Qu'est-ce que la fonction PRIX. TITRE. ECHEANCE ?
PRIX.TITRE.ECHEANCE (PRICEMAT en anglais) te sert dès que tu dois valoriser aujourd'hui un titre qui n'a jamais versé le moindre coupon en cours de route, comme un certificat de dépôt ou un billet de trésorerie revendu sur le marché secondaire. C'est le calcul de référence pour savoir si ce que le marché te propose est cher ou pas, avant de t'engager.
Concrètement, tu lui fournis la date d'achat, la date d'émission, la date d'échéance, le taux facial et le rendement exigé, et elle te retourne le prix juste à payer aujourd'hui. Un titre avec un taux facial inférieur au rendement exigé sera proposé en dessous du pair, et inversement. C'est l'outil de base pour comparer plusieurs instruments monétaires et prendre la bonne décision d'investissement.

Comprendre chaque paramètre de la fonction PRIX.TITRE.ECHEANCE
Les trois premières dates doivent s'enchaîner dans l'ordre où elles arrivent dans la vraie vie du titre : l'émission d'abord, ton règlement (le jour de l'achat) ensuite, et l'échéance en dernier. Inverse-les et tu récoltes un #NOMBRE!.
Viennent ensuite le taux facial du titre puis le rendement que tu exiges, tous deux en décimal. Seul le dernier argument, base, est facultatif : omis, il prend la convention 30/360 US, ce qui n'est pas celle des titres européens.
règlement
: la date de règlement correspond au jour où tu achètes le titre et où la transaction est effectiveC'est à partir de cette date que commence le calcul des intérêts courus et de la valorisation.
En pratique, sur les marchés financiers, la date de règlement se situe généralement deux à trois jours ouvrés après la date de négociation (convention T+2 ou T+3 selon les marchés).
échéance
: la date d'échéance (ou maturité) est la date à laquelle le titre arrive à termeÀ cette date, l'émetteur rembourse le capital nominal et verse simultanément les intérêts accumulés depuis l'émission. C'est le moment où tu récupères l'intégralité de ton investissement.
Cette date doit obligatoirement être postérieure à la date de règlement, sinon Excel retourne une erreur #NOMBRE!.
émission
: la date d'émission indique le jour où le titre a été initialement créé et mis sur le marché primaireElle sert de référence pour calculer la durée totale du titre et les intérêts courus.
En général, la date d'émission précède la date de règlement, sauf si tu achètes le titre dès son émission sur le marché primaire.
taux
: le taux d'intérêt annuel du titre, aussi appelé taux facial ou taux nominal, exprimé en décimalPour un taux de 3,5%, tu saisis 0,035.
Ce taux détermine le montant des intérêts que le titre accumulera de la date d'émission jusqu'à l'échéance. Pour un titre purement zéro-coupon, ce taux correspond au rendement implicite.
Attention : Le taux doit être positif ou nul. Un taux négatif génère une erreur #NOMBRE!.
rendement
: le rendement annuel exigé (ou taux de rendement actuariel) représente le taux de rentabilité que tu souhaites obtenir sur cet investissementIl reflète les conditions actuelles du marché et le risque perçu du titre.
Plus le rendement exigé est élevé, plus le prix du titre sera faible (relation inverse). Ce paramètre s'exprime également en décimal : 4% devient 0,04.
[base]
: la base de calcul définit la convention utilisée pour compter les jours et l'année(facultatif)Ce choix peut avoir un impact sur le résultat, notamment pour des durées longues.
Valeurs possibles : 0 ou omis = 30/360 US (NASD), 1 = Réel/réel (le plus courant pour les titres européens), 2 = Réel/360, 3 = Réel/365, 4 = 30/360 européen.
Pour les titres français et européens, utilise généralement base = 1 (Réel/réel) qui compte précisément les jours calendaires.

