Compétences numériques en France : où en sont les salariés ?
Niveau numérique des Français : les chiffres INSEE et Pix
En France, 34 % des 16-74 ans manquent de compétences numériques de base selon l'INSEE,(2) et 60 % des salariés ont un niveau insuffisant pour être efficaces au travail d'après Pix.(3) Avant de plonger dans les chiffres spécifiques à Excel, ces deux statistiques posent le décor : le problème d'Excel n'est pas un problème isolé, c'est le symptôme d'un déficit de compétences numériques qui touche une large partie de la population active.
Concrètement, ça veut dire qu'un Français sur trois ne sait pas effectuer des opérations élémentaires sur un ordinateur : envoyer un email avec une pièce jointe, utiliser un tableur pour des calculs simples, ou naviguer dans une arborescence de fichiers. Ce ne sont pas des gestes techniques complexes, ce sont les fondamentaux du quotidien professionnel en 2026.
La bonne nouvelle : l'illectronisme recule. Il touche aujourd'hui 7 % de la population, contre 10 % en 2021. L'effort de formation porte ses fruits, même si le chemin reste long. À l'autre bout du spectre, seuls 35 % des Français possèdent des compétences numériques avancées, celles qui permettent d'aller au-delà de l'utilisation basique et de vraiment tirer parti d'outils comme Excel. Autrement dit, deux Français sur trois n'ont pas le niveau pour exploiter un tableur de façon autonome et productive.
Les chiffres de Pix, la plateforme publique d'évaluation des compétences numériques, confirment ce constat en milieu professionnel. Parmi les 60 % de salariés en dessous du seuil, 20 % sont en difficulté majeure : ils peinent avec les tâches les plus courantes, comme créer un graphique ou utiliser une formule conditionnelle. Pourtant, 85 % des salariés expriment le souhait de se former. La demande est là, massive. Ce qui manque, c'est l'accès à des formations adaptées, concrètes, et alignées avec les besoins réels du poste.
Pix évalue les compétences selon 5 domaines : information et données, communication et collaboration, création de contenu, protection et sécurité, environnement numérique. Le tableur (Excel, Google Sheets) est au croisement de plusieurs de ces domaines, car manipuler un fichier Excel mobilise à la fois la gestion de données, la création de contenu structuré et la compréhension de l'environnement logiciel. C'est pourquoi, quand un salarié ne maîtrise pas Excel, c'est souvent le signe d'un déficit numérique plus large.
Pourquoi les salariés surestiment leur niveau Excel
Voilà le détail qui fait mal : selon le Baromètre du numérique 2025, 60 % des Français estiment n'avoir aucun frein avec les outils numériques.(4) Pourtant, Pix montre que 60 % sont en dessous du niveau nécessaire au travail. L'écart entre ces deux chiffres résume tout le paradoxe : la majorité des salariés pensent maîtriser leurs outils, alors que les évaluations objectives prouvent le contraire. C'est le classique « on ne sait pas ce qu'on ne sait pas ».
Ce biais touche particulièrement Excel, car le logiciel ne signale jamais que tu fais les choses de façon inefficace. Tu peux passer des années à faire en 20 minutes ce qui pourrait prendre 20 secondes, sans même t'en rendre compte. Prenons un exemple concret : un comptable qui passe 30 minutes chaque matin à chercher des correspondances entre deux fichiers en comparant les lignes à l'oeil, alors qu'une RECHERCHEV ferait le travail en 3 secondes. Ou une responsable RH qui copie-colle manuellement 500 lignes de données de congés au lieu d'utiliser un simple filtre automatique. Ces situations ne sont pas des cas extrêmes : elles représentent le quotidien de milliers de salariés en France.
Le coût de cette non-maîtrise est invisible, mais il est bien réel. Si tu perds ne serait-ce que 30 minutes par jour sur des tâches Excel mal optimisées, ça représente plus de 10 heures par mois, soit l'équivalent d'un jour et demi de travail. Multiplié par le nombre de salariés concernés dans une entreprise de 50 personnes, le manque à gagner se chiffre en dizaines de milliers d'euros par an.
Compétences Excel en entreprise : ce qu'attendent les employeurs
Côté entreprises, la prise de conscience est nette. Selon le Cedefop (Centre européen pour le développement de la formation professionnelle), 80 % des employeurs européens considèrent les compétences numériques comme importantes pour tous les postes, pas seulement les postes techniques.(5) En effet, du service comptabilité au département marketing, chaque équipe manipule des données quotidiennement. La maîtrise d'un tableur n'est plus un « plus » sur un CV : c'est un prérequis.
Plus révélateur encore : 49 % des offres d'emploi exigent une maîtrise avancée des outils bureautiques (dont Excel). Et 34 % des employeurs déclarent avoir du mal à recruter des candidats avec un niveau de compétences numériques adéquat. Le décalage entre l'offre et la demande est réel, et il se creuse à mesure que les entreprises digitalisent leurs processus.
L'enquête de l'OPCO EP auprès de 10 000 TPE/PME confirme la tendance : le besoin numéro un identifié par les petites entreprises, c'est la maîtrise des « Outils de base (tableur, traitement de texte) ».(6) Pas l'IA, pas le code, pas la cybersécurité : le tableur et le traitement de texte. Les fondamentaux. Ce résultat peut surprendre à l'heure où tout le monde parle d'intelligence artificielle, mais il reflète la réalité du terrain : avant d'automatiser avec l'IA, encore faut-il savoir structurer ses données dans un tableur.
Excel n'est pas un « petit logiciel ». C'est un outil de productivité critique utilisé par tous les services : la comptabilité pour les rapprochements bancaires, les RH pour le suivi des congés et la masse salariale, les commerciaux pour le pipeline et les prévisions, le marketing pour le reporting. Le coût caché de la non-maîtrise, ce sont les erreurs dans les fichiers, le temps perdu, la dépendance envers le « guru Excel » de l'équipe, celui ou celle qui sait faire les TCD et les RECHERCHEV.
