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C'est quoi l'amortissement dans Excel ?

L'amortissement est la répartition du coût d'un bien sur sa durée d'utilisation, au lieu d'une charge unique le jour de l'achat. Il se pratique en linéaire, avec une dotation identique chaque année, ou en dégressif, avec une dotation forte au début qui décroît ensuite. Le même mot désigne aussi le remboursement progressif du capital d'un emprunt.

Cellule B5 avec la formule =AMORLIN(B1;B2;B3) dans la barre de formule, qui affiche 2 000 € à partir d'un coût de 12 000 €, une valeur résiduelle de 2 000 € et une durée de 5 ans.
AMORLIN répartit la perte de valeur du bien en une dotation annuelle constante de 2 000 €.

À quoi sert l'amortissement dans Excel

L'amortissement sert à étaler le coût d'un bien durable sur les exercices qui en profitent, pour qu'un achat de 100 000 euros ne vienne pas écraser le résultat d'une seule année. La machine ne perd pas toute sa valeur du jour au lendemain, elle se déprécie progressivement, et c'est cette dépréciation que la comptabilité enregistre chaque année sous le nom de dotation.

Dans Excel, tu ne décides pas de la règle, tu la calcules. Les fonctions financières prennent le coût du bien, sa valeur de revente estimée et sa durée d'usage, puis rendent la dotation d'une période donnée. La méthode et la durée, elles, se choisissent en amont de la feuille.

Tu t'en sers dès que tu tiens un tableau d'immobilisations, que tu montes un budget prévisionnel ou que tu chiffres l'impact fiscal d'un investissement. La dotation passe en charge, donc elle réduit le bénéfice imposable de l'exercice où elle tombe.

Le piège
AMORDEGRC et AMORLINC numérotent leur première période 0, quand DB, DDB et SYD la numérotent 1. Une période reprise d'une fonction à l'autre sans y regarder décale tout le plan d'un an, sans aucune erreur affichée.

Comment calculer un amortissement dans Excel

Excel n'a pas une fonction d'amortissement mais une par méthode, et le choix se fait avant d'écrire la formule. Décide d'abord si le bien s'amortit en linéaire ou en dégressif, puis passe à la fonction correspondante en lui donnant le coût, la valeur résiduelle et la durée.

  1. 1Pour un amortissement linéaire, la même dotation chaque année, utilise la fonction AMORLIN avec le coût du bien, sa valeur résiduelle et sa durée de vie.
  2. 2Pour un amortissement dégressif, utilise AMORDEGRC, qui applique elle-même un coefficient déduit de la durée du bien.
  3. 3Si le bien est entré en service en cours d'exercice, prends AMORLINC plutôt qu'AMORLIN, la variante linéaire qui calcule le prorata à partir de la date d'acquisition.
  4. 4Reporte la dotation dans ton tableau d'immobilisations, une ligne par exercice, et ajoute une colonne de cumul pour lire la valeur nette comptable qui reste à amortir.
L'astuce en plus
Pose les deux colonnes côte à côte sur la même durée, AMORLIN d'un côté et AMORDEGRC de l'autre, avant d'arrêter ta méthode. L'écart de dotation sur les deux premiers exercices se lit alors d'un coup d'œil.

Quelle différence entre l'amortissement linéaire et l'amortissement dégressif

L'amortissement linéaire passe la même dotation chaque année, alors que le dégressif charge fort au début puis s'allège d'exercice en exercice. Sur un bien de 12 000 euros amorti sur cinq ans, avec 2 000 euros de valeur de revente estimée, le linéaire donne 2 000 euros par an du premier au dernier exercice. Le dégressif calculé par Excel, lui, démarre à 4 800 euros et décroît ensuite d'année en année.

Ce qui sépare les deux méthodes n'est donc pas la somme amortie mais le moment où la charge tombe. Une dotation forte les premières années réduit d'autant le bénéfice imposable de ces exercices-là, ce qui soulage la trésorerie juste après l'investissement. Le dégressif ne supprime pas l'impôt, il le décale.

Reste à savoir laquelle appliquer, et la question tient en une ligne : le bien perd-il vraiment sa valeur plus vite au début ? Un serveur, un véhicule utilitaire ou une machine-outil se déprécient à ce rythme, et le dégressif colle alors autant à la réalité économique qu'à l'intérêt fiscal. Du mobilier de bureau, qui se démode sans se dégrader, s'amortit très bien en linéaire.