Exemples pratiques pas à pas
Comment calculer le prix d'un certificat de dépôt avec la fonction PRIX.TITRE.ECHEANCE
Un certificat de dépôt émis en janvier 2026 se revend sur le marché secondaire et tu dois annoncer ton prix pour le 15 mars. Le titre ne paie aucun coupon intermédiaire : il capitalise ses intérêts à 2,5 % et rembourse tout le 15 juillet, mais le marché exige aujourd'hui 2,8 % sur ce type de papier. La fonction PRIX.TITRE.ECHEANCE tient compte des intérêts déjà courus depuis l'émission et rend le prix pour 100 € de nominal.
- 1Dans une cellule, écris
=PRIX.TITRE.ECHEANCE(. - 2En 1er argument : saisis le jour où tu paies le titre,
DATE(2026;3;15). Il doit tomber entre l'émission et l'échéance, faute de quoi la fonction PRIX.TITRE.ECHEANCE renvoie#NOMBRE!. - 3En 2ᵉ argument : saisis le jour du remboursement,
DATE(2026;7;15), où le nominal et la totalité des intérêts sont versés en une seule fois. - 4En 3ᵉ argument : saisis la date de naissance du titre,
DATE(2026;1;15). Elle est indispensable ici parce que les intérêts courent depuis elle et non depuis ton achat, ce qui distingue cette fonction de PRIX.TITRE. - 5En 4ᵉ argument : saisis le taux contractuel du certificat,
0,025, servi sur toute sa vie. - 6En 5ᵉ argument : clique sur le rendement que le marché exige aujourd'hui,
B2, soit0,028. C'est lui qui fait basculer le prix au-dessus ou en dessous de 100. - 7En 6ᵉ argument : saisis la convention de décompte,
1pour le comptage réel des jours. Omise, elle vaudrait0et Excel compterait des mois de 30 jours. - 8Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
=PRIX.TITRE.ECHEANCE(DATE(2026;3;15); DATE(2026;7;15); DATE(2026;1;15); 0,025; B2; 1)Comment situer un prix par rapport au pair avec la fonction PRIX.TITRE.ECHEANCE
Le marché s'est tendu depuis l'émission de ton certificat et on te demande à partir de quel niveau de rendement tu perds de l'argent à la revente. Le taux d'émission reste gravé à 2,5 % pour toute la vie du titre, donc c'est le prix qui absorbe tout l'écart avec les exigences du jour. La fonction PRIX.TITRE.ECHEANCE chiffre les quatre hypothèses et fait apparaître le seuil où le prix croise le nominal.
- 1Dans une cellule, écris
=PRIX.TITRE.ECHEANCE(. - 2En 1er argument : saisis le jour de règlement,
DATE(2026;3;15), écrit en dur. C'est bien le même titre à la même date qu'on valorise dans les quatre cas. - 3En 2ᵉ argument : saisis le jour du remboursement,
DATE(2026;7;15), figé lui aussi. Il laisse quatre mois à courir sur chaque ligne. - 4En 3ᵉ argument : saisis la date de naissance du titre,
DATE(2026;1;15). Les intérêts courus au jour du règlement sont ainsi identiques dans les quatre scénarios. - 5En 4ᵉ argument : clique sur le taux d'émission,
C2, qui vaut 2,5 % partout. Le contrat d'émission ne se renégocie pas. - 6En 5ᵉ argument : clique sur le rendement exigé,
B2. C'est le seul argument qui varie, de 3,5 % à 2 % selon le scénario. - 7En 6ᵉ argument : saisis la convention de décompte,
1, pour que les quatre prix soient comparables entre eux. - 8Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
=PRIX.TITRE.ECHEANCE(DATE(2026;3;15); DATE(2026;7;15); DATE(2026;1;15); C2; B2; 1)100,00 et le titre vaut exactement son nominal. Au-dessus le titre se décote, en dessous il se paie plus cher que le pair, et les écarts restent faibles parce qu'il ne reste que quatre mois à courir.Comment corriger l'erreur #NOMBRE! de la fonction PRIX.TITRE.ECHEANCE
Ton tableau de valorisation affiche des #NOMBRE! sur deux certificats et tu ne vois rien d'anormal dans les dates au premier coup d'œil. Elles sont pourtant bien réelles toutes les trois, mais l'une d'elles est mal placée dans la chronologie du titre. La fonction PRIX.TITRE.ECHEANCE manipule trois dates au lieu de deux, ce qui multiplie les occasions de les inverser sans s'en apercevoir.