Le marché de la formation Excel en France
En France, une formation Excel coûte en moyenne 1 702 € TTC (prix médian : 1 499 €). Le marché CPF compte 9 443 formations Excel proposées par 908 organismes. C'est la section centrale de ce baromètre et la plus exclusive. Nous avons analysé l'intégralité du catalogue des formations Excel éligibles au CPF (Compte Personnel de Formation) à partir des données ouvertes de Mon Compte Formation, publiées sur data.gouv.fr. À notre connaissance, personne d'autre n'a publié cette analyse.
9 443 formations Excel CPF : vue d'ensemble du marché
Le CPF recense au total 217 213 formations dans toutes les catégories confondues. Parmi elles, 9 443 sont des formations Excel, soit 4.3 % du marché CPF total. Ça paraît peu en pourcentage, mais en volume absolu, Excel est le logiciel-métier le plus formé en France via le CPF. Devant Word, devant PowerPoint, devant Photoshop.
Ces 9 443 formations représentent 14 286 actions de formation et 28 050 sessions actives, proposées par 908 organismes de formation différents. Le marché est donc à la fois massif (près de 10 000 formations) et très fragmenté (plus de 900 acteurs).
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Combien coûte une formation Excel ?
La question que tout le monde se pose. Voici ce que révèlent les données CPF :
- Prix médian : 1 499 € TTC
- Prix moyen : 1 702 € TTC
- Fourchette : de 140 € à 14 500 €
Le prix médian de 1 499 € est significatif. C'est le prix que la moitié des formations dépassent et que l'autre moitié n'atteint pas. Le prix moyen (1 702 €) est tiré vers le haut par les formations les plus chères, pouvant aller jusqu'à 14 500 €.
Pourquoi un tel écart entre 140 € et 14 500 € ? Plusieurs facteurs expliquent cette fourchette. Le format d'abord : une formation en présentiel dans un centre parisien avec un formateur dédié coûte mécaniquement plus cher qu'un parcours en e-learning asynchrone. La durée ensuite : une session découverte d'une heure n'a rien à voir avec un cursus complet de 200 heures couvrant Excel de A à Z. Le mode de suivi aussi : une formation individuelle (un formateur, un stagiaire) revient 3 à 5 fois plus cher qu'une session en groupe de 8 à 12 personnes. Enfin, la localisation joue : les tarifs en Île-de-France sont sensiblement plus élevés qu'en régions, comme on le verra dans la section géographique.
Concrètement, que vaut une formation à 1 499 €, le prix médian du marché ? En général, tu obtiens 2 à 3 jours de formation en présentiel ou en classe virtuelle, soit environ 20 heures de contenu. Le programme couvre les bases jusqu'au niveau intermédiaire : mise en forme, formules courantes (RECHERCHEV, SI, NB.SI), tableaux croisés dynamiques, graphiques. Le passage de la certification (TOSA ou ICDL) est inclus dans le prix. C'est le « standard du marché », celui qui correspond au budget CPF moyen d'un salarié. Pour aller plus loin (Power Query, VBA, automatisation), il faut monter vers les tranches 2 000-3 000 €, voire au-delà.
Ce modèle a un défaut structurel : tu paies une somme importante pour un accès limité dans le temps. Une fois les 3 jours terminés, tu n'as plus de formateur, plus d'exercices, plus de suivi. Or, l'apprentissage d'Excel ne se fait pas en 3 jours : il se fait sur la durée, en pratiquant régulièrement sur tes propres fichiers de travail.
Distribution des prix
Répartition des 9 443 formations par tranche de prix TTC
La tranche la plus représentée est 1 000-1 500 € avec 25.9 % des formations, suivie de près par 1 500-2 000 € (25.6 %). Au total, plus de la moitié des formations se situent entre 1 000 et 2 000 €. Les extrêmes sont rares : seulement 2 % des formations coûtent moins de 500 €, et 1.8 % dépassent les 5 000 €.
Pour mettre ça en perspective : au Dojo Club, l'abonnement est à 9 €/mois. Sur un an, ça fait 108 €, soit 14x moins cher que le prix médian d'une formation CPF Excel classique. Avec en plus un accès continu aux contenus, aux exercices, et à la communauté. Pas de date de fin, pas de limite d'heures : tu apprends à ton rythme, aussi longtemps que tu en as besoin. Découvrir le Dojo.
Combien d'heures pour une formation Excel ?
- Durée médiane : 20 heures
- Durée moyenne : 22 heures
- Fourchette : de 1 heure à 1 288 heures
La durée médiane de 20 heures correspond à environ 3 jours de formation. Est-ce suffisant pour « apprendre Excel » ? Ça dépend énormément du niveau de départ et des objectifs. Pour quelqu'un qui part de zéro, 20 heures permettent d'acquérir les bases : navigation dans l'interface, mise en forme, formules simples (SOMME, MOYENNE, SI), création de graphiques. Pour aller vers le niveau avancé (tableaux croisés dynamiques, Power Query, VBA), il faut nettement plus.
Ce standard de 20 heures n'est pas un hasard : il correspond au budget CPF moyen dont dispose un salarié, et il tient dans un format « 3 jours » compatible avec les contraintes d'un employeur qui libère un collaborateur sur son temps de travail. En pratique, la formation est souvent découpée en 3 journées de 7 heures, soit exactement le volume qui rentre dans le cadre CPF sans abondement complémentaire. C'est un compromis entre le budget disponible et le temps que l'entreprise accepte de libérer, pas un optimum pédagogique.
Car le vrai problème, c'est la courbe de l'oubli. Après une formation intensive de 3 jours, on estime que 80 % du contenu est oublié dans les semaines qui suivent si rien n'est fait pour ancrer les acquis. Tu reviens au bureau le lundi, tu retrouves tes fichiers habituels, et tu reprends tes anciennes habitudes parce que tu n'as pas eu le temps de pratiquer les nouvelles techniques dans un contexte réel. Les formules vues en formation s'estompent, les raccourcis clavier disparaissent, et au bout d'un mois, il ne reste qu'un vague souvenir de « c'était intéressant ».
