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💰Finance

Amortissement

L'amortissement est la répartition du coût d'un actif sur sa durée d'utilisation. Il permet de refléter la perte de valeur d'un bien (machine, véhicule, mobilier) au fil du temps dans les comptes de l'entreprise. Dans Excel, les fonctions AMORLIN() et AMORDEGRC() (SLN et DB en anglais) calculent respectivement l'amortissement linéaire et l'amortissement dégressif.

À quoi sert un amortissement dans Excel ?

L'amortissement te permet de répartir le coût d'un investissement sur plusieurs années au lieu de l'imputer en une seule fois. C'est essentiel pour refléter fidèlement la situation financière de l'entreprise : une machine achetée 100 000 euros ne vaut pas zéro l'année suivante, mais elle perd progressivement de la valeur. Excel te donne les fonctions pour calculer automatiquement cette dépréciation année après année.

Tu vas utiliser les fonctions d'amortissement chaque fois que tu gères un tableau d'immobilisations, que tu prépares un budget prévisionnel ou que tu calcules l'impact fiscal d'un investissement. L'amortissement linéaire (AMORLIN) répartit le coût de façon égale, tandis que l'amortissement dégressif (AMORDEGRC) accélère la dépréciation en début de vie. Le choix entre les deux dépend de la nature de l'actif et de la stratégie fiscale de l'entreprise.

Amortissement : exemples concrets

Exemple 1 : Comptable : gérer le tableau des immobilisations

Tu es comptable dans une société de transport routier. Ta flotte compte 25 véhicules achetés à des dates différentes, et tu dois calculer la dotation aux amortissements de chaque véhicule pour le bilan annuel. Chaque camion a un coût d'acquisition, une valeur résiduelle estimée et une durée d'amortissement de 5 ans.

Avec la fonction AMORLIN(), tu calcules l'amortissement annuel en une formule : `=AMORLIN(coût;valeur_résiduelle;durée). Pour un camion acheté 80 000 euros avec une valeur résiduelle de 10 000 euros sur 5 ans, la dotation annuelle est =AMORLIN(80000;10000;5)`, soit 14 000 euros par an. Tu appliques cette formule à chaque ligne de ton tableau d'immobilisations.

En fin d'exercice, tu additionnes toutes les dotations pour obtenir la charge totale d'amortissement à reporter dans le compte de résultat. Plus besoin de recalculer à la main quand un nouveau véhicule entre dans la flotte.

Exemple 2 : Contrôleur de gestion : planifier le budget d'investissement

Tu es contrôleur de gestion dans une entreprise de BTP. Tu prépares le budget prévisionnel sur 5 ans et tu dois intégrer l'impact des investissements prévus (engins de chantier, matériel informatique, outillage) sur les charges annuelles. Chaque type d'actif a un mode d'amortissement différent.

Pour le matériel informatique (amortissement linéaire sur 3 ans), tu utilises AMORLIN(). Pour les engins de chantier (amortissement dégressif), tu utilises AMORDEGRC() qui applique un coefficient d'accélération : `=AMORDEGRC(coût;valeur_résiduelle;durée;période;mois)`. L'amortissement dégressif permet de constater une charge plus importante les premières années, ce qui réduit le résultat imposable quand l'investissement est récent.

Tu construis un tableau de synthèse qui montre, année par année, les dotations totales par catégorie d'actif. Ta direction peut ainsi visualiser l'impact budgétaire de chaque investissement et planifier les renouvellements en conséquence.

Astuces
  1. #1 AMORLIN(coût;valeur_résiduelle;durée) est la fonction la plus simple : elle divise le coût net (coût moins valeur résiduelle) par la durée de vie. Le résultat est le même chaque année.
  2. #2 Pour l'amortissement dégressif, utilise AMORDEGRC() ou DB() selon ta version d'Excel. Le coefficient dégressif dépend de la durée : 1,25 pour 3-4 ans, 1,75 pour 5-6 ans, 2,25 au-delà.
  3. #3 Si tu dois calculer l'amortissement pour une période partielle (achat en cours d'année), la fonction AMORLIN.PRORATA() (ou SYD en complément) gère le prorata temporis automatiquement.
  4. #4 Crée une colonne "Valeur nette comptable" avec la formule coût moins la somme des amortissements cumulés. Tu vois en un coup d'oeil la valeur résiduelle de chaque actif à la date du jour.

Les erreurs courantes avec le amortissement

Confondre amortissement linéaire et dégressif

L'amortissement linéaire (AMORLIN) répartit la charge de façon égale sur toute la durée de vie : tu obtiens le même montant chaque année. L'amortissement dégressif (AMORDEGRC) concentre la charge en début de période : les premières années sont plus lourdes, les dernières plus légères. Choisir le mauvais mode fausse tes prévisions budgétaires et peut avoir des conséquences fiscales.

Certains utilisateurs appliquent AMORLIN() à tous les actifs par simplicité, alors que la réglementation fiscale impose parfois le mode dégressif pour certains types de biens (matériel industriel, par exemple). Le résultat est un écart entre l'amortissement comptable et l'amortissement fiscal.

Solution : Vérifie les règles fiscales en vigueur pour chaque catégorie d'actif avant de choisir la fonction. En France, le mode dégressif est possible pour les biens neufs d'une durée de vie supérieure à 3 ans. Utilise AMORLIN() pour le linéaire et AMORDEGRC() pour le dégressif.

Oublier la valeur résiduelle dans le calcul

La valeur résiduelle est le montant que l'actif vaudra encore à la fin de sa durée d'utilisation (valeur de revente, valeur de reprise). Si tu la laisses à zéro alors que l'actif a une valeur de revente réelle, tu surestimes la charge d'amortissement annuelle. Ton résultat comptable est artificiellement réduit.

À l'inverse, si tu surestimes la valeur résiduelle, la dotation annuelle est trop faible et la valeur nette comptable de l'actif en fin de vie ne reflète pas la réalité. L'écart se révèle au moment de la cession ou de la mise au rebut.

Solution : Estime la valeur résiduelle de façon réaliste en te basant sur les prix du marché de l'occasion pour le type d'actif concerné. Si l'actif n'aura aucune valeur à la fin (logiciel, par exemple), mets la valeur résiduelle à 0.

Questions fréquentes sur le amortissement

Comment calculer un amortissement linéaire dans Excel ?

Utilise la fonction AMORLIN(coût;valeur_résiduelle;durée). Par exemple, pour un équipement acheté 50 000 euros avec une valeur résiduelle de 5 000 euros sur 5 ans, la formule =AMORLIN(50000;5000;5) donne 9 000 euros par an. C'est le montant que tu inscris chaque année comme dotation aux amortissements. La fonction divise simplement le coût net (coût moins valeur résiduelle) par le nombre d'années.

Quelle est la différence entre AMORLIN et AMORDEGRC dans Excel ?

AMORLIN() calcule un amortissement linéaire : la même charge chaque année. AMORDEGRC() calcule un amortissement dégressif : une charge plus forte les premières années qui diminue progressivement. Le dégressif est souvent utilisé pour les biens qui perdent rapidement de la valeur (matériel informatique, véhicules). AMORLIN() ne prend que 3 arguments (coût, valeur résiduelle, durée), tandis qu'AMORDEGRC() en prend 5 (coût, valeur résiduelle, durée, période, mois du premier exercice).

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