- 1Dans une cellule, écris
=PRIX.TITRE.ECHEANCE(. - 2En 1er argument : clique sur le jour de règlement,
B2. Sur la deuxième ligne il tombe le 15 août, après l'échéance de juillet, ce qui n'a aucun sens pour un achat et sort#NOMBRE!. - 3En 2ᵉ argument : clique sur la date d'échéance,
C2. Elle doit rester postérieure au règlement, sinon le titre serait remboursé avant d'être payé. - 4En 3ᵉ argument : clique sur la date d'émission,
D2. Sur la troisième ligne elle est datée du 15 mai alors que le règlement est en mars, or on ne peut pas acheter un titre avant qu'il existe. - 5En 4ᵉ argument : saisis le taux d'émission,
0,025. Il doit rester positif ou nul, un taux négatif renvoyant la même erreur sans autre explication. - 6En 5ᵉ argument : saisis le rendement exigé,
0,028. Il se contrôle de la même façon, une valeur négative étant refusée par la fonction PRIX.TITRE.ECHEANCE. - 7En 6ᵉ argument : saisis la convention de décompte,
1. Elle doit rester entre0et4, une base5glissée par erreur produisant encore un#NOMBRE!. - 8Ferme la parenthèse et appuie sur Entrée.
=PRIX.TITRE.ECHEANCE(B2; C2; D2; 0,025; 0,028; 1)#NOMBRE! au lieu d'un prix, et un taux négatif ou une base au-delà de 4 déclenchent exactement la même erreur.
Les erreurs fréquentes avec la fonction PRIX.TITRE.ECHEANCE
Trois messages reviennent avec cette fonction, et chacun pointe vers une famille de causes bien précise. Le #NOMBRE! sanctionne des valeurs hors limites : dates dans le désordre, taux ou rendement négatif, base en dehors de 0 à 4.
Le #VALEUR! signale plutôt un argument du mauvais type, typiquement une date ou un pourcentage saisi en texte. Et le #NOM? veut dire qu'Excel ne connaît pas la fonction : l'Utilitaire d'analyse n'est pas activé.
Erreur #NOMBRE! – Paramètres invalides ou dates inversées
L'erreur #NOMBRE! survient dans plusieurs situations : la date d'échéance est antérieure au règlement, la date d'émission est postérieure au règlement, le taux ou le rendement est négatif, ou le paramètre base est en dehors de la plage 0-4.
Solution : Vérifie l'ordre chronologique de tes dates (émission, puis règlement, puis échéance). Assure-toi que le taux et le rendement sont positifs et exprimés en décimal (0,035 pour 3,5%). Contrôle que la base est un entier compris entre 0 et 4.
Erreur #VALEUR! – Type de données incorrect
Cette erreur survient quand un ou plusieurs arguments ne sont pas du bon type : une date non reconnue comme valide, un texte fourni à la place d'un nombre, ou une référence vers une cellule vide.
Solution : Utilise la fonction DATE(année;mois;jour) pour construire tes dates, et vérifie que le taux et le rendement sont bien des nombres et non du texte. Une cellule affichant 3,5% en format texte (sans formatage pourcentage) ne sera pas reconnue.
Erreur #NOM? – Fonction non reconnue
Si Excel ne reconnaît pas PRIX.TITRE.ECHEANCE, le complément Utilitaire d'analyse n'est pas activé, ou la fonction est introuvable dans ta version d'Excel.
Solution : Active le complément via Fichier > Options > Compléments > Utilitaire d'analyse. Si la fonction reste introuvable, ta version d'Excel est peut-être trop ancienne.