C'est pourquoi l'apprentissage continu, quelques minutes par jour sur la durée, est plus efficace qu'un bloc intensif isolé. Chaque jour, tu révises une notion, tu découvres une formule, tu la mets en pratique sur un cas concret. Ce n'est pas spectaculaire, mais au bout de 3 mois, les acquis sont solides parce qu'ils ont été répétés et appliqués. C'est le principe sur lequel repose le Dojo : des modules courts, progressifs, avec de la pratique quotidienne et une communauté pour poser tes questions quand tu bloques.
Quels sujets Excel sont les plus enseignés en France ?
Quels sujets Excel sont les plus couverts par les formations CPF ? Voici le classement basé sur l'analyse des intitulés de formation :
| Sujet | Nb formations |
|---|---|
| VBA / Macros | 813 |
| Formules / Fonctions | 611 |
| Gestion de données | 444 |
| Tableaux | 236 |
| TCD | 143 |
| Graphiques | 128 |
| Power Query | 31 |
| Power BI | 4 |
VBA / Macros domine le classement avec 813 formations. C'est à la fois logique et révélateur. Logique, car VBA est suffisamment complexe pour justifier une formation dédiée : contrairement aux formules ou à la mise en forme, on ne l'apprend pas en regardant un collègue faire. Révélateur, car VBA était pendant des années LA seule manière d'automatiser des tâches dans Excel. Avant l'arrivée de Power Query, de Power Automate et des fonctions dynamiques (FILTRE, TRIER, UNIQUE), tout passait par des macros. Le marché de la formation reflète encore cette époque.
Les sujets « modernes » sont quasi absents : Power Query ne compte que 31 formations, et Power BI à peine 4. Ce retard s'explique par le fonctionnement des certifications. Les référentiels TOSA et ICDL, sur lesquels s'appuient les formations CPF, n'ont pas encore intégré Power Query ni les fonctions dynamiques d'Excel 365. Les organismes de formation suivent les référentiels, pas les évolutions du logiciel. Résultat : le catalogue CPF enseigne l'Excel d'il y a 5 ans.
Ce que ça veut dire pour toi : si tu veux apprendre l'Excel moderne (fonctions dynamiques, Power Query, automatisation sans VBA), les formations CPF ne t'aideront pas beaucoup. Tu y trouveras d'excellentes bases, mais les compétences qui font vraiment la différence en 2026, celles qui transforment un utilisateur intermédiaire en utilisateur avancé, ne sont pas dans le catalogue. Explore notre bibliothèque de plus de 550 formules pour voir ce que couvre l'Excel d'aujourd'hui.
Quel niveau de formation Excel choisir ?
Quel niveau de formation Excel est le plus proposé dans le catalogue CPF ?
| Niveau | Nb formations |
|---|---|
| Perfectionnement | 698 |
| Avancé | 678 |
| Intermédiaire | 639 |
| Débutant | 435 |
| Initiation | 361 |
| Expert | 273 |
L'offre se concentre sur le segment intermédiaire / perfectionnement, et c'est logique : c'est le segment le plus rentable pour les organismes. Les débutants hésitent à investir 1 499 € dans une formation Excel. Les profils experts sont rares et souvent autonomes. Résultat : le gros du marché cible ceux qui « connaissent déjà un peu » et veulent monter en compétence.
Le défi : bien évaluer son niveau avant de choisir. Les étiquettes « débutant », « intermédiaire », « avancé » sont subjectives et varient d'un organisme à l'autre. Ce qu'un centre appelle « perfectionnement », un autre le considère comme « avancé ». Au lieu de te fier aux intitulés, pose-toi des questions concrètes. Tu sais faire une RECHERCHEV ? Tu maîtrises les tableaux croisés dynamiques ? Tu peux créer une formule imbriquée SI/ET/OU sans aide ? Si la réponse est non à ces trois questions, tu es probablement au niveau intermédiaire, pas au niveau perfectionnement, même si tu utilises Excel depuis 10 ans.
L'erreur classique, c'est de s'inscrire à un « perfectionnement » parce qu'on pense que les bases sont acquises, alors qu'en réalité on a des lacunes fondamentales. Tu te retrouves en formation avec un formateur qui parle de fonctions INDEX/EQUIV et de Power Pivot, pendant que tu essaies encore de comprendre les références absolues. Le piège inverse existe aussi : choisir une formation « initiation » par prudence, et passer 2 jours à revoir des choses que tu maîtrises déjà. Dans les deux cas, c'est du temps et de l'argent perdus. Teste ton niveau ici pour savoir exactement où tu en es avant de choisir.
Certification Excel : TOSA, ICDL, laquelle choisir ?
TOSA, ICDL, ENI : parts de marché des certifications Excel
Le TOSA est la certification Excel la plus reconnue en France : elle représente 55.6 % des formations Excel CPF. L'ICDL (ex-ECDL) est l'alternative internationale, reconnue dans plus de 150 pays. Pour qu'une formation Excel soit éligible au CPF, elle doit préparer à une certification inscrite au RS (Répertoire Spécifique) ou au RNCP. Trois grandes certifications se partagent le marché :
| Certification | Nb formations | Part |
|---|---|---|
| TOSA Excel | 5 254 | 55.6 % |
| Certification bureautique Excel | 2 274 | 24.1 % |
| ICDL Tableur | 1 686 | 17.9 % |
| Autres | 229 | 2.4 % |
TOSA est le leader incontesté : avec 55.6 % des formations, plus d'une formation Excel CPF sur deux prépare à la certification TOSA. Le TOSA Excel évalue les compétences sur une échelle de 1 à 1000, avec 5 niveaux distincts. C'est la certification la plus reconnue par les employeurs en France, et pour cause : le score chiffré donne une image précise de ton niveau réel, bien plus parlante qu'un simple « acquis / non acquis ».
Format de l'examen TOSA Excel
L'examen TOSA Excel se compose de 35 questions à traiter en 60 minutes. Le test est adaptatif : la difficulté des questions s'ajuste automatiquement en fonction de tes réponses. Si tu réponds bien, les questions deviennent plus complexes. Si tu te trompes, elles redescendent d'un cran. Ce mécanisme permet d'évaluer ton niveau avec précision, quel que soit ton point de départ.
