Qu'est-ce que la fonction PRINCPER ?
PRINCPER (PPMT en anglais) te sert dès que tu veux savoir combien ta dette baisse réellement à une échéance donnée, sans la confondre avec ce que tu paies en intérêts sur la même ligne. C'est particulièrement utile en début de prêt, quand la mensualité semble élevée mais que la part qui rembourse vraiment le capital reste faible.
Concrètement, PRINCPER te permet de construire des tableaux d'amortissement professionnels, de comparer les premières mensualités (où tu paies surtout des intérêts) aux dernières (où tu rembourses surtout du capital), ou encore de vérifier les chiffres fournis par ta banque.

Comprendre chaque paramètre de la fonction PRINCPER
Les quatre premiers arguments sont obligatoires et se lisent dans l'ordre : le taux par période, la pér que tu veux analyser, le npm (nombre total de paiements), puis va, le montant emprunté. Le piège n'est pas l'ordre mais l'unité : ton taux et ton npm doivent parler la même langue (tous deux mensuels, ou tous deux annuels).
Les deux derniers, vc et type, sont facultatifs et restent à 0 pour un prêt classique. Tu n'y touches que pour un prêt ballon (un solde à laisser à la fin) ou des paiements en début de période.
taux
: le taux d'intérêt par périodeSi ton prêt a un taux annuel de 3,6 % et que tu paies mensuellement, divise par 12 : 3.6%/12 ou 0.036/12. C'est crucial : le taux doit correspondre à la fréquence de paiement.
pér
: la période pour laquelle tu veux calculer le remboursement du capitalC'est un nombre entre 1 et npm. Par exemple, pér=1 pour la première mensualité, pér=12 pour la douzième. Ce paramètre te permet d'analyser l'évolution du remboursement mois par mois.
npm
: le nombre total de périodes de paiementPour un prêt sur 20 ans avec des mensualités, c'est 20*12 = 240. Pour un prêt sur 5 ans avec des paiements trimestriels, c'est 5*4 = 20. Ce paramètre définit la durée totale du prêt.
va
: la valeur actuelle, c'est-à-dire le montant du prêtPour un emprunt de 200 000 €, entre -200000. Le signe négatif indique que c'est de l'argent que tu as reçu (entrée de trésorerie). Si tu préfères utiliser un nombre positif, inverse le signe du résultat final.
vc
: la valeur capitalisée, c'est-à-dire le solde que tu veux atteindre à la fin(facultatif)Par défaut, vc=0 (prêt entièrement remboursé). Si tu veux qu'il reste 50 000 € à la fin (par exemple pour un prêt ballon), entre 50000. Rarement utilisé pour les prêts classiques.
type
: indique quand les paiements sont effectués(facultatif)0 (ou omis) = en fin de période (cas standard pour la plupart des prêts). 1 = en début de période (rare, sauf pour certains prêts professionnels ou contrats de location-financement).

Exemples pratiques pas à pas
Comment calculer le capital remboursé le premier mois avec la fonction PRINCPER
Tu compares plusieurs biens avant de te lancer, et on te répète que les premières mensualités servent surtout à payer des intérêts. Ton tableau liste chaque bien avec son capital, son taux et sa durée en années, et tu veux voir noir sur blanc combien de dette tu effaces réellement dès la première échéance. La fonction PRINCPER isole cette part de capital pour la période de ton choix, prête à recopier sur toute la colonne.