Pourquoi un tableau d'amortissement de prêt n'a rien à voir avec l'amortissement d'un bien

Le mot amortissement recouvre deux calculs sans rapport, et c'est la première source de confusion sur le sujet. Amortir un bien, c'est constater la perte de valeur d'une immobilisation que tu possèdes, exercice après exercice. Amortir un prêt, c'est rembourser le capital que tu dois à la banque, échéance après échéance.

Les fonctions ne se recoupent nulle part. Le premier calcul passe par AMORLIN, AMORDEGRC ou DB, qui travaillent sur un coût d'acquisition, une valeur résiduelle et une durée d'usage. Le second passe par VPM pour obtenir la mensualité, puis par INTPER et PRINCPER pour séparer, à chaque échéance, la part d'intérêts de la part de capital.

Le repère le plus sûr reste ce que tu cherches à obtenir. Une dotation à passer en charge dans les comptes relève du premier calcul, une échéance à verser tous les mois relève du second. Les deux tableaux se ressemblent pourtant à l'écran, une ligne par période et une colonne de cumul, ce qui explique qu'on les confonde si souvent.

Quel coefficient Excel applique à un amortissement dégressif

Excel n'applique pas les coefficients du barème fiscal français, et l'écart se voit dès la première dotation. La fonction AMORDEGRC retient 1,5 pour une durée de trois ou quatre ans, 2 pour cinq ou six ans et 2,5 au-delà, là où le Code général des impôts retient 1,25, 1,75 et 2,25. Le taux dégressif qu'elle calcule est donc toujours plus fort que celui du barème, quelle que soit la durée.

L'écart n'a rien de théorique sur une immobilisation un peu lourde. Une machine de 100 000 euros amortie sur cinq ans a un taux linéaire de 20 %, qu'Excel porte à 40 % quand le barème le porte à 35 %. La dotation du premier exercice sort donc à 40 000 euros au lieu de 35 000. Et l'écart se propage ensuite sur tout le plan, puisque chaque annuité se calcule sur la valeur restante.

Contrôle donc la première annuité avant de passer quoi que ce soit en comptabilité. Si ta dotation doit suivre le barème français, calcule le taux dégressif toi-même en multipliant le taux linéaire par le coefficient légal, puis applique-le à la valeur nette comptable de début d'exercice.

Le savais-tu ?
La fonction DB arrondit son taux à trois décimales, si bien que le cumul des dotations ne retombe pas exactement sur la valeur résiduelle annoncée. Sur un bien de 12 000 euros amorti en cinq ans, il manque environ 2,50 euros.
Exemple

Chiffrer la dotation annuelle d'un parc de véhicules

La clôture approche dans une entreprise de transport. Chaque camion du parc est inscrit avec son coût d'acquisition, une valeur de revente estimée et une durée d'amortissement de cinq ans, et l'expert-comptable attend la dotation de l'exercice ligne par ligne.

Tu poses ces trois données en colonnes, une ligne par véhicule, puis une quatrième colonne qui calcule la dotation annuelle avec AMORLIN. Le camion acheté 80 000 euros, revendable 10 000 euros au bout de cinq ans, sort à 14 000 euros de dotation par an. Le suivant, acheté 105 000 euros, en donne 18 000.

La somme de cette colonne te donne la charge d'amortissement du parc entier, ici 106 200 euros, celle que tu reportes au compte de résultat. Un camion de plus dans la flotte, une ligne de plus dans le tableau, et le total se met à jour tout seul.

Tableau des immobilisations d'une flotte de camions dans Excel où AMORLIN calcule la dotation annuelle d'amortissement de chaque véhicule.
AMORLIN calcule la dotation annuelle de chaque camion, dont 14 000 euros pour le véhicule acheté 80 000 euros amorti sur 5 ans.

Pour aller plus loin

Le lexique Excel complet

295 termes Excel décryptés, avec exemples et erreurs fréquentes

Le modèle Excel « Amortissement de prêt »

Télécharge notre tableau d'amortissement pour voir le détail de chaque mensualité, capital et intérêts, sur toute la durée du prêt

FAQ

Questions fréquentes sur l'amortissement

Utilise AMORLIN avec trois arguments, le coût du bien, sa valeur résiduelle et sa durée, séparés par des points-virgules. Pour un équipement acheté 50 000 euros, revendable 5 000 euros au bout de cinq ans, la formule =AMORLIN(50000;5000;5) renvoie 9 000 euros. La fonction se contente de diviser le coût net, coût moins valeur résiduelle, par le nombre d'années. C'est ce montant que tu inscris en dotation chaque exercice, à l'identique du premier au dernier.