Les 5 niveaux du TOSA Excel
Le score final détermine ton niveau parmi cinq paliers. Le niveau Initial (1 à 350) correspond à une navigation basique dans Excel : ouvrir un fichier, saisir des données, se déplacer dans un classeur. Le niveau Basique (351 à 550) valide la maîtrise des formules simples comme SOMME ou MOYENNE, ainsi que la mise en forme élémentaire. Le niveau Opérationnel (551 à 725) couvre les fonctionnalités intermédiaires : tris, filtres, graphiques, formules conditionnelles comme SI ou NB.SI. Le niveau Avancé (726 à 875) atteste d'une vraie aisance avec les tableaux croisés dynamiques, les formules complexes (RECHERCHEV, INDEX/EQUIV) et la gestion de bases de données dans Excel. Enfin, le niveau Expert (876 à 1000) concerne ceux qui maîtrisent le VBA, l'automatisation de tâches et les fonctionnalités les plus avancées du logiciel.
Le certificat TOSA est valable 3 ans. Passé ce délai, tu devras repasser l'examen pour maintenir ta certification à jour. Ce renouvellement régulier rassure les recruteurs : un score TOSA récent prouve que tes compétences sont actuelles, pas héritées d'une formation suivie il y a dix ans.
L'ICDL (International Certification of Digital Literacy) a été créée en 1996 sous le nom ECDL (European Computer Driving Licence) avant d'être renommée ICDL en 2019 pour refléter son expansion mondiale. C'est un standard international reconnu dans plus de 150 pays, avec plus de 70 millions de candidats à travers le monde. Contrairement au TOSA qui se concentre sur un logiciel précis, l'ICDL valide des compétences bureautiques transversales, pas seulement Excel.
Le format de l'ICDL est modulaire : tu peux certifier des compétences spécifiques (tableur, traitement de texte, base de données) sans passer l'ensemble. Le résultat est binaire, acquis ou non acquis, sans score chiffré. Sa part de marché en France est plus modeste que celle du TOSA, mais l'ICDL reste pertinent pour ceux qui visent une reconnaissance à l'international. Un autre avantage notable : la certification ICDL n'a pas de date d'expiration, contrairement au TOSA qui doit être renouvelé tous les trois ans.
Certification RS ou RNCP : quelle différence pour Excel ?
Quasi toutes les formations Excel sont inscrites au RS (Répertoire Spécifique) :
- RS : 9 401 formations (99.6 %)
- RNCP : 42 formations (0.4 %)
C'est logique : le RS enregistre des certifications de compétences spécifiques (comme « Maîtriser Excel »), tandis que le RNCP concerne des diplômes et titres professionnels complets. Une certification Excel est, par nature, une certification de compétence ponctuelle, pas un diplôme.
TOSA ou ICDL : comment choisir sa certification Excel ?
| Critère | TOSA | ICDL |
|---|---|---|
| Reconnaissance France | Très forte | Bonne |
| International | Moyenne | Très forte (150 pays) |
| Scoring | 1-1000 (5 niveaux) | Acquis / Non acquis |
| Validité | 3 ans | Illimitée |
| Idéal pour | Emploi en France, évolution interne | Mobilité internationale |
Le bon choix dépend de ta situation concrète. Voici trois profils types pour t'aider à y voir clair.
Profil 1 : débutant en recherche d'emploi en France. Si tu débutes sur Excel et que tu cherches un poste en France, le TOSA est le meilleur choix. C'est la certification que les recruteurs français connaissent le mieux. Un score TOSA sur ton CV parle de lui-même : un recruteur sait immédiatement si tu es à 400 (basique) ou à 800 (avancé). Pas besoin d'expliquer, le chiffre fait le travail. Et comme plus de la moitié des formations CPF préparent au TOSA, tu trouveras facilement un organisme près de chez toi ou en ligne.
Profil 2 : utilisateur expérimenté visant une mobilité internationale. Si tu maîtrises déjà bien Excel et que tu envisages de travailler à l'étranger, l'ICDL est plus adapté. Sa reconnaissance dans plus de 150 pays en fait un passeport numérique universel. L'absence d'expiration est un atout : tu passes la certification une fois, elle reste valide indéfiniment. Le format modulaire te permet aussi de certifier uniquement le tableur sans passer par les modules que tu ne vises pas.
Profil 3 : en reconversion professionnelle. Si tu changes de métier et que tu dois prouver tes compétences Excel à de futurs employeurs, le TOSA couplé à une formation CPF est la combinaison la plus efficace. La formation structure ton apprentissage de zéro, et le score TOSA en fin de parcours atteste objectivement de ce que tu sais faire. Les employeurs valorisent ce score parce qu'il ne ment pas : c'est un examen adaptatif, pas un QCM qu'on peut réussir par hasard.
Un point important à garder en tête : une certification prouve des compétences, mais ne les remplace pas. Un score TOSA à 900 sans pratique régulière ne vaut rien au quotidien. La certification est un signal pour les recruteurs, pas une fin en soi. Ce qui compte vraiment, c'est ta capacité à résoudre des problèmes concrets dans Excel, jour après jour. Prépare-toi avec notre parcours de formation.
Formation Excel par région : prix et disponibilité
La répartition des formations Excel CPF varie fortement selon les régions. L'Île-de-France concentre le plus de formations avec un prix moyen de 1 851 €, tandis que le distanciel représente 24 % du marché.
Où se forme-t-on à Excel en France ?
Quand tu regardes la carte ci-dessous, un constat saute aux yeux : la France des formations Excel n'est pas homogène. Certaines régions débordent de choix, d'autres sont presque des déserts. Et le prix que tu paies pour la même certification peut varier de plusieurs centaines d'euros selon l'endroit où tu te trouves.
Pour comprendre ces disparités, on a cartographié les 9 443 formations Excel éligibles au CPF par région. La couleur indique le nombre de formations disponibles : plus c'est foncé, plus l'offre est dense.