- 1Dans une cellule, écris
=-PRINCPER(. Le signe-collé devant la fonction n'est pas un argument. PRINCPER suit la convention des flux financiers et renvoie une valeur négative parce qu'un remboursement sort de ta poche, et ce moins la repasse en positif pour ta colonne. - 2En 1er argument : saisis le taux d'une seule période,
C2/12. La banque annonce un taux annuel alors que les échéances tombent chaque mois, donc tu divises les0,036de la ligne par12pour parler la même unité de temps que la durée. - 3En 2ᵉ argument : saisis l'échéance que tu veux analyser,
1. C'est la toute première mensualité, celle où la part de capital est la plus faible de tout le prêt. - 4En 3ᵉ argument : saisis le nombre total de paiements,
D2*12. La durée est exprimée en années dans la colonne, donc tu multiplies les25ans par12pour obtenir les300mensualités et rester dans la même unité que le taux. - 5En 4ᵉ argument : clique sur le capital emprunté,
B2(200 000 €). C'est la somme que la banque te verse aujourd'hui et que les300échéances vont effacer petit à petit. - 6Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée. Sur la première ligne, seuls
412,01 €réduisent vraiment la dette ce mois-là, tout le reste de la mensualité payant les intérêts.
=-PRINCPER(C2/12; 1; D2*12; B2)12, les 25 ans devenus 300 échéances) puis isole la part de capital de la période 1. Sur les 200 000 € de l'appartement 1, seuls 412,01 € réduisent vraiment la dette ce mois-là, tout le reste de la mensualité payant les intérêts. Recopiée vers le bas, la colonne rend le même verdict pour chaque bien.Comment construire un tableau d'amortissement avec la fonction PRINCPER
Ton relevé de prêt de 50 000 € sur 5 ans à 4 % n'affiche qu'un montant mensuel global, et tu voudrais savoir à quelle vitesse ta dette fond vraiment. Tu poses donc les numéros de mois dans une colonne et tu veux, en face de chacun, le capital effacé à cette échéance. La fonction PRINCPER accepte n'importe quel numéro de période, donc il suffit de pointer la cellule du mois pour dérouler tout le tableau d'amortissement.
- 1Dans une cellule, écris
=-PRINCPER(. Le signe-placé devant la fonction n'est pas un argument. Il compense la convention des flux financiers, qui pousse PRINCPER à rendre une valeur négative, et te redonne un montant positif dans la colonne. - 2En 1er argument : saisis le taux d'une période,
4%/12. Le taux annuel du prêt devient mensuel, et il est écrit en dur parce qu'un seul crédit est analysé sur tout le tableau. - 3En 2ᵉ argument : clique sur le numéro de mois de la ligne,
A2. C'est le seul élément qui bouge d'une ligne à l'autre, là où l'exemple précédent figeait la période à1. - 4En 3ᵉ argument : saisis le nombre total de paiements,
60. Le prêt court sur5ans, soit60mensualités, et cette durée ne change jamais sinon tu ne décrirais plus le même crédit. - 5En 4ᵉ argument : saisis le capital emprunté,
50000. Il est écrit en dur lui aussi, puisque toutes les lignes décrivent le même prêt. - 6Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée, puis recopie la formule vers le bas. Le capital remboursé grimpe de
754,16 €au mois1à917,77 €au mois60, alors que la mensualité, elle, ne bouge jamais.
=-PRINCPER(4%/12; A2; 60; 50000)754,16 € au mois 1 à 917,77 € au mois 60. La mensualité, elle, ne change jamais : ce que la part d'intérêts perd au fil du prêt, la part de capital le récupère intégralement.Comment gérer l'erreur #NOMBRE! de la fonction PRINCPER avec SIERREUR
Tu as regroupé tous tes crédits dans un même tableau pour suivre le capital remboursé à un mois précis, et deux lignes te renvoient un code d'erreur au lieu d'un montant. Le mois analysé y dépasse la durée du prêt, ce qui arrive vite quand la même formule est recopiée sur des crédits qui ne durent pas tous aussi longtemps. Tu veux que ces lignes affichent un message compréhensible plutôt qu'une erreur qui salit le tableau.
