réponses possibles : VRAI ou FAUX. Ces six opérateurs sont le vocabulaire de la logique dans Excel. Apprends-les une fois, ils servent dans toutes les fonctions conditionnelles.
| Opérateur | Sens | Exemple | Vrai quand… |
|---|---|---|---|
= | Égal à | A1=10 | Vrai si A1 vaut exactement 10. |
<> | Différent de | A1<>"OK" | Vrai si A1 contient autre chose que « OK ». |
> | Supérieur à | A1>100 | Vrai si A1 dépasse 100. |
< | Inférieur à | A1<0 | Vrai si A1 est négatif. |
>= | Supérieur ou égal | A1>=10 | Vrai dès que A1 atteint 10. |
<= | Inférieur ou égal | A1<=5 | Vrai tant que A1 ne dépasse pas 5. |
Texte ou nombre, ça compte
Pour comparer à du texte, entoure-le de guillemets : A1="OK". Pour un nombre, pas de guillemets : A1=10. Mélanger les deux est la première cause de conditions qui « ne marchent pas ».
Construire un SI simple
Ces comparaisons ne décident rien toutes seules : il leur faut une fonction pour en tirer un résultat. La première, la porte d'entrée des conditions, c'est SI. Elle prend trois éléments séparés par des points-virgules : le test, ce qu'on affiche si c'est vrai, ce qu'on affiche si c'est faux.
Prenons une colonne de notes en A et affichons « Reçu » à partir de 10, « Recalé » en dessous, dans la colonne B :
| A | B | |
|---|---|---|
| 1 | Note | Résultat |
| 2 | 14 | Reçu |
| 3 | 8 | Recalé |
| 4 | 12 | Reçu |
En B2, la formule s'écrit :
=SI(A2>=10;"Reçu";"Recalé")Trois éléments, dans l'ordre :
- •A2>=10 : le test, la comparaison qui renvoie VRAI ou FAUX.
- •"Reçu" : ce qui s'affiche quand le test passe.
- •"Recalé" : ce qui s'affiche sinon.
Recopie la formule vers le bas avec la poignée de recopie : chaque ligne se classe seule. Une seule formule, autant de lignes que tu veux.
Combiner plusieurs conditions avec ET et OU
Un seul test ne suffit pas toujours. Tu veux parfois exiger que plusieurs choses soient vraies en même temps, ou au contraire repérer dès qu'une seule l'est. C'est le rôle de ET et OU, qu'on glisse dans le test d'un SI.
ET exige que tout soit vrai. « Validé » seulement si la note atteint 10 et que l'élève était présent ; une seule des deux conditions qui manque, et c'est « Non » :
=SI(ET(A2>=10;B2="présent");"Validé";"Non")OU se contente d'une seule condition vraie. « À traiter » dès que la commande est urgente ou dépasse 1000 €, il suffit d'une des deux pour déclencher le signal :
=SI(OU(A2="urgent";B2>1000);"À traiter";"")SI imbriqués et SI.CONDITIONS : gérer plus de deux cas
SI ne gère que deux issues : vrai ou faux. Pour trois cas ou plus, deux approches existent. Comprendre les deux te fait gagner en lisibilité.
L'ancienne méthode : les SI imbriqués. On glisse un SI dans le « sinon » d'un autre SI. Pour noter Bien / Passable / Échec :
=SI(A2>=16;"Bien";SI(A2>=10;"Passable";"Échec"))Ça marche, mais à trois ou quatre niveaux la formule devient un mur de parenthèses où la moindre erreur se cache.
La méthode lisible : SI.CONDITIONS. Chaque test et sa réponse s'alignent à la suite, dans l'ordre ; Excel s'arrête au premier test vrai :
=SI.CONDITIONS(A2>=16;"Bien";A2>=10;"Passable";VRAI;"Échec")Le VRAI final joue le rôle du « sinon » : il attrape tous les cas restants. Beaucoup plus simple à lire et à corriger.
Compter et additionner sous condition
Les conditions ne servent pas qu'à afficher du texte. Elles filtrent aussi avant de calculer : combien de lignes remplissent un critère, quel est le total qui s'y rattache. C'est le même réflexe « si telle chose, alors je compte ou j'additionne ».
NB.SI compte les lignes qui remplissent un critère, idéal pour un nombre de commandes, de présents ou de retards :
=NB.SI(A2:A100;"Nord")SOMME.SI additionne seulement les valeurs liées à ce critère, par exemple le total des ventes d'une région. On donne la plage du critère, le critère, puis la plage à additionner :
=SOMME.SI(A2:A100;"Nord";B2:B100)Pour croiser plusieurs critères à la fois, les versions NB.SI.ENS et SOMME.SI.ENS prennent le relais, sur le même principe.
Questions fréquentes sur les conditions Excel
Tu utilises la fonction SI : =SI(test;valeur_si_vrai;valeur_si_faux). Excel évalue d'abord le test, par exemple A1>=10, puis renvoie la première valeur s'il est vrai, la seconde s'il est faux. Le test repose sur un opérateur de comparaison comme supérieur, inférieur ou égal.
Six opérateurs servent à construire un test : égal (=), différent (<>), supérieur (>), inférieur (<), supérieur ou égal (>=) et inférieur ou égal (<=). Chacun renvoie VRAI ou FAUX, le résultat que toute formule conditionnelle attend pour décider quoi afficher.
Tu combines les tests avec ET ou OU. ET renvoie VRAI seulement si toutes les conditions sont remplies, OU dès qu'une seule l'est. Exemple : =SI(ET(A1>=10;B1="présent");"Validé";"Non"). Pour enchaîner des cas distincts, SI.CONDITIONS reste plus lisible que des SI imbriqués.
Dès que tu testes plus de deux cas. Des SI imbriqués comme SI(...;SI(...;SI(...))) deviennent vite illisibles et difficiles à corriger. SI.CONDITIONS aligne chaque test et sa réponse à la suite, ce qui rend la formule plus claire à lire et à modifier.
NB.SI compte les cellules qui remplissent un critère, par exemple le nombre de ventes « Nord ». SOMME.SI additionne uniquement les valeurs liées à ce critère. Les versions NB.SI.ENS et SOMME.SI.ENS gèrent plusieurs critères en même temps, utiles pour des tableaux de bord.
Souvent le test compare du texte à un nombre, ou une cellule contient un espace invisible en fin de mot. Vérifie que les deux côtés du test sont du même type, et que le texte est bien entre guillemets. Un espace caché après « oui » fait échouer A1="oui" alors que la cellule semble pourtant correcte à l'œil.
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