Nombre de formations Excel CPF par région
Le graphique en barres confirme ce que la carte suggère : trois régions se détachent nettement. L'Île-de-France (886 formations), la Nouvelle-Aquitaine (840) et l'Auvergne-Rhône-Alpes (836) forment le trio de tête. À l'autre bout du spectre, la Corse, l'outre-mer et les collectivités d'outre-mer comptent à peine quelques dizaines de formations.
Voici le détail complet, région par région :
| Région | Formations | Prix moyen |
|---|---|---|
| Île-de-France | 886 | 1 851 € |
| Nouvelle-Aquitaine | 840 | 1 603 € |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 836 | 1 696 € |
| Occitanie | 808 | 1 638 € |
| Grand Est | 669 | 1 730 € |
| Provence-Alpes-Côte d'Azur | 543 | 1 746 € |
| Pays de la Loire | 526 | 1 731 € |
| Hauts-de-France | 471 | 1 708 € |
| Bourgogne-Franche-Comté | 413 | 1 586 € |
| Normandie | 367 | 1 776 € |
| Centre-Val de Loire | 361 | 1 625 € |
| Bretagne | 328 | 1 611 € |
| Corse | 50 | 1 813 € |
| Guadeloupe | 28 | 1 372 € |
| La Réunion | 24 | 1 399 € |
| Martinique | 21 | 1 162 € |
| Guyane | 8 | 1 563 € |
| Mayotte | 1 | 2 367 € |
| COM | 1 | 2 707 € |
Prix des formations Excel : pourquoi de tels écarts entre régions ?
L'Île-de-France est la région la plus chère avec un prix moyen de 1 851 €, soit 15 % de plus que la Nouvelle-Aquitaine (1 603 €). Ce n'est pas un hasard. En Île-de-France, les loyers des centres de formation sont parmi les plus élevés de France, les formateurs facturent plus cher pour compenser le coût de la vie, et la concentration d'entreprises (sièges sociaux du CAC 40, ESN, cabinets de conseil) crée une demande forte qui tire les prix vers le haut. Résultat : même pour un module « débutant », tu paies une prime parisienne.
Le deuxième cercle, ce sont les grandes métropoles régionales : Lyon, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Strasbourg, Marseille. Leurs régions respectives (Auvergne-Rhône-Alpes, Pays de la Loire, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Grand Est, Provence-Alpes-Côte d'Azur) affichent entre 500 et 840 formations chacune, avec des prix moyens de 1 600 à 1 750 €. Le rapport qualité-prix y est souvent meilleur qu'en Île-de-France : les formateurs sont tout aussi qualifiés, les certifications identiques, mais le coût opérationnel est moindre. Si tu cherches une formation en présentiel, ces villes méritent d'être regardées en priorité.
La Corse présente un cas à part : seulement 50 formations pour un prix moyen de 1 813 €, presque au niveau de l'Île-de-France. L'insularité explique tout. Peu de formateurs s'y installent, le marché est petit, et les frais logistiques (déplacement d'un formateur du continent, location de salle) gonflent la facture. Un apprenant corse a donc le choix entre payer cher localement ou se tourner vers le distanciel.
Les régions d'outre-mer (Guadeloupe, Martinique, La Réunion, Guyane) racontent une autre histoire. Les prix y sont sensiblement plus bas, entre 1 100 et 1 400 € en moyenne, mais l'offre est très réduite : moins de 30 formations chacune, et parfois seulement 8 (Guyane). Sur ces territoires, le marché de la formation professionnelle est structurellement plus petit, avec moins d'organismes implantés et une population active plus restreinte. Le résultat est un choix limité : souvent quelques organismes locaux, rarement spécialisés en Excel.
Mais la donnée la plus révélatrice de ce baromètre est peut-être celle-ci : 24 % des formations (2 262 sur 9 443) n'ont pas de région spécifiée. Autrement dit, près d'un quart du catalogue CPF Excel est accessible à distance, depuis n'importe où en France. C'est un basculement majeur. Il y a dix ans, se former à Excel signifiait se déplacer dans un centre. Aujourd'hui, une personne en Corse, en Guyane ou dans un village de la Creuse a accès au même catalogue qu'un Parisien. Le distanciel a fait ce qu'aucune politique publique n'avait réussi à faire : effacer les inégalités géographiques d'accès à la formation Excel.
Le prix moyen du distanciel (1 722 €) se situe dans la moyenne nationale, ce qui signifie que l'accès à distance ne rime pas forcément avec prix cassés. Les organismes qui proposent du distanciel investissent dans des plateformes, du suivi individuel et des certifications reconnues. Ce n'est pas du low-cost, c'est simplement une formation sans contrainte géographique.
Les 10 départements qui forment le plus à Excel
Au-delà des régions, le classement par département révèle quels bassins économiques concentrent réellement l'offre de formation :
- Paris : 324 formations (la capitale domine largement)
- Rhône : 207 formations
- Loire-Atlantique : 203 formations
- Gironde : 186 formations
- Haute-Garonne : 178 formations
- Bouches-du-Rhône : 172 formations
- Bas-Rhin : 167 formations
- Nord : 165 formations
- Hérault : 152 formations
- Hauts-de-Seine : 151 formations
Ce classement ne suit pas simplement la population. Le Rhône (Lyon) devance la Loire-Atlantique (Nantes) et la Gironde (Bordeaux), trois départements dont la population est comparable, mais dont le tissu économique diffère. Lyon, avec sa concentration de sièges sociaux, de banques et d'industries, génère une demande de formation plus forte. Les Bouches-du-Rhône (Marseille) et le Bas-Rhin (Strasbourg) complètent ce portrait des pôles économiques majeurs.
Un détail intéressant : les Hauts-de-Seine (151 formations) sont le seul département de la petite couronne parisienne dans le top 10. Les formations franciliennes se concentrent à Paris intra-muros et à La Défense, pas en banlieue. Si tu travailles en Île-de-France mais hors Paris, le distanciel est souvent l'option la plus pratique.
Excel par métier : qui utilise quoi et pourquoi ?