- 1Dans une cellule, écris
=SIERREUR(. - 2En 1er argument : écris le calcul à surveiller et referme-le,
-PRINCPER(C2/12; E2; D2; B2). C'est le même remboursement de capital que dans les exemples précédents, avec le taux mensuelC2/12, le mois analyséE2, la duréeD2déjà exprimée en mois et le capitalB2. Dès que le mois analysé dépasse le nombre d'échéances du prêt, ce calcul renvoie l'erreur#NOMBRE!. - 3En 2ᵉ argument : saisis le texte à afficher quand le calcul échoue,
"Mois hors prêt". Les guillemets sont obligatoires pour qu'Excel affiche ce libellé tel quel, et les lignesPrêt travauxetPrêt immobasculent dessus tandis que les autres gardent leur montant. - 4Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée. Celle du calcul PRINCPER a déjà été refermée à l'étape précédente.
=SIERREUR(-PRINCPER(C2/12; E2; D2; B2); "Mois hors prêt")1 et le nombre d'échéances : demander le mois 40 d'un prêt qui n'en compte que 36 n'a aucun sens, donc elle renvoie l'erreur #NOMBRE!. La fonction SIERREUR intercepte cette erreur et affiche « Mois hors prêt » à sa place, sans rien changer aux lignes qui se calculent normalement.
Les erreurs fréquentes avec la fonction PRINCPER
Avec PRINCPER, ce ne sont presque jamais les chiffres qui clochent, mais les unités et les signes. Une pér qui dépasse npm déclenche un #NOMBRE!, et un taux annuel mélangé à un npm en mois te sort un résultat faux sans jamais lever d'erreur (le plus sournois).
Les deux autres pièges viennent de la convention comptable : le résultat négatif qui inverse tes totaux, et la confusion entre va (le montant emprunté) et vc (le solde final).
Erreur #NOMBRE! : période supérieure à npm
Le paramètre pér est supérieur à npm. Tu ne peux pas calculer le 250ème mois d'un prêt sur 240 mois.
Solution : Vérifie que pér est toujours compris entre 1 et npm. Si tu crées un tableau avec des formules copiées, ajoute une condition : =SI(A2<=npm; PRINCPER(...); "").
Incohérence de périodicité entre taux et npm
Si ton taux est annuel mais que ton npm est en mois, le résultat sera complètement faux. Le taux et le nombre de périodes doivent toujours être exprimés dans la même unité.
Solution : Divise toujours le taux annuel par le nombre de périodes par an : taux_annuel/12 pour des mensualités. Crée des cellules intermédiaires dédiées pour éviter les erreurs de copie.
Résultat négatif inattendu dans un tableau
PRINCPER retourne un nombre négatif par convention comptable (sortie d'argent). Affiché directement, il peut donner des totaux inversés ou prêter à confusion.
Solution : Utilise =ABS(PRINCPER(...)) pour obtenir la valeur absolue, ou =-PRINCPER(...) pour inverser le signe. Applique la même logique à INTPER et VPM pour que tes colonnes restent cohérentes.
Confusion entre va et vc
Certains inversent va (valeur actuelle = montant du prêt) et vc (valeur capitalisée = solde final). Avec le montant du prêt dans vc, PRINCPER calcule un prêt qui part de 0 pour arriver à ce montant.
Solution : Retiens : va = montant emprunté maintenant ; vc = solde à la fin (0 pour un prêt classique). Laisse vc omis ou à 0 dans la grande majorité des cas.

PRINCPER vs INTPER vs VPM vs CUMUL.PRINCPER
Prends PRINCPER quand tu veux la part de capital d'UN mois précis, et son jumeau INTPER pour la part d'intérêts du même mois. Additionne les deux et tu retombes exactement sur VPM, la mensualité totale.