Astuces avancées avec PRIX.TITRE.ECHEANCE
Combine avec d'autres fonctions financières pour une analyse complète
PRIX.TITRE.ECHEANCE s'utilise rarement seule. En pratique, tu la combines avec RENDEMENT.TITRE.ECHEANCE (qui fait le calcul inverse : prix connu → rendement), VALEUR.ENCAISSEMENT (montant total reçu à l'échéance) et INTERET.ACC.MAT (intérêts courus).
Ces quatre fonctions forment le socle d'une analyse complète d'un instrument monétaire à intérêts capitalisés.
Construis un tableau de sensibilité prix/rendement
Crée un tableau à double entrée avec des niveaux de taux (par exemple de 2% à 5% par pas de 0,25%) en colonne et des rendements exigés en ligne. Saisis =PRIX.TITRE.ECHEANCE(...) dans la cellule d'intersection et utilise l'outil Table de données (Données > Analyse scénarios) pour remplir la grille automatiquement.
Tu visualises l'impact des mouvements de marché sur la valorisation de ton titre sans réécrire aucune formule.
Fais attention au choix de la base
La convention de calcul des jours peut avoir un impact significatif sur le résultat, surtout pour des titres de longue durée ou sur des périodes comportant des mois de longueurs inégales. Assure-toi d'utiliser la même convention que celle indiquée dans les caractéristiques officielles du titre.base = 1 (Réel/réel) est la norme pour les titres européens ; base = 2 (Réel/360) est courante pour le papier commercial américain.
Questions fréquentes
PRIX.TITRE.ECHEANCE est conçue pour les titres qui paient tous leurs intérêts à l'échéance (certificats de dépôt, billets de trésorerie), tandis que PRIX.TITRE calcule le prix des obligations classiques qui versent des coupons périodiques. Si ton titre paie des intérêts réguliers tous les 6 mois ou chaque année, utilise PRIX.TITRE. S'il concentre tous ses intérêts en un seul versement à la maturité, utilise PRIX.TITRE.ECHEANCE.
Le résultat représente le prix du titre pour une valeur nominale de 100. Un résultat de 97,5 signifie que tu paies 97,50 € pour un titre qui vaudra 100 € à l'échéance, plus les intérêts accumulés. Si le rendement exigé est supérieur au taux facial, le prix sera inférieur à 100 (décote). Si le rendement exigé est inférieur au taux facial, le prix dépassera 100 (prime).
Le paramètre base définit la convention de calcul des jours. 0 ou omis = 30/360 US (NASD), 1 = réel/réel (le plus courant pour les titres européens), 2 = réel/360, 3 = réel/365, 4 = 30/360 européen.
Pour les titres français, utilise généralement 1 (réel/réel) qui respecte exactement le nombre de jours calendaires.
Les erreurs les plus fréquentes sont : des dates dans le mauvais ordre (émission après règlement, ou règlement après échéance), un taux ou rendement négatif, des dates saisies en texte plutôt qu'en format date, ou un paramètre base en dehors de la plage 0-4.
Vérifie que ta date d'émission précède le règlement, qui lui-même précède l'échéance. Utilise DATE(année;mois;jour) pour saisir tes dates directement dans la formule.
Le prix et le rendement varient en sens inverse. Quand les taux de marché montent (rendement exigé augmente), le prix du titre baisse, et vice-versa. C'est la relation fondamentale de la valorisation obligataire. En pratique : si tu achètes un titre avec un taux facial de 3% alors que le marché exige 4%, tu le paies moins de 100 pour compenser cette différence de rendement. PRIX.TITRE.ECHEANCE calcule exactement ce prix d'équilibre.
Oui, sous le nom PRICEMAT. La syntaxe est identique : =PRICEMAT(settlement; maturity; issue; rate; yld; basis). Seuls les séparateurs changent (virgule à la place du point-virgule en anglais). Les résultats sont identiques pour les mêmes paramètres.
Pour aller plus loin
Continue sur ta lancée après la fonction PRIX.TITRE.ECHEANCE : la leçon associée, un modèle prêt à l'emploi et le guide pour progresser.
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