Les métiers qui utilisent le plus Excel
Excel est utilisé dans presque tous les métiers, mais les besoins varient considérablement. Un comptable n'utilise pas les mêmes fonctions qu'un commercial ou un analyste de données.
Chaque métier utilise Excel différemment. C'est pourquoi les formations génériques « Excel tous niveaux » ne sont pas toujours adaptées : un RH qui veut calculer une masse salariale n'a rien à faire dans un module sur les graphiques sparkline. Voici un aperçu des usages concrets par métier :
| Métier | Usage principal | Formules-clés |
|---|---|---|
| Comptable | Rapprochements bancaires, ecritures, bilans | RECHERCHEV, SOMME.SI, NB.SI, SI |
| RH | Suivi des conges, masse salariale, reporting | DATEDIF, NB.SI.ENS, TCD |
| Commercial | Suivi pipeline, previsions, commissions | SOMME.SI.ENS, Tableaux croises, Graphiques |
| Freelance / Independant | Facturation, suivi tresorerie, declarations | SI, SOMME, Mise en forme conditionnelle |
| Chef de projet | Planning, suivi budgetaire, dashboards | GANTT (MFC), INDEX/EQUIV |
| Analyste / Data | Nettoyage de donnees, analyses, reporting | Power Query, FILTRE, UNIQUE, TRIER |
| Assistanat | Gestion administrative, courriers, tableaux | TCD, CONCAT |
Zoom sur 5 métiers et leurs usages Excel concrets
Le comptable est probablement l'utilisateur Excel le plus intensif en entreprise. Son quotidien, c'est le rapprochement bancaire : comparer des relevés de banque avec des factures, ligne par ligne, pour s'assurer que tout correspond. Sans formules, c'est un travail de moine qui prend des heures. Avec RECHERCHEV, tu automatises la correspondance en quelques secondes. Les comptables utilisent aussi SOMME.SI pour calculer les totaux par compte, par fournisseur ou par période, et NB.SI pour vérifier qu'aucune écriture ne manque. Ils créent des balances âgées (aging reports) pour suivre les créances clients, et consolident les déclarations de TVA chaque trimestre. Excel est leur outil quotidien, et la moindre erreur de formule a un impact financier réel.
Le commercial vit dans son « tableau de bord commercial », ce fameux fichier Excel que chaque équipe de vente maintient en parallèle du CRM (quand il y en a un). Le pipeline de vente, les prévisions de chiffre d'affaires, le calcul des commissions : tout passe par Excel. La formule reine ici, c'est SOMME.SI.ENS, qui permet de calculer le CA par commercial, par région, par produit et par période en une seule formule. Les tableaux croisés dynamiques servent à analyser les performances d'un trimestre à l'autre, et les graphiques rendent le tout présentable pour le comité de direction du lundi matin. Le commercial qui maîtrise Excel gagne du temps sur le reporting et le consacre à ce qui compte : vendre.
Le RH utilise Excel même quand l'entreprise dispose d'un SIRH (système d'information RH), parce qu'Excel reste plus rapide pour les analyses ponctuelles. Calcul de la masse salariale avec des projections d'augmentation, suivi des congés avec DATEDIF pour calculer l'ancienneté et les droits acquis, reporting des effectifs par département, par type de contrat, par tranche d'âge. NB.SI.ENS est la formule indispensable pour compter les salariés qui correspondent à plusieurs critères simultanément (CDI + cadre + ancienneté > 5 ans, par exemple). Le RH qui maîtrise les tableaux croisés dynamiques peut sortir en 5 minutes un reporting que son collègue mettra une demi-journée à assembler manuellement.
Le chef de projet a une relation paradoxale avec Excel : il passe souvent plus de temps à maintenir son fichier de suivi qu'à piloter le projet lui-même. Diagrammes de Gantt construits avec la mise en forme conditionnelle, suivi budgétaire avec écarts prévu/réel, allocation des ressources par phase. La combinaison INDEX/EQUIV est précieuse pour aller chercher des données dans des tableaux de référence (tarifs journaliers, disponibilités, jalons). Le problème, c'est que beaucoup de chefs de projet bricolent leurs fichiers sans vraie structure, ce qui les rend fragiles et difficiles à transmettre. Un fichier de suivi bien construit, avec des formules solides et une structure claire, fait gagner des heures chaque semaine.
L'analyste ou le profil data représente le pont entre « utilisateur Excel » et « professionnel de la donnée ». Son terrain de jeu, c'est Power Query pour le nettoyage et la transformation de données brutes, les fonctions dynamiques ( FILTRE, UNIQUE, TRIER) pour manipuler des jeux de données sans formules imbriquées, et les tableaux croisés dynamiques pour synthétiser des milliers de lignes en quelques indicateurs. C'est souvent ce profil qui fait la passerelle vers Power BI ou Python quand Excel atteint ses limites. Mais même avec des outils plus puissants à disposition, l'analyste revient toujours à Excel pour les explorations rapides et les prototypages, parce que rien n'est plus rapide qu'un tableur pour tester une hypothèse sur un jeu de données.
Au Dojo, on a conçu l'arbre de compétences exactement pour ça : tu choisis les modules qui correspondent à ton métier et ton niveau, et tu progresses sur les compétences dont tu as réellement besoin. Pas de formation générique, pas de temps perdu sur des sujets qui ne te serviront jamais.
Top 10 des formules Excel les plus recherchées en France
Quelles sont les formules les plus recherchées par les Français ? En croisant les données de notre site (plus de 550 pages de formules) et les tendances Google, voici le top 10 :
- RECHERCHEV (VLOOKUP) - La reine incontestée des formules. Tout le monde la cherche, tout le monde en a besoin. Même si RECHERCHEX est plus moderne, RECHERCHEV reste la référence.
- SI (IF) - Le fondamental absolu. Impossible de faire un tableur intelligent sans conditions.