Dès que tu raisonnes sur une plage de mois plutôt qu'un seul (le capital remboursé sur une année, par exemple), passe à CUMUL.PRINCPER plutôt que d'empiler douze PRINCPER.
| Fonction | Ce qu'elle calcule | Quand l'utiliser | Exemple |
|---|---|---|---|
| PRINCPER | Part du capital remboursé pour UNE période donnée | Analyser mois par mois le remboursement du capital | =PRINCPER(4%/12; 1; 240; -100000) |
| INTPER | Part des intérêts pour UNE période donnée | Connaître les intérêts payés un mois précis | =INTPER(4%/12; 1; 240; -100000) |
| VPM | Mensualité totale (capital + intérêts) | Calculer combien tu paies chaque mois au total | =VPM(4%/12; 240; -100000) |
| CUMUL.PRINCPER | Capital total remboursé sur plusieurs périodes | Savoir combien de capital remboursé entre deux dates | =CUMUL.PRINCPER(4%/12; 240; -100000; 1; 12; 0) |

Astuces avancées avec PRINCPER
Calcule le capital restant dû à n'importe quel moment
Pour savoir combien il te reste à rembourser après N mois, utilise =PRINCPER via sa version cumulée : =montant_initial + CUMUL.PRINCPER(taux/12; npm; -montant_initial; 1; mois_actuel; 0). La somme des PRINCPER déjà payés est négative, ce qui réduit le montant initial.
Résultat : le capital restant dû en temps réel, sans avoir à tenir un tableau complet.
Simule l'impact d'un remboursement anticipé
Pour modéliser un remboursement anticipé de 10 000 € après 3 ans, calcule d'abord le capital restant dû après 36 mois, soustrais 10 000 €, puis utilise ce nouveau montant comme va dans =PRINCPER pour un nouveau prêt sur la durée restante.
Tu compares ainsi les deux scénarios (avec et sans remboursement anticipé) côte à côte, avec les vrais chiffres.
Crée un graphique d'évolution capital vs intérêts
Construis deux colonnes : une avec =ABS(PRINCPER(...)) et une avec =ABS(INTPER(...)) pour chaque mois. Un graphique en aires empilées montre visuellement la bascule : au début, les intérêts dominent ; à la fin, c'est le capital qui prend le dessus.
Très percutant pour une présentation client ou une note de direction.
Questions fréquentes
PRINCPER calcule la part du capital remboursé dans ta mensualité, tandis que INTPER calcule la part des intérêts. Si tu additionnes les deux, tu obtiens exactement ta mensualité totale (VPM). Au début du prêt, INTPER est élevé et PRINCPER est faible. À la fin, c'est l'inverse : tu rembourses surtout du capital et presque plus d'intérêts.
Comme pour toutes les fonctions financières Excel, PRINCPER utilise la convention comptable : les sorties d'argent sont négatives, les entrées positives. Le remboursement du capital est une sortie, donc le résultat est négatif.
Utilise ABS() si tu veux un nombre positif pour l'affichage, ou préfixe la formule d'un signe -.
Utilise CUMUL.PRINCPER(taux; npm; va; période_début; période_fin; type). Par exemple, pour connaître le capital remboursé pendant la première année d'un prêt : =CUMUL.PRINCPER(taux/12; npm; va; 1; 12; 0).
C'est beaucoup plus rapide que de faire la somme de 12 formules PRINCPER séparées.
C'est le principe de l'amortissement : ta mensualité reste fixe, mais la part d'intérêts diminue chaque mois (car tu dois moins). Comme la mensualité ne change pas, la part du capital augmente automatiquement. Au début, tu paies surtout des intérêts ; à la fin, surtout du capital. C'est pourquoi les premiers mois sont les plus coûteux en intérêts.
Oui, notamment pour le premier paiement. Avec type=0 (paiement en fin de période), PRINCPER calcule l'amortissement classique. Avec type=1 (paiement en début de période), le capital remboursé du premier mois est plus élevé car les intérêts portent sur un mois de moins.
La différence diminue ensuite. Pour la quasi-totalité des prêts bancaires, type=0 (ou omis) est la valeur correcte.
Pour aller plus loin
Continue sur ta lancée après la fonction PRINCPER : la leçon associée, un modèle prêt à l'emploi et le guide pour progresser.
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