- SOMME.SI / SOMME.SI.ENS (SUMIF / SUMIFS)
- NB.SI / NB.SI.ENS (COUNTIF / COUNTIFS)
- INDEX / EQUIV (INDEX / MATCH)
- CONCATENER / CONCAT (CONCATENATE / CONCAT)
- GAUCHE / DROITE / STXT (LEFT / RIGHT / MID)
- AUJOURDHUI / DATE (TODAY / DATE)
- SI.CONDITIONS (IFS)
- FILTRE (FILTER) - La nouvelle génération. Les fonctions dynamiques comme FILTRE transforment la façon de travailler avec Excel, mais elles sont quasi absentes des formations CPF.
Pourquoi RECHERCHEV domine encore le classement
RECHERCHEV est la formule la plus recherchée en France, et de loin. Pourtant, RECHERCHEX, sortie en 2019, est objectivement plus puissante : elle cherche dans n'importe quelle direction, gère les valeurs manquantes nativement, et sa syntaxe est plus lisible. Alors pourquoi RECHERCHEV reste numéro 1 ? Trois raisons. D'abord, l'héritage : des millions de fichiers existants utilisent RECHERCHEV, et personne ne va réécrire des classeurs qui fonctionnent. Ensuite, la compatibilité : RECHERCHEX n'est disponible que sur Excel 365 et Excel 2021+, ce qui exclut encore beaucoup d'entreprises restées sur des versions plus anciennes. Enfin, l'effet d'apprentissage : c'est la formule que les gens ont apprise en premier, celle qui figure dans tous les tutoriels, tous les livres, toutes les formations CPF. Quand tu cherches « comment trouver une valeur dans Excel », Google te renvoie vers RECHERCHEV, pas vers RECHERCHEX.
Formules « classiques » vs formules « modernes »
Ce classement révèle un clivage net entre deux mondes Excel. D'un côté, les formules classiques : RECHERCHEV, SI, SOMME.SI, NB.SI, INDEX/EQUIV. Ce sont les piliers que tout utilisateur intermédiaire connaît, disponibles depuis Excel 2007 (voire avant). De l'autre, les formules modernes : FILTRE, UNIQUE, TRIER, RECHERCHEX, apparues avec Excel 365 et les tableaux dynamiques. La réalité, c'est que l'immense majorité des utilisateurs Excel en France vit encore dans le monde classique. Les fonctions dynamiques représentent une révolution dans la façon de manipuler les données (plus besoin de Ctrl+Maj+Entrée, plus besoin de formules matricielles imbriquées), mais elles restent méconnues. Seule FILTRE, en 10e position de ce classement, commence à percer.
Ce décalage se retrouve dans l'offre de formation. Le catalogue CPF est dominé par les certifications TOSA et ICDL, dont les référentiels couvrent les formules classiques mais ignorent largement les fonctions dynamiques. Résultat : un salarié peut obtenir un score TOSA de 800/1000 sans jamais avoir entendu parler de FILTRE ou de RECHERCHEX. Le marché de la formation certifiante accuse un retard de 3 à 5 ans sur les innovations du logiciel.
Ce que ce classement dit de la maturité Excel en France
Quand les formules les plus recherchées sont RECHERCHEV et SI, ça signifie que l'utilisateur moyen en est encore à résoudre des problèmes de base : chercher une valeur, poser une condition, additionner selon un critère. Ce ne sont pas des besoins avancés, ce sont les fondamentaux. Le fait que ces requêtes dominent montre que le niveau médian des utilisateurs Excel français reste intermédiaire, au mieux. Les fonctions dynamiques, Power Query, les tableaux structurés : tout ça reste l'apanage d'une minorité. C'est cohérent avec les chiffres Pix cités plus haut, qui montrent que 60 % des salariés n'ont pas le niveau numérique suffisant pour être efficaces au travail. La bonne nouvelle, c'est que la marge de progression est énorme : il suffit souvent de maîtriser 5 à 10 formules-clés pour transformer sa productivité.
Tendances Excel 2026 : IA, fonctions dynamiques et CPF
Excel évolue plus vite que les formations qui l'enseignent. Les fonctions dynamiques (FILTRE, TRIER, RECHERCHEX), arrivées avec Microsoft 365, transforment radicalement la façon de travailler, mais le marché CPF n'a pas encore suivi.
FILTRE, TRIER, RECHERCHEX : les nouvelles fonctions qui changent Excel
Depuis l'arrivée d'Excel 365, Microsoft a introduit une famille de fonctions qui changent radicalement la façon de travailler : FILTRE, TRIER, UNIQUE, RECHERCHEX. Ces fonctions remplacent des approches beaucoup plus complexes qui nécessitaient des Ctrl+Maj+Entrée, des formules imbriquées, ou du VBA.
Prenons un exemple concret. Avant les fonctions dynamiques, pour filtrer une liste de ventes supérieures à 100 €, tu devais construire une formule matricielle avec Ctrl+Maj+Entrée, combiner INDEX, EQUIV et PETITE.VALEUR, ou passer par du VBA. Aujourd'hui, =FILTRE(A:A; B:B>100) fait le travail en une seule formule. Le gain de productivité est considérable : ce qui prenait 10 minutes à construire (et 20 minutes à déboguer) se fait désormais en 10 secondes. Même logique pour RECHERCHEX qui remplace RECHERCHEV en ajoutant la recherche approximative, la recherche inversée et la gestion native des erreurs.
Pourtant, notre analyse du CPF montre que seules 31 formations mentionnent Power Query, et quasiment aucune ne couvre les fonctions dynamiques. Le marché de la formation certifiante accuse un retard de 3 à 5 ans sur les innovations du logiciel. C'est un problème structurel : les référentiels de certification évoluent lentement, et les organismes de formation adaptent leurs programmes en fonction des référentiels, pas des besoins réels. Résultat : la plupart des formations CPF enseignent encore Excel comme en 2018, alors que le logiciel a fondamentalement changé.
Copilot et IA dans Excel : faut-il encore apprendre les formules ?
Copilot dans Excel (Microsoft 365) change la donne. L'IA peut générer des formules, créer des tableaux croisés dynamiques, analyser des données et proposer des graphiques en langage naturel. Concrètement, tu peux lui demander « crée un tableau croisé dynamique des ventes par région » et il le fait. Tu peux lui dire « corrige ma RECHERCHEV qui renvoie #N/A » et il identifie souvent le problème.
Mais Copilot a des limites réelles qu'il faut connaître. Il peut halluciner des formules qui n'existent pas, produire des résultats qui ont l'air corrects mais qui ne le sont pas, et il gère mal les transformations complexes en plusieurs étapes. Demande-lui de croiser trois tables avec des conditions multiples : tu obtiendras probablement une réponse confiante mais fausse. Sans connaissances de base, tu n'as aucun moyen de le détecter.
Un utilisateur qui ne comprend pas ce qu'est un RECHERCHEV ne saura pas formuler la bonne requête à Copilot, et surtout ne saura pas vérifier si le résultat est correct. L'insight clé est celui-ci : Copilot est un accélérateur pour ceux qui maîtrisent déjà les fondamentaux, pas un substitut à l'apprentissage. Tu dois savoir QUOI demander et COMMENT vérifier la réponse. C'est pour ça que nous avons créé des outils IA complémentaires : générateur de formules et explicateur de formules, des outils qui t'aident à apprendre, pas à éviter d'apprendre.
Reste à charge CPF : quel impact sur les formations Excel ?
L'introduction du « reste à charge » (RAC) en 2024 a changé le marché. Concrètement, chaque bénéficiaire doit désormais payer environ 100 € de sa poche pour toute formation CPF, quel que soit son montant. Ce ticket d'entrée a deux effets majeurs. D'un côté, il réduit les inscriptions « par opportunisme » : fini les gens qui s'inscrivaient à une formation Excel à 3 000 € juste parce que c'était « gratuit ». De l'autre, il crée une barrière pour les travailleurs à revenus modestes qui hésitent à débourser 100 € même pour une formation utile.
L'impact sur les formations Excel est double : les formations les plus chères voient leur demande baisser, et les formats plus courts et moins chers gagnent en attractivité. On observe déjà une montée des formations à moins de 1 000 €, souvent en distanciel, qui captent une part croissante du marché. Paradoxalement, cela pourrait assainir le secteur en éliminant les « formations Excel à 5 000 € » qui surfacturaient pour profiter de l'enveloppe CPF. L'effet à surveiller pour l'édition 2027 de ce baromètre.
Nos prévisions pour le marché Excel en 2027
- Montée de Power Query et Power BI dans les formations CPF : ces sujets sont devenus incontournables en entreprise mais le catalogue CPF n'a pas encore suivi
- Augmentation de la part du distanciel : déjà 24 % des formations, la tendance ne fera que s'accélérer
- Émergence de micro-certifications : des formats plus courts, plus ciblés, moins chers, adaptés au nouveau RAC
- Intégration de l'IA dans les programmes : les formations qui n'intègrent pas Copilot et les fonctions dynamiques perdront en pertinence
- Baisse du prix médian : le RAC pousse les organismes à ajuster leurs tarifs pour rester accessibles
Méthodologie
Ce baromètre est fondé sur l'analyse croisée de plusieurs sources de données publiques et de rapports institutionnels. Voici comment les données ont été collectées, nettoyées et interprétées.
Extraction des données CPF
- Source : dataset Mon Compte Formation, publié sur data.gouv.fr, extrait en mars 2026
- Filtre : toutes les formations dont l'intitulé contient « Excel » (insensible à la casse)
- Volume : 9 443 lignes retenues sur 217 213 formations CPF au total
- Champs utilisés : intitulé formation, intitulé certification, région, département, prix moyen TTC, durée moyenne, type référentiel, formacode
Nettoyage des données
- Suppression des doublons : une même formation référencée plusieurs fois avec des sessions différentes n'est comptée qu'une fois
- Normalisation des prix : les formations avec un prix à 0 € ou manifestement erroné ont été exclues du calcul des moyennes
- Affectation régionale basée sur le code département déclaré par l'organisme de formation
Sources complémentaires
- Statistiques nationales : INSEE (enquête compétences numériques), Pix (rapport d'évaluation annuel), Baromètre du numérique (Arcep/CREDOC)
- Statistiques européennes : Cedefop (rapports compétences numériques), Eurostat
- Enquêtes professionnelles : OPCO EP (maturité numérique TPE/PME)
Limites à garder en tête
- Le périmètre se limite aux formations éligibles au CPF : les formations privées internes aux entreprises ne sont pas couvertes
- Les données sont déclaratives : prix et durées sont ceux indiqués par les organismes de formation, sans vérification indépendante
- Aucune donnée sur les taux d'inscription réels ni sur les taux de complétion n'est disponible dans le dataset source
- Les statistiques externes proviennent d'années différentes (2025-2026) et ne sont pas toutes strictement comparables
La liste complète des sources est disponible en bas de page.
Télécharger le rapport complet
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Sources et références
- Mon Compte Formation, dataset public, export data.gouv.fr (mars 2026). 9 443 formations Excel sur 217 213 au total.
- INSEE, Enquête TIC sur les ménages (février 2026). Compétences numériques des 16-74 ans en France.
- Pix, Rapport annuel d'évaluation des compétences numériques (2025). Plateforme publique d'évaluation.
- Baromètre du numérique 2025, Arcep / CREDOC / Agence du Numérique. Usages numériques des Français.
- Cedefop, Centre européen pour le développement de la formation professionnelle (2025). Rapports sur les compétences numériques dans l'UE.
- OPCO EP, Enquête maturité numérique des TPE/PME (2025). 10 000 dirigeants interrogés.
- Eurostat, Individuals' level of digital skills (février 2026). Comparaisons européennes.
- McKinsey Global Institute, rapport sur la productivité au travail. Estimation de 1,8 h/jour consacrées à la recherche d'informations.
Transparence : Le Dojo Club est un acteur du marché de la formation Excel (communauté d'apprentissage en ligne). Ce baromètre est produit dans un objectif d'information. Les données CPF sont publiques et vérifiables sur data.gouv.fr.
Baromètre Excel 2026, première édition. Mis à jour